Le CAC[1] bénéