Après trois reportages dans les lycées Henri IV, Saint Louis et Janson de Sailly, voici les témoignages des élèves et professeurs sur leur quotidien…

Le temps qui leur manque tant

Emilie

Emilie

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec la quantité de travail à fournir, l’emploi du temps des préparationnaires est très chargé, avec des « des journées bien remplies » selon les termes de Julien Lalande, professeur de chimie à Henri IV. Conséquence : la forme n’est pas toujours au rendez-vous. « Ils sont parfois très fatigués car ils cumulent les retards » explique ainsi Marie- Ange Julia, professeur de latin dans le même établissement. Le discours des élèves rencontrés met bien en évidence ce manque de temps générateur de beaucoup d’épuisement. A Janson de Sailly, Théodore, élève en PCSI me dit qu’« il reste toujours quelque chose à faire » tandis que son camarade Maxime en PSI déclare « En soi c’est pas super dur tous les jours, c’est juste qu’en deux ans on se fatigue ». Emilie en MP* à Saint Louis illustre quant à elle cette idée de manière très concrète : « Tout est très rapide même les temps de douche ! »

 

La prépa, est-ce qu’ils aiment ça ?

Luc Abergel

Luc Abergel

A en croire les professeurs, une grande partie des élèves aimeraient la prépa et en seraient pleinement satisfaits « Contrairement à ce qu’on en dit, on vit plutôt bien les deux années de prépa et on peut même en garder de bons souvenirs » raconte par exemple Vincent Crespel, professeur de Sciences de l’ingénieur au lycée Saint Louis. Et certes, c’est vrai, de nombreux élèves adorent ce système comme Jean, Awa et Lohan que j’ai rencontrés à Henri IV, et Luc Abergel, professeur de maths à Janson de Sailly, explique qu’il a ainsi eu « ponctuellement des gens qui redoublaient pour le plaisir ». Mais il ne faudrait pas oublier que d’autres ne partagent pas le même avis, comme Maxime qui réagit à ma question avec un spontané « Est-ce que j’aime ça ? Je supporte ça, oui ! »

 

Et les loisirs ?

Matthias

Quand je demande à Matthias, en BCPST à Saint Louis s’il a du temps pour les loisirs, il me répond : « C’est pas que j’en ai, c’est qu’il faut le prendre ! » C’est en effet le message que m’ont donné tous les professeurs que j’ai rencontrés. « Nous on leur demande de garder une place pour les loisirs. On leur dit que c’est vraiment essentiel de garder une activité personnelle pour leur équilibre. » explique Julien Lalande. Un discours repris par Nicolas Tosel, professeur de maths à Saint Louis , « Sur le week-end il faut qu’ils aient une demi journée de décompression totale ». Mais s’il est impératif de garder des moments de pause, en revanche conserver une passion comme la musique ou le sport n’est pas toujours évident, malgré le discours un tant soit peu idéaliste de certains professeurs…

 

Marie-Ange Julia

Le rôle si particulier des professeurs

Une des spécificités des classes préparatoires, qui les différencient des universités, c’est la relation très particulière qui existe entre élèves et professeurs. « Ma professeur de chimie en deuxième année de prépa, c’est quelqu’un pour qui je me serais fait couper en morceaux ! » explique Julien Lalande, lui-même ancien élève de prépa, avant d’ajouter « Il y a des élèves pour qui je suis le père, le copain, le frère. Pour certains j’ai été le témoin de mariage. » « C’est un vrai bonheur d’enseigner en prépa » dit-il pour conclure. Sa collègue Marie-Ange Julia a un discours très similaire : « On s’imagine toujours que les prépas Henri IV sont affreuses alors que les profs sont vraiment soucieux des élèves qui leur sont confiés. Intellectuellement mais physiquement aussi, on est derrière eux. On ne laisse pas un élève en pleurs à 21h » Une ambiance propre à Henri IV ? Non ! A St Louis, Carole Mulliez, professeur d’anglais, me confiait qu’il lui « arrive très régulièrement de rire avec les étudiants ». Les maîtres-mots du quotidien des préparationnaires sont donc peut-être travail, fatigue, et intensité mais également échanges, complicité et rencontres…

 

 

Claire Bouleau