LES ENJEUX DE LA REPRÉSENTATIVITÉ DES FEMMES EN ENTREPRISE

 

Une politique RH cohérente en faveur de la parité, voilà ce dont les entreprises ont besoin. Certes, mais dans la pratique, quelles sont les mesures à mettre en place ?


1. Parité en haut… et en bas de l’échelle

«Impulser la dynamique à tous les étages », c’est l’une des recommandations que formule le rapport « Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes, initiatives dans les entreprises du CAC 40 » réalisé par Deloitte en 2012. La loi Copé-Zimmermann a soufflé un vent de parité dans les conseils d’administration. Soit. Mais cela ne saurait suffire. Le rapport Deloitte suggère de favoriser la parité à tous les niveaux de l’entreprise en veillant par exemple à la « mixité dans les équipes » ou encore à la « féminisation des titres pour les postes à responsabilité ».

 

2. Associer les femmes et… les hommes
Cette même étude menée par Deloitte attire l’attention sur la nécessaire consultation des femmes de l’entreprise avant de lancer une politique en matière de parité, afin de connaître leurs attentes. Sans oublier de consulter également leurs collègues masculins, s’empressent de préciser les rédacteurs du rapport : « Les actions apparaissant comme discriminatoires envers les hommes (rechercher impérativement une femme pour un poste donné, mener des groupes de travail réservés aux femmes (…)) sont à éviter au profit de la recherche de cohésion et d’un projet d’entreprise. » Viviane de Beaufort approuve : « Il faut que les hommes ne se sentent pas agressés, car il est vrai que les démarches légales et institutionnelles commencent à créer des réflexes de crispation. »

 

3. Équilibrer le féminin… et le masculin
Les entreprises doivent recruter davantage de femmes, et ce, pour une raison simple : c’est en faisant côtoyer au quotidien hommes et femmes que progressivement les stéréotypes que les uns ont sur les autres, et inversement, disparaitront. C’est en effet un résultat qui ressort de l’étude sur les stéréotypes menée par Patrick Scharnitzky pour IMS-Entreprendre pour la Cité : « C’est toujours dans les entreprises mixtes que les stéréotypes sur l’autre sexe sont les plus positifs. Les hommes ont une meilleure image des femmes quand ilstravaillent avec elles. » Certains poussent le raisonnement encore plus loin, prônant, de façon plus générale, la conciliation du masculin et du féminin. C’est le cas de Philippe Sarrazin, coach : « Pour nous, ce qui est important, ce n’est pas tant la parité, c’est davantage que les valeurs du féminin (lien, empathie, écoute, cohésion) soient mises en avant dans l’entreprise. L’idée c’est de dire que l’entreprise, au même titre qu’une équipe ou une personne, a intérêt à avoir un équilibre entre masculin et féminin de manière à gagner en performance. Mais attention, pour nous les valeurs du masculin et du féminin sont indépendantes du genre. Nous ne sommes pas du tout dans la guerre des sexes : que ce soit un homme ou une femme, chacun peut arriver à obtenir cet équilibre. »

 

4. Concilier parité en entreprise… et à domicile
« Dans une société où le modèle social dominant repose sur une répartition inéquitable des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, l’entreprise peut accompagner l’évolution des mentalités par des actions de sensibilisation. (…) et doit également encourager une plus grande implication de ses employés masculins dans la sphère familiale en facilitant les congés parentaux et le temps partiel des pères », recommande l’étude Deloitte. Dominique Epiphane, sociologue au Cereq, est du même avis : « Du côté de l’entreprise et la famille, il y a encore beaucoup de travail. Moi je pense que là où ça bouge, c’est dans l’école. » Ah oui, les écoles bougent ? Allons vérifier page suivante…

 

Les conseils d’Andrée Graf, auteure de « Mon Job et moi» (Editions L’Express Roularta)
« Tout d’abord, à partir du moment où l’on promeut la présence des femmes dans les instances dirigeantes, il faut faire attention à bien choisir celles que l’on aide à accéder au pouvoir. Si vous choisissez une femme qui, par sa personnalité, aime se définir comme la seule femme, vous n’allez pas favoriser la parité puisqu’elle n’aura aucune envie que d’autres réussissent comme elle. De plus, il faut choisir des femmes auxquelles les autres puissent s’identifier. Par ailleurs, il semblerait que les femmes attendent beaucoup que l’on vienne les chercher, qu’on leur demande leurs attentes, au lieu de les formuler. Elles ont aussi tendance me semble-t-il à rester évasives sur la complexité des tâches qu’elles ont à exécuter. Par exemple, quand on leur confie une tâche, elles vont dire « Oui, oui, pas de problème », alors qu’elles ont besoin d’aide. Donc un conseil simple c’est de dire aux femmes de formuler ce qu’elles aiment et veulent faire, et de le communiquer aux bons interlocuteurs. »

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau