De sa formation à Nanterre, Patrice Lambert-de Diesbach a gardé l’opiniâtreté et le goût du combat. Des traits de caractère qu’il a développés tout au long de son parcours. Titulaire d’une licence de sciences économiques 82, diplômé de Sciences Po 84 et du CNAM 92, il pilote les relations investisseurs et la communication financière d’Orange, qu’il compare à un sport collectif de haut niveau. Par Agnès Malsert Olivier

 

Quelles valeurs définissent le mieux la vie au sein d’Orange ?

Cette société en mutation profonde, continue, a renoué avec la sérénité, le plaisir au travail, l’envie de bien faire et de mieux faire, ce qui transparaît dans l’enquête de satisfaction des salariés à un plus haut niveau historique et traduit leur fierté d’appartenance à l’organisation. La bataille quotidienne contre la concurrence génère beaucoup de stress, géré de manière extrêmement vertueuse dans un contexte d’humanité dans le travail. L’évolution vers la digitalisation rend plus efficace le service au client et à chacun des collaborateurs.

 

Vous comparez la communication financière à un sport de haut niveau ?

Une mauvaise communication financière peut en effet avoir des effets dévastateurs sur le cours de bourse, sur l’image de la maison et son management. Le message délivré aux investisseurs requiert ainsi une préparation très fine, une réflexion collective permanente, évolutive entre les 6 membres de l’équipe, pour arriver à un consensus. La force de cette équipe repose sur cette concertation profonde et totale, sans dissonance, qui n’exclut pas l’audace intellectuelle. C’est toute la force et la beauté du sport collectif de haut niveau.

 

Comment fédérez-vous et dirigez-vous vos équipes ?

Gérer une équipe d’experts ne peut se faire que par l’exemplarité et le partage. Les 2 séminaires consécutifs de team building organisés avec des anciens des forces spéciales de la marine, en y associant plusieurs des équipes avec lesquelles nous préparons les résultats, ont été des moments très forts d’entraide et de partage.

 

Quelles qualités pour faire ce job ? 

Il faut oser sortir des sentiers battus, de sa zone de confort, de ses propres frontières intellectuelles pour aller chercher la décision d’investissement. Les collaborateurs qui ont cette liberté intellectuelle, cette capacité d’initiative, de prise de décision, sont identifiés comme des profils à très haut potentiel et peuvent profiter des opportunités qui se dessinent au sein du groupe. Si tant est que la communication financière puisse être une école de transformation ou d’explosion des talents pour l’intérêt général, j’en suis ravi, cela conforte le mode d’organisation et de gestion de l’équipe.

 

Quels atouts votre formation à Nanterre vous a-t-elle permis de développer ?

L’opiniâtreté, le goût de se battre. Reprendre mon cursus à Nanterre après avoir travaillé pendant 2 ans et demi m’a redonné confiance dans les études.

 

Un message aux étudiants : Doublez vos diplômes, donnez-leur un angle différencié, dans une autre discipline ou à l’étranger. Essayez d’exceller, gardez en permanence une mentalité de combat.

 

Souvenir de Nanterre : Je reste proche de Nanterre dont je garde un souvenir extraordinaire. J’y suis retourné il y a 7 ou 8 ans. Tous les graffitis de mai 68 avaient disparu que j’avais découvert avec émotion à la rentrée de 1979, à ma grande déception. Nous avions monté avec une bande de copains étudiant en Économie un grand spectacle « La mort du cygne » comme au Club Med où j’avais été GO, qui a remporté un succès incroyable, de loin le souvenir le plus fun. J’ai aussi le souvenir d’excellents professeurs. Autre souvenir, j’avais sympathisé avec l’un de mes professeurs, Philippe Herzog et je fais donc partie de son think tank Confrontations Europe depuis 16 ans en ayant également essaye d’œuvrer de l’intérieur au sein du Conseil d’administration étant un militant européen convaincu.

Contact : p.lambert@orange.com