Titulaire d’une maîtrise de sciences physiques (80), Richard Rey entre par hasard à la MAAF, où il effectue un parcours dans la gestion des sinistres. En 1998, il complète sa formation par l’ENASS (Institut Supérieur d’Etudes Actuarielles Appliquées). Il pilote aujourd’hui la direction actuariat statistiques de MAAF et la direction des cessions en réassurance de Covea SGAM qui réunit les trois mutuelles MAAF, MMA et GMF.

Richard Rey, MST 1980, ENASS (Institut Supérieur d’Etudes Actuarielles Appliquées), directeur actuariat, statistiques contrôle MAAF, et réassurance Covea

Richard Rey, MST 1980, ENASS (Institut Supérieur d’Etudes Actuarielles Appliquées), directeur actuariat, statistiques contrôle MAAF, et réassurance Covea

Quel parcours vous a mené à votre fonction actuelle ?
Titulaire d’une maîtrise de sciences physiques, je suis entré à la MAAF par hasard comme rédacteur contentieux. J’y ai effectué un parcours dans la gestion des sinistres, avec notamment la création du service construction. En 91, je suis allé m’occuper des sinistres auto, dont j’ai pu améliorer les processus de qualité de la gestion et en 98, j’ai succédé au responsable de l’actuariat qui partait à la retraite. J’ignorais tout du secteur. Pendant un an j’ai été accompagné par mon prédécesseur et j’ai suivi des cours à l’ENASS pour me remettre à niveau en termes de réglementation, de mathématiques financières et modélisations non vie.

 

Covea, un mariage basé sur la solidarité

Pouvez-vous vous expliquer sur le modèle économique de Covea ?
La Société de Groupe d’Assurance Mutuelle ou SGAM est une entité juridique mise en place par les pouvoirs publics pour permettre aux mutuelles de se constituer en groupement, tout en gardant leur spécificité de mutuelle. Covea réunit 3 familles, 3 marques qui ont énormément de visibilité, MAAF, MMA et GMF, qui ont leur marché, leurs produits, leurs clients, leurs réseaux et qui restent concurrentes. Ce mariage basé sur la solidarité, sur le partage des moyens et la mise en commun des fonctions support, constitue un véritable accélérateur de compétitivité pour les trois mutuelles. Nous partageons hormis les moyens, notre savoir faire, nos meilleures pratiques et notre intelligence économique.

 

Un rôle de chef d’orchestre Sur votre rôle au sein de Covea ?
Il convient de distinguer mes deux activités qui comportent aujourd’hui deux directions : une direction actuariat et statistiques chez MAAF, et une direction cession en réassurance Covea. La fonction actuarielle chez MAAF avait été créée dès les années 93-94. J’en ai modernisé la structure et contribué à la mise en place des entrepôts de données par la création d’une maîtrise d’ouvrage déléguée, puis crée une équipe chargée de l’actuariat, du pilotage technique, et du provisionnement, véritable tour de contrôle qui donne le chiffre. Cette équipe fonctionne comme un orchestre dont je suis le chef d’orchestre, où chacun joue sa partition. Une équipe d’actuaires est en charge de la modélisation, du calcul de l’actif net réévalué, ce qui permet de voir si le groupe est suffisamment provisionné, des business plans prévisionnels du groupe et s’assure enfin que les équilibres techniques sont respectés. Les équipes statistiques calculent l’ensemble des provisions techniques du groupe et alimentent la comptabilité. Ma direction est également responsable de la publication des états ministériels, des relations avec l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP) dont je suis l’interlocuteur pour le groupe MAAF.
Le volet réassurance qui couvre l’ensemble de Covea concerne la protection des fonds propres. En matière de contrôle, je m’occupe du contrôle de la bonne application des règles de souscription des contrats, et des règles de gestion des sinistres. J’ai un rôle de sensibilisation, je travaille en relation avec les directeurs généraux qui sont mes interlocuteurs au quotidien. Je pilote et gère des actuaires, j’essaie de faire en sorte qu’ils parlent un langage qui soit le langage de l’assurance, compréhensible par tous. A titre d’exemple, nous essayons de rendre compréhensible l’ensemble des règles Solvabilité II !

 

Comment définissez-vous le métier de l’actuaire ?
L’actuaire est en charge de la mesure du risque. Pour mesurer ce risque, il a besoin d’outils, de modèles et de s’entourer d’un champ de compétences tellement complexe aujourd’hui qu’il met en jeu de nombreuses compétences, réglementaires, mathématiques, fiscales, en modélisation, etc. L’actuaire doit être capable d’utiliser tous les leviers qui permettent de mesurer, de décorréler tous les facteurs qui composent les risques. Ainsi l’actuaire doit travailler en équipe, souvent en mode projet.

 

Le bon actuaire est comme le bon cuisinier

Qu’est-ce qu’un bon actuaire ?
Ce n’est pas parce qu’on a lu un livre de cuisine qu’on est un bon cuisinier. L’actuariat c’est la même chose. Ce qui fait la différence entre le bon actuaire et celui qui sort de l’école, ce sont ses années d’expérience. Un bon actuaire doit savoir être pédagogue, communiquer et donc être capable d’expliquer le chiffre, de faire le lien entre la comptabilité et celui qui gère le sinistre ou celui qui vend le contrat. Il doit avoir le recul nécessaire. Il faut pour cela faire des parcours dans l’entreprise. Il n’y a pas un actuaire, mais de nombreuses spécialités, des actuaires qui travaillent sur la solvabilité, d’autres qui travaillent en réassurance ou qui font de la tarification, du marketing, de la finance. L’important n’est pas de travailler en silo mais de pouvoir dialoguer, d’être curieux, d’enrichir son parcours avec toutes ces spécialités. L’enjeu – et l’intérêt pour l’entreprise – est de former des actuaires, avec un très bon niveau technique, auxquels on va apprendre le métier. L’actuaire va devoir être à la fois créatif, capable d’imaginer de vraies solutions tout en gardant les pieds surterre. Il doit avant tout avoir du bon sens et rester pragmatique. Les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. L’anglais est indispensable dans le métier d’actuaire.

 

Quelles opportunités de carrières offrez-vous aux jeunes actuaires ?
Covea recrute régulièrement des actuaires, selon deux types d’approche. Nous recrutons des actuaires qui préparent leur mémoire – dont le sujet correspond souvent à une réflexion en interne – et que nous travaillons avec eux, cela constitue une vraie étape d’intégration. Nous embauchons également des profils de niveau Bac +5, avec de solides connaissances en mathématiques et en gestion du risque, que nous inscrivons au Centre d’Etudes Actuarielles. Vous avez créé l’Université des métiers du chiffre Lancée chez MAAF, l’Université du chiffre va réunir tous les métiers du chiffre, soit environ 250 collaborateurs, actuaires, analystes, informaticiens, etc., qui vont partager leurs connaissances et leurs différents métiers dans une série d’ateliers. C’est de cette façon que l’on génère des filières et que les gens se parlent.

 

Un conseil aux jeunes actuaires qui sortent de l’école
Faire preuve de beaucoup d’humilité. Un actuaire doit apprendre à s’ouvrir aux autres, à communiquer, il doit être capable de travailler en équipe,de mener des projets, d’expliquer ce qu’il fait. Aujourd’hui, nous travaillons en équipe sur des projets extrêmement complexes. Nous devons interagir avec tous les autres secteurs de l’entreprise, travailler avec tous les métiers.

 

A.M.

 

Contact :
richard.rey@covea.fr