Fiche métier : le déontologue

 

L’environnement bancaire et plus largement financier a connu quelques bouleversements au cours des dernières années. La règle est au renforcement des contrôles suite aux différentes crises et faillites d’établissement. Même si quelques nuances existent entre les différentes appellations, il y a bien plus de points communs que de différences dans l’exercice de ces métiers.

 

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Les missions
Le chargé de conformité participe à la mise en place et à la bonne application des règles et codes de déontologie en vigueur au sein de son établissement bancaire : surveillance des opérations passées en salle de marché, vérification de la conformité avec la réglementation en vigueur et les procédures internes. Depuis 2003, quelques grands scandales financiers (Enron et Arthur Andersen, World Com…) ont conduit les législateurs à imposer des règles de plus en plus drastiques en ce qui concerne le contrôle interne (Loi SOX pour les sociétés cotées à New-York ou Loi de Sécurité Financière en France). Les différentes réglementations internationales, notamment Bâle II et les directives européennes ont eu pour but de mettre en place une fonction de conformité indépendante et dotée de moyens véritables. Dans ce contexte, la déontologie est devenue une composante de la conformité (Compliance en anglais).

 

La problématique
Depuis janvier 2006, les banques françaises ont l’obligation d’avoir un responsable de la conformité. D’autres affaires récentes ont permis de mettre encore plus l’accent sur la nécessité du contrôle de la conformité ou de la déontologie. La complexité des produits et la multiplicité des réglementations, ainsi que le souci des établissements bancaires d’améliorer leur image, écornée par la crise déontologue est souvent assurée par un responsable de la conformité (déontologie et conformité sont deux problématiques voisines) mais parallèlement le champ d’intervention de la personne en charge de la déontologie s’est accru. Il lui est demandé d’assurer le contrôle des opérations dans le cadre de la lutte anti blanchiment et les fraudes, mais également d’être davantage le garant de la primauté des intérêts des clients dans l’ensemble de leurs relations avec la banque (par exemple en n’incitant pas les clients emprunteurs au surendettement ou ne proposant pas des produits complexes inadaptés au besoin des investisseurs).
Avec Bâle III, les nouveaux chantiers à déployer pourraient ouvrir des débouchés pour les cadres, notamment en ce qui concerne les risques de contrepartie et de liquidité.

 

Les compétences demandées pour ce type de métier seront :
• Maîtrise des techniques du contrôle interne
• Connaissance de la réglementation bancaire et notamment celle de l’AMF et des textes européens
• Excellente connaissance des métiers, produits et services bancaires
• Connaissance des opérations de marché et produits financiers
• Connaissances juridiques
• Connaissance des problématiques de risques bancaires
• Maîtrise de l’anglais
• Sens de l’éthique et respect de la confidentialité

Les diplômes requis sont des formations master 2 ou mastères spécialisés en finance, comptabilité, droit. Les diplômés d’écoles de commerce figurent en bonne place mais également les écoles d’ingénieurs avec une spécialisation adéquate. Les recruteurs sont les banques de réseau, la BFI (Banque de financement et d’investissement), les organismes de crédit, les sociétés de gestion de fonds de private équity ou de gestion de portefeuille, les sociétés de bourse, l’Autorité des marchés financiers (AMF), les cabinets d’audit. Les entreprises recrutent également dans la conformité en l’associant ou non à d’autres domaines (conformité et du contrôle permanent, conformité et sécurité financière, contrôle interne et conformité, …). Ce métier reste, en tout cas, promis à un bel avenir.

 

Par Dr. Jean-François Verdié
Professeur, Pôle Economie/Finance/Droit
Professor, Department of Economics,
Finance and Business Law TBS