Le métier de contrôleur de gestion est très connu dans l’univers industriel, bien moins dans l’univers de la banque. Comment calculer la rentabilité d’un actif immatériel puisque le métier d’une banque est de faire le commerce de l’argent ? Quel est son véritable rôle dans l’organisation ? En voici un descriptif qui en éclairera peut-être certains.

L’aspect technique
Le contrôleur de gestion prépare une photographie, souvent chaque mois, de la situation de la banque, mais il le fait généralement non pas sur un produit mais sur ce qu’on appelle en interne un « métier ». Pour être explicite, il y en a de 2 types : les centres de profits et les centres de coûts. Les centres de profits sont les métiers qui ont une dimension commerciale et sont directement payés par les clients. Les centres de coûts interviennent en soutien des centres de profits. Il s’agit du back office, du marketing, des Ressources Humaines, du département finance, du département des risques, du contrôle interne, du département KYC (gérant les entrées en relation avec les nouveaux clients), de la conformité, etc. Les frais des centres de coûts sont répartis sur les centres de profits puisqu’ils les utilisent pour leur activité. Ils constituent des charges dites « indirectes » et réparties à la mesure de leur utilisation sur les centres de profits. Particularité de la banque, qui dit argent et prêt dit gestion des risques, il y a donc des suivis spécifiques des crédits en cours en fonction de la qualité des clients : ceci impacte le droit de la banque à prêter davantage, c’est donc très important (on parle de RWA).

 

L’aspect relationnel
Le contrôleur de gestion discute avec toutes les parties de la banque : les responsables qui veulent s’assurer que la performance de leurs équipes se reflète bien dans les comptes afin de pouvoir revendiquer le meilleur bonus en fin d’année, les Ressources Humaines qui savent quand un recrutement sera validé et impactera la masse salariale du métier, la Comptabilité qui enregistre l’activité de l’entreprise en chiffre que le contrôleur de gestion regroupera pour mieux suivre les dépenses et revenus du métier. Il devient vite LA personne réellement au courant de tout ce qui se passe : au courant des hausses ou baisse d’effectif, des belles opérations bancaires (un crédit très bien margé), il jouera également un rôle clef dans les réorganisations des entreprises en s’assurant de la bonne prise en compte de ces changements dans les reportings de l’entreprise et dans sa comptabilité, en liaison avec les équipes comptables.

 

Eclaireur et décideur
Il est apprécié car il devient la mémoire de l’entreprise et l’une des seules personnes a avoir du recul sur ce qui se passe. Le suivi régulier d’un métier permet au contrôleur de gestion de dégager des tendances qu’il rapprochera des prévisions. Par ailleurs, le contrôleur de gestion adapte la présentation des chiffres pour donner une vision « économique » de la réalité plus explicite pour les décideurs. En effet, la comptabilité impose des conventions qui nuisent souvent à la lisibilité et à la prise de décision, spécialement en banque. Par exemple, la valorisation de produits financiers en « mark to market » peut artificiellement augmenter ou baisser le résultat d’un métier : il convient donc de présenter un résultat avant et après Mark to Market. Chaque résultat mensuel est donc lissé des éléments exceptionnels et les éléments réellement atypiques sont plus visibles : 1 résultat exceptionnel, 1 indemnité de licenciement, 1 facture imprévue. Avec l’expérience, il devient un conseiller et fait des recommandations, attire l’attention du dirigeant sur les dépassements afin de lui permettre de piloter au plus près son activité. Ce métier ouvre de belles perspectives car peu d’activités mettent autant un collaborateur au coeur des hommes et de l’organisation.

 

Le Centre des Professions Financières et sa branche jeune le CJF, qui cherche à rapprocher l’univers académique et professionnel grâce au Concours International des Meilleurs Mémoires de l’Economie et de la France

 

Par Christophe Cornille,
président du Club des Jeunes
Financiers
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