En mars 2018, le court-métrage de Raphaël Sawadogo a décroché deux prix lors du Festival du film court à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Un succès dont il compte bien profiter pour continuer à faire son cinéma. Primé et passionné, il nous livre ses impressions.

 

Cette année encore, l’université Paris 1 met à l’honneur le 7ème art lors de son Festival du film court. L’occasion, pour étudiants et personnels de la faculté, de diffuser leurs créations cinématographiques. Pour cette nouvelle édition, Raphaël Sawadogo rafle la mise. L’étudiant en M2 de Droits des affaires internationales, ne reçoit pas un mais deux prix : le Prix du public, aux côtés de deux autres lauréats, et celui du Jury, présidé par le célèbre réalisateur Patrice Leconte.

Deux pour le prix d’un

Son court-métrage After we have left our homes, dont il est l’acteur principal et le producteur, a été sélectionné parmi quinze autres productions lors de la séance de compétition du 27 mars 2018. « C’était assez fou ! Je ne m’y attendais pas du tout, au point que je n’avais même pas préparé de discours », n’en revient toujours pas Raphaël.

® Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne

® Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne

 

« C’est un honneur de recevoir les compliments d’un réalisateur tel que Patrice Leconte ! » – Raphaël Sawadogo

 

Une dystopie futuriste

Film de science-fiction, After we have left our homes, met en scène un avenir inquiétant où tout divertissement serait interdit par le pouvoir en place. Hors de question pour le protagoniste, interprété par Raphaël, de vivre sans musique. L’âme rebelle, il tient tête aux autorités et tente de colorier un monde devenu gris et triste avec quelques notes de musique.

Sans dialogue, la voix-off fait état d’une société qui a perdu tout souffle de vitalité, étouffée par une dictature qui bride la population sous couvert de relance économique et d’insécurité. Le titre, trouvé « un peu par hasard », admet Raphaël, y fait écho : « c’est comme si nous avions quitté la maison de nos bons sentiments, un clin d’œil à l’actualité ».

Action, ça tourne !

Autre qualité de ce court-métrage, ses visuels, qui cachent une prouesse technique ; ce sont tous des images de synthèse ! « C’est mon cousin, spécialisé dans l’animation et les effets spéciaux, qui a réalisé le court-métrage. Pendant plusieurs semaines, je posais sur fond vert et lui faisait le travail en post-production » raconte Raphaël. Seuls quelques éléments de décor étaient physiques : « Pour une scène, il fallait intégrer une porte, ça a été très compliqué de la faire tenir debout toute seule ! ».

Un travail de scénario, de création d’environnement et de montage qui s’est étalé sur 2/3 ans, entièrement accompli par son cousin, Marc Adamson, et des proches de celui-ci. « Je me rappelle des très longues heures de tournage et de montage, mais heureusement que nos proches nous ont aidés. Même mon oncle a participé : c’est lui qui a eu le plaisir de me donner une gifle dans le rôle du policier ! » Alors que sa cousine, Lydia Adamson, co-produit, ce sont des amis de Raphaël, des connaissances de son cousin et des personnes tiers intéressées par le projet qui ont composées certaines musiques. « Un vrai travail d’équipe » tient à préciser le jeune homme.

Show must go on

Pour le jeune homme de 25 ans, c’est une évidence : ce n’était pas son premier court-métrage, et ce ne sera pas le dernier. Après des cours de théâtre, des petits rôles dans des films et la réussite d’After we have left our homes, Raphaël est motivé à poursuivre sur sa lancée. Acteur, il souhaite aussi réaliser ses propres films. Une transition du droit, qu’il trouve trop rigoureux, à des cours en cinéma serait un bon début selon lui : « Il me reste encore beaucoup à apprendre mais c’est très encourageant d’avoir eu les ovations du public et du jury à ce Festival, ça m’a boosté pour persévérer dans le jeu et la réalisation ».

Enthousiaste et inspiré, Raphaël incite les jeunes à se lancer dans les projets qui leur tiennent à cœur, peu importe les moyens dont ils disposent. Comme il le souligne, « c’est en créant et en échouant, en persévérant, qu’on finit par réussir. Il ne faut jamais lâcher ! »

Bientôt sur les écrans

Pour visionner le court-métrage de Raphaël, il faudra être patient ! Présenté à d’autres festivals, il ne peut être diffusé avant cela sous peine de disqualification.