Grenoble Ecole de Management

 

La mission des écoles de management est d’être au service des entreprises (au sens large du terme). De toute façon, nos étudiants nous choisissent pour trouver rapidement du travail (je le dis à chaque amphi de rentrée « trouver le job de ses rêves, dans l’entreprise de ses rêves au salaire de ses rêves et… immédiatement ». De fait, nous nous devons de nous adapter en permanence pour garantir la réalisation de cette promesse. La crise économique qui secoue une partie du monde depuis 2008 nous a obligés à réfléchir encore plus vite. Quelques exemples de ces évolutions liées à la prise en compte de cette situation.

Jean-François Fiorina Directeur ESC Grenoble / Directeur adjoint Grenoble Ecole de Management

Jean-François Fiorina Directeur ESC Grenoble / Directeur adjoint Grenoble Ecole de Management

UNE PÉDAGOGIE DE LA CRISE
Il a fallu expliquer à nos étudiants cette crise, ses raisons, son déroulement, ses conséquences et les hypothèses possibles de sortie. Plusieurs modules se sont trouvés impactés : les cours d’économie bien évidemment mais aussi de sociologie, de droit, de géopolitique et de langues (le vocabulaire de la crise). Il y a une demande croissante de nos étudiants de comprendre l’actualité et le monde dans lequel ils vivent. Pour ces modules, nos professeurs ont dû tenir compte de la complexité de cette crise (pas uniquement économique mais aussi financière, sociétale et morale), de ses multiples rebondissements, de sa durée (depuis 2008) mais aussi par le fait que cette crise s’accompagne d’un basculement géopolitique et du développement des pays émergents. La richesse est d’avoir eu des salles de classes très internationales permettant à tous de donner leur point de vue et leur analyse

 

DE NOUVEAUX CONTENUS
Nous avons travaillé sur deux axes :
• De nouveaux modèles économiques ou de nouvelles approches marché. Principalement dans les cours de stratégie, de marketing, de gouvernance d’entreprise ou d’organisation
• Création de nouvelles spécialisations : sectorielles (l’énergie ou le numérique par ex) ou métiers (risk manager, métiers du contrôle ….)

 

UNE COMPÉTENCE INDISPENSABLE : L’INNOVATION
C’est l’une des clefs pour sortir de cette crise et nous avons créé tout un dispositif (« Les GEM Inno Days » pour les étudiants de 1ère année du Programme Grande Ecole / «GEM Inno Awards » pour les étudiants de 2e année du Programme Grande Ecole) pour développer l’esprit d’innovation chez nos étudiants avec des modules de cours, des projets et des mises en situation. L’objectif est que nos étudiants aient constamment le réflexe « innovation ».

 

L’IMPORTANCE DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Cette crise entraine beaucoup de remises en cause sans qu’il n’y ait de recettes miraculeuses. Nous avons cherché à faire réfléchir (encore plus !) nos étudiants, qu’ils se questionnent énormément, qu’ils aient d’autres grilles de lecture, d’analyse, d’autres visions et points de vue ; qu’ils soient également plus critiques. Cela s’est fait au travers :
• des cours de leadership, de RSE, d’éthique
• des stages
• de possibilités de double cursus dans d’autres
établissements d’enseignement supérieur (philo, lettre, histoire par ex) Nous les avons aussi préparés à affronter d’autres crises et ne pas être désarçonnés. Autre domaine que nous avons renforcé, c’est projet professionnel dès la première année.
Ces évolutions concernent les étudiants mais il y a un autre domaine des écoles de management concerné par la crise : la recherche appliquée ou fondamentale. Nos écoles doivent participer aux débats de société en apportant à la fois leur point de vue et des éléments de réponse. C’est ce que nous faisons à GEM avec notre chaire « mindfulness – Bien-être au travail », par nos équipes qui travaillent sur la paix économique ou via le livre blanc « former les dirigeants de 2030 » publié l’an dernier avant les présidentielles. Enfin, nous ne devons pas oublier que nous sommes nous-mêmes touchés directement par cette crise économique, principalement dans nos activités de formation continue ou de recherche de financement (pour rappel les écoles de management ne sont pas, à l’inverse des universités et des écoles d’ingénieurs, financées par l’Etat).

 

Par Jean-François Fiorina
Directeur ESC Grenoble / Directeur adjoint Grenoble Ecole de Management