Gala Equinoxe Centrale Paris

 

Une opportunité pleine de défis pour le Brésil

Qui peut aujourd’hui évoquer l’histoire du football sans mentionner le Brésil ? Le profond ancrage social de ce sport ainsi que les perspectives de futur qu’il offre aux meilleurs joueurs ont favorisé sa popularité, faisant accéder le futebol au statut de quasi-religion dans le pays du Roi Pelé. Alors imaginez l’effusion de joie qui asuivi le choix du Brésil comme pays organisateur de la Coupe du Monde 2014 par la FIFA. C’est la seconde fois que le pays accueille cet évènement. La ferveur nationale, l’honneur et la fierté d’être choisis suffiront-ils à une organisation qui fait déjà jaser à 2 ans et demi du coup d’envoi ? Economie, urbanisme, transports, emplois, tourisme, les enjeux de l’évènement pour ce pays en plein développement sont multiples et en font un véritable challenge qui rappelle celui rencontré par l’Afrique du Sud, dans un contexte différent, en 2010. Le Brésil se doit d’être au rendez-vous mais doit auparavant se concentrer sur la gestion de multiples problèmes autour de l’organisation.
Tout d’abord les infrastructures nécessaires au déroulement de la compétition imposent la restauration de 14 stades, comme la mythique enceinte de Maracana et la construction de 4 autres. Un véritable défi architectural et écologique. Mais cela a un coût et les 1,5 milliard de dollars nécessaires devront être réunis en comptant majoritairement sur des fonds privés mais aussi sur des prêts d’autres pays comme les Etats-Unis ou le Japon. Et les premières inquiétudes surgissent déjà avec les craintes de détournements de fonds dans un pays où la corruption et les malversations sont malheureusement courantes.
Ces problèmes font écho à la criminalité qui ronge ce pays. Mais que faire dans un pays où la pauvreté touche la majorité de la population ? 3,3 milliards de dollars devraient être investis par le gouvernement brésilien dans une campagne de sécurité dans le but de rassurer une opinion publique internationale préoccupée par une insécurité inquiétante.
Cette pauvreté pose aussi le problème de la participation des spectateurs brésiliens. Il faudra sans doute mettre en place une billetterie à deux vitesses pour les 3 millions de places proposées à la vente : une pour les étrangers et une pour les Brésiliens qui sont incontestablement le principal moteur de la passion qui entourera cet événement. Mais la FIFA a récemment mis son veto quant à la commercialisation de billets à prix réduits pour les Brésiliens. Une chose est sûre, les recettes de ces entrées rapporteront plus de 390 millions de dollars.
Et pour emmener tout ce monde jusqu’aux stades, le Brésil entend améliorer ses structures et services de transports afin de les rendre plus efficaces et plus écologiques, avec notamment la construction de routes reliant certains pays d’Amérique du Sud, de nombreuses pistes cyclables ou encore la mise en place de nouvelles lignes de bus pour désengorger les villes.
N’oublions pas que le Brésil organisera également les JO de 2016. Rares sont les pays qui ont su enchainer les deux compétitions et réussir la reconversion des infrastructures mises en place. A tous les niveaux, le Brésil se doit d’être à la hauteur de ce premier rendez-vous et ainsi faire taire les critiques. L’image renvoyée s’avèrera essentielle et si la Coupe du Monde
se déroule sans accroc, l’impact marketing et touristique pour le pays sera encore plus fort qu’il ne l’est déjà.
L’ancien attaquant brésilien Romario résume ainsi les enjeux : « En accueillant le Mondial, le Brésil connaîtra une amélioration socio-économique et éducative. Il y aura beaucoup de choses positives pas seulement pour le football mais au niveau économique, éducatif et social. La Copa 2014 marquera notre histoire ». Sur le plan sportif, plus que jamais, la Seleçao, seule équipe à avoir participé à toutes les phases finales de coupe du monde, aura le devoir de gagner pour ne pas décevoir l’immense attente que cette perspective suscite déjà, et ainsi accrocher une 6e étoile à son maillot.

 

Jean-Mathieu Saporano
Vice Président de l’Equinoxe,
Gala Centrale Paris