Comment le contrôleur de gestion est-il pilote de progrès ?

Qu’est-ce que le pilotage en gestion ?

C’est une démarche de management qui permet :
– de s’assurer de la bonne mise en œuvre de la stratégie décidée,
– d’aider à prendre des décisions,
– de mettre en place des moyens (humains, matériels, etc…) et des actions opérationnelles,
par le suivi des indicateurs de performance en temps réel pour piloter l’efficacité, c’est-à-dire la bonne gestion des moyens mis en œuvre, et l’efficience, c’est-à-dire l’atteinte des objectifs attendus.

 

Qu’est-ce que le pilotage de progrès ?

C’est une démarche d’amélioration continue des processus et des actions de l’entreprise en vue d’assurer sa pérennité et de maîtriser son développement.

 

Qui est le pilote de progrès dans l’entreprise et dans quel contexte évolue-t-il ?

Le dirigeant doit mettre en œuvre la stratégie décidée pour atteindre les objectifs attendus. Il est donc le pilote de l’entreprise. Cela n’est pas sans difficultés, puisqu’il doit diriger l’entreprise dans un environnement turbulent, évoluant en permanence et très rapidement, complexe et incertain, avec de nouveaux enjeux et en tenant compte de nouvelles contraintes.

Plusieurs exemples : être plus compétitif que les nouveaux concurrents entrants sur le marché pour rester leader, respecter la conformité aux nouvelles réglementations fiscales, sociales, juridiques et environnementales…, gérer de plus en plus d’informations impliquant une évolution quasi permanente des systèmes d’information, développer l’entreprise tout en maîtrisant ses opérations et faisant évoluer son organisation par une politique adaptée de changement, gérer les variations du besoin en fond de roulement dans le cas d’une évolution importante et rapide du chiffre d’affaires, etc.

 

Pourquoi la comptabilité est-elle insuffisante pour piloter le progrès ?

La comptabilité enregistre les opérations passées et provisionne les risques et charges futurs, en vue de présenter les comptes annuels de l’année écoulée : le bilan (c’est l’état du patrimoine – ce que l’entreprise possède, ce qu’on lui doit et ce qu’elle doit – à une date précise) et le compte de résultat (ce sont les charges et produits de la dernière année). Elle a donc une vision plutôt orientée sur le passé que le futur.

Les données comptables sont utiles à l’entreprise pour faire un état de ses opérations passées et répondre aux obligations légales, qui comprennent par exemple les déclarations des revenus. Mais ces données ne sont pas suffisantes pour que le dirigeant puisse piloter l’organisation au quotidien, à moyen et à long termes.

Ces données comptables arrivent souvent tard. Les décisions ont besoin d’être prise en temps réel.

 

Quel est l’acteur le mieux placé pour aider au pilotage de l’entreprise ?

Le contrôleur de gestion s’appuie sur les données comptables passées mais également du présent et tient compte surtout des incertitudes du futur. Il se projette dans l’avenir.

Il est le mieux placé pour fournir et suivre les informations et aider à la prise de décision, il est donc en quelque sorte le copilote de l’entreprise. Comment ?

Le contrôleur de gestion, copilote du progrès dans l’entreprise, s’appuie sur un système d’information et d’outils de gestion, comme les plans stratégiques et opérationnels de l’entreprise, l’analyse des coûts, les budgets, les tableaux de bord et le contrôle budgétaire.

Pour illustration, le contrôleur de gestion étudie les coûts de production en croisant plusieurs méthodes de calculs. Par exemple, il peut croiser la méthode des coûts complets (analyse en charges directes et indirectes) avec celle des coûts partiels (analyse en charges variables et fixes) et celle des coûts par activités (analyse par inducteurs de coûts des activités).

 

 

Comment sa fonction évolue-t-elle vers le pilotage des résultats ?

Le pilotage du progrès passe par le pilotage de la performance et donc des résultats.

La fonction du contrôleur de gestion évolue vers le pilotage des résultats afin de :
– rémunérer les acteurs internes, dirigeants et salariés,
– tenir les engagements pris avec les partenaires externes à l’entreprise : remboursement des emprunts, paiements des fournisseurs,
– paiement des dettes légales, cotisations, impôts et taxes,
– répondre aux attentes des actionnaires souhaitant un retour sur investissement satisfaisant en fonction du niveau de prise de risque dans la participation au capital de l’entreprise.

Le contrôleur de gestion peut fixer des objectifs d’équipe et individuels avec une mise en place d’un système d’incentives ou de promotions internes, afin par exemple, d’augmenter les ventes (en trouvant de nouveaux clients ou en proposant de nouveaux produits ou services aux clients existants), les marges (en diminuant les réductions commerciales accordées aux clients) et donc le résultat.

