DOSSIER SPECIAL JEUNES DIPLÔMÉS

Companieros a réalisé une enquête auprès de professeurs, d’acteurs d’entreprise et de jeunes diplômés, afin de dresser le portrait du jeune diplômé – manager de demain. Les réponses font apparaître les caractéristiques suivantes : le manager de demain portera un regard nouveau sur la société et son travail, il s’engagera dans des projets sociétaux, il souhaitera construire un avenir durable et il intègrera des valeurs humaines dans son management. Les problématiques RSE et RSI seront au coeur de ses préoccupations.

Nous livrons ici quelques extraits des témoignages recueillis.

Quelles sont pour vous les compétences et les qualités que doivent développer les jeunes diplômés ?

Bernard Lemoult (BL) – professeur adjoint au directeur des études et responsable Mission développement durable à l’école des Mines de Nantes.
« Le jeune diplômé doit être préparé aux enjeux sociétaux, et ce pour les choix qu’il aura à faire dans ses décisions personnelles et professionnelles. La compréhension des enjeux et de sa responsabilité individuelle est au coeur des compétences à développer… pour agir avec pertinence au bénéfice du collectif. »

Charlotte D (CD) – diplômée de Grenoble EM.
« Je pense que le manager de demain doit être quelqu’un qui observe les situations dans leur globalité, et qui réfléchit à toutes les données d’un problème… quelqu’un de polyvalent, curieux et critique ! De plus, il ne doit pas discriminer les différences mais les respecter, tout en les comprenant et en sachant les manager. »

Laurent Depond – directeur de la Diversité, groupe France Télécom – Orange.
« Nous avons désormais besoin d’un management intégrant de la sensibilité, de la proximité, de la prise en compte des situations individuelles des collaborateurs. »

Medhi T (MT) – diplômé de l’EPMI.
« Pour moi les qualités que doivent développer les jeunes diplômés et qui feront la différence à l’avenir sont : l’esprit critique, la capacité de remise en question et d’introspection. La vision durable et long terme. La prise en compte / l’intégration
des valeurs humaines au système de management et de prise de décision. La capacité d’investissement et le respect des engagements. Le Plus d’action / Moins de Paroles et pour finir, La Responsabilité Sociétale Individuelle (pas de RSE sans RSI). Ces qualités ont trop souvent été citées sans pour autant être appliquées. Nous nous devons, en tant que Jeunes Diplômés, d’avoir un regard nouveau sur la situation et non formaté. »

D’après vous, qu’est-ce qui fera la différence entre deux jeunes diplômés ?

BL : « La participation aux différents événements proposés par l’établissement de formation, mais aussi par le territoire, et l’engagement concret dans des projets sociétaux sont des éléments de preuve d’une différenciation, au-delà des discours généraux. »

CD : « La passion du travail bien fait et l’envie d’améliorer les choses qui animeront l’un, et pas l’autre… »

MT : « Entre deux jeunes diplômés, la différence se fait au niveau de l’investissement (humain, associatif, extra-scolaire…). »

Qu’est-ce que cette jeune génération apportera au monde de l’entreprise ?

BL : « Une autre manière d’entreprendre, de construire collectivement, au bénéfice de la société et de chacun. »

CD : « Un regard nouveau et aguerri, car cette génération a baigné dans les NTIC depuis l’enfance… Elle est donc au courant de ce qui se passe dans le monde, de ce qui se fait et de ce qui ne se fait plus. Elle saura défendre son point de vue et imposer ses idées, tout en écoutant ce que les générations précédentes ont à dire ! »

Séverine Reboullet – directrice du Pôle Handipacte & Santé Sécurité au Travail Groupe Casino.
« Le management n’est pas qu’une affaire de technicité mais aussi une question d’humanité, de proximité, d’individualité. La jeune génération devra en tenir compte. »

MT : « Nous apporterons la vision d’un avenir durable et pérenne. Les valeurs que nous ont transmises certaines générations qui ont su se remettre en question. »

Pouvez-vous citer des expériences qui vont dans le sens d’un management responsable ?

BL : « Le responsable qui met en place une démarche progressive mais ambitieuse d’approvisionnement de ses achats dans des pays qui respectent les droits de l’homme et les droits de l’environnement. »

CD : « Sensibiliser et former ses cadres et managers d’équipes au management de la diversité et du Handicap ; les sensibiliser également aux questions environnementales. Des actions simples suffisent pour un début : par exemple, paramétrer les imprimantes pour qu’elles impriment systématiquement les documents en recto-verso, afin de gaspiller moins de papier, c’est tout simple, non ?! »

Geneviève Coutant – Mission Handicap Axa France.
« Il est important d’effectuer un travail en profondeur auprès des étudiants des grandes écoles car ce sont de futurs dirigeants d’entreprises ou managers d’équipe, c’est donc un pari sur l’avenir et sur le bon sens de ces jeunes. »

MT : « Dans le cadre de la création de la nouvelle Junior-Entreprise de notre école l’EPMI, nous avons mis en place une organisation responsable, régie par une charte RSE et Diversité. Cette politique de prise en compte de tous publics et de responsabilité sociale et environnementale est complètement intégrée à notre fonctionnement. »

Auriez-vous une recommandation à faire à un demandeur d’emploi ?

BL : « Des compromis oui, des compromissions non, même s’il est difficile de résister à l’appel des sirènes économiques court-termistes. »

CD : « Si vous avez la chance de pouvoir choisir votre emploi, faites-le en étant bien renseigné sur les pratiques de l’entreprise sur les thèmes de la RSE et en étant sûr que ses valeurs vous correspondent ! Si vous n’avez pas d’autre choix que d’accepter un emploi dans une entreprise peu responsable et où vous ne vous reconnaissez pas… allez-y de bon coeur ! En vous disant, qu’à votre échelle déjà, dans votre quotidien, vous pourrez la changer ! Et ça, ce n’est pas rien… »

Laurent Thévenet – Mission Handicap SNCF.
« La Mission handicap & emploi de la SNCF attend des étudiants qu’ils inventent de nouveaux modes de sensibilisation transposables en entreprise et se préparent à un management ouvert à la diversité. »

MT : « Chercher un emploi est très compliqué de nos jours et il est vrai que mentalement, un demandeur d’emploi est quelquefois amoindri par les échecs successifs. Ce que je conseille à un demandeur d’emploi, c’est, en parallèle de sa recherche d’emploi, de s’investir dans un  projet, une association…bref de s’engager, de prendre des responsabilités et de les assumer (il existe tellement de structure qui le permettent et qui ont besoin de main d’oeuvre qu’il est simple, si on dispose de la bonne information, de trouver). Après quoi il regagnera en motivation et pourra valoriser ses activités dans sa candidature. »

 

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