« Une fédération est un organe national, recevant une délégation de service public, qui doit s’ouvrir à la société sur tous les territoires en leur apportant son savoir-faire. »
Bernard Amsalem, Président de la FFA

Bernard Amsalem président de la FFA

Bernard Amsalem président de la FFA

Réélection : « Je m’inscris dans la durée »
Il s’agit de mon quatrième mandat, ce qui fait beaucoup dans une fédération où mes prédécesseurs passaient la main tous les 4 ans. J’ai hésité avant de me représenter, mais nous avons engagé de nombreuses réformes qui commencent à porter leurs fruits, tout en restant fragiles, car elles ont provoqué un choc culturel dans ce milieu assez conservateur. Par conséquent, j’ai souhaité conforter et solidifier ces réformes.

 

De quelles réformes parlez-vous ?
De façon générale, nous avons massifié un sport destiné à l’origine à ceux qui brillaient. Nous avons révolutionné l’athlétisme chez les très jeunes en proposant du jeu et non pas de la compétition pure, ce qui les fidélise. En matière de sport de haut niveau, si nous avons réformé les règles de sélection, les passages obligés et durci les minima, les résultats ont été au rendez-vous. Avec la prévention, nous avons ouvert l’athlétisme aux loisirs en créant 150 emplois. Enfin, le DTN que j’ai nommé depuis 4 ans a su pacifier le milieu et donner une envie de gagner aux athlètes dans un état d’esprit convivial.

 

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Sur une olympiade, nos licences sont en augmentation de 30 %. Si on additionne les compétitions internationales – championnats d’Europe, championnat du monde et JO – nous comptons 63 podiums alors que la moyenne des olympiades précédentes est de 25.

 

Quelles sont les nouveautés à venir ?
Nous allons créer des centres de formation dans les clubs, en faisant en sorte que ces derniers s’organisent, se structurent et se professionnalisent autour de leurs athlètes de haut niveau, avec des entraîneurs compétents et un encadrement administratif. J’estime que le déplacement des athlètes de leur région vers des pôles spécifiques, les perturbe souvent ; il vaut mieux les laisser dans leur environnement social, familial et de formation, propice à la bonne performance, l’exemple de Christophe Lemaître étant édifiant sur ce plan. En 2013, nous souhaitons asseoir ce projet sur 20 clubs en les intégrant dans un parcours d’excellence sportive.

 

En avez-vous les moyens financiers ?
Nous allons trouver les sommes nécessaires dans les régions qui financent la formation. Nous aiderons également ces clubs, car à la suite de la renégociation de tous nos contrats, nos ressources en partenariat privé ont augmenté de 37 % alors même que la conjoncture est difficile. En effet, les entreprises qui nous accompagnent sont satisfaites car l’image de l’athlétisme est très bonne.

 

La France dispose-t-elle des athlètes qu’il lui faut ?
Avec une génération de sportifs jeunes et de qualité, dont les doyens n’ont pas plus de 25/27 ans, nous n’avons jamais eu autant de potentiel. Nous gérons toute une cohorte de jeunes de 18 à 23 ans qui ont déjà brillé dans leur catégorie d’âge. Grâce à ces talents, nous aborderons les Jeux de Rio avec beaucoup plus de confiance. Les championnats du monde qui se dérouleront à Moscou au mois d’août, devraient commencer à nous donner des signaux intéressants.

 

Quid du Challenge du « monde des Grandes Ecoles et Universités » ?
On voit bien qu’après la phase de démarrage, nous sommes passés sur une phase de développement. C’est un événement innovant et original car nous réunissons les grandes écoles et les universités, dont plusieurs étrangères, autour d’une compétition d’athlétisme, en y associant la recherche de stages et d’emploi avec des entreprises qui viennent recruter leurs futurs cadres. Cette compétition qui se déroule dans un cadre festif mais rigoureux, mixe harmonieusement le sport et l’avenir professionnel. C’est une réussite qui s’inscrit dans le calendrier d’une manière durable.

 

Le hic !
Le sport ne constitue pas une des priorités du ministère des Sports actuel avec un budget en baisse, notamment sur le haut niveau où l’on ne peut pas nous demander d’obtenir des médailles avec moins de moyen. Sinon, il ne faut plus nous juger sur les résultats !

 

Patrick Simon