Il cherche à maîtriser les coûts de l’entreprise, voire dans certains cas à les réduire, en organisant un processus différemment, par exemple, au niveau de ses coûts administratifs de fonctionnement, pour augmenter le résultat.

Il cherche les points d’amélioration de la qualité de la production ou de nouveaux modes de distribution pour réduire les délais afin d’augmenter ses parts de marché, répondre à une nouvelle demande, développer ses ventes et augmenter ainsi le résultat.

Il met en place des moyens de financement pour la recherche et de l’innovation afin de pouvoir investir, développer l’entreprise et obtenir un meilleur retour sur investissements.
En définitive, la fonction du contrôleur de gestion évolue bien vers le pilotage des résultats, en recherchant une augmentation de la performance économique et financière.

 

Comment identifie-t-il les objectifs de performance ?

Le contrôleur de gestion va identifier les objectifs de performance en utilisant ses compétences techniques en fonction des objectifs stratégiques fixés.

Pour cela, le contrôleur de gestion cherche à bien comprendre le secteur, l’entreprise, son fonctionnement, ses acteurs, son organisation, la règlementation dans laquelle elle évolue, les parties prenantes, la structure de ses coûts, etc.

Il identifie les points faibles de contrôle interne pouvant impacter la performance et propose des améliorations des processus internes : par exemple, il met en évidence des commandes trop importantes liées à l’absence de procédures, entraînant un sur-stockage avec peu de rotation et donc des coûts de stockage conséquents et une mauvaise utilisation de la trésorerie.

Il participe à l’établissement de la cartographie des risques de l’entreprise, en évaluant l’impact possible (financier, d’image,…) et la probabilité de survenance et propose des solutions de gestion de ces risques en fonction du niveau de risque acceptable par l’entreprise pour chacun.

Il recherche les facteurs clés de succès et les bonnes pratiques de l’entreprise, les classe, et les localise dans les différents services ou processus afin de mettre en place des indicateurs de suivi de compétitivité qu’il analyse ensuite en cas de variation significative.

Le contrôleur de gestion devrait plutôt privilégier une approche par le progrès que par le budget. La première permet aux acteurs de se chalenger individuellement et en équipe, de se mettre en concurrence, de se dépasser pour décrocher des incentives et donc à l’entreprise d’obtenir de meilleurs résultats. La deuxième a l’inconvénient de cloisonner les acteurs dans leur budget qu’ils ont défini préalablement, à ne pas faire mieux et donc à ne pas se dépasser, ce qui plafonne les résultats de l’entreprise.

 

 

Comment se place-t-il dans une rôle de support opérationnel ?

Quels sont ses rôles ?

Le contrôleur de gestion a clairement un rôle de support opérationnel puisqu’il est à la fois (plusieurs exemples à l’appui) :
– un informateur : il recueille des informations, les analyse et fait une synthèse pour ensuite la communiquer aux acteurs internes afin qu’ils puissent prendre leur décision,
– un conseiller : il fait plusieurs hypothèses, prend de la hauteur sur les résultats obtenus et fait des préconisations d’évolution de la gamme de produits en conseillant l’abandon d’un produit qui ne serait plus rentable,
– un animateur : il s’appuie sur ses qualités humaines, d’écoute et entrepreneuriales pour fédérer différents acteurs internes vers un projet commun de progrès dans l’entreprise tel la mise en place d’un centre de services partagés,
– un coordinateur : il coordonne les différents responsables pour obtenir des informations budgétaires dans le respect d’un calendrier et ensuite les consolider,
– un formateur : il explique la nécessité de recueillir des données dans un format homogène pour ensuite les exploiter,
– un développeur de business : il fait des études d’investissement, de financement et de rentabilité d’une nouvelle implantation commerciale.

 

Comment ses actions opérationnelles sont-elles mises en place concrètement ?

Le contrôleur de gestion met en place un programme d’actions de progrès par projet permettant l’obtention des résultats souhaités dans les délais.

Pour cela, il identifie les freins au progrès de l’entreprise et modifie l’organisation d’un service, par exemple au niveau de la comptabilité, en modifiant la manière d’enregistrement, par l’affectation comptable à partir des relevés bancaires importés informatiquement plutôt que par la saisie manuelle.

Il affecte des moyens pour améliorer la performance, par exemple au niveau de la vente, en mettant en place un système de primes pour les commerciaux orientant les clients vers des produits à forte marge pour l’entreprise.

Il met en place puis améliore la fiabilité et la qualité du reporting financier, mais pas uniquement, par exemple, en faisant remonter des données quantitatives sur le retour de produits défectueux et qualitatives de mesure de satisfaction des clients au niveau du service après-vente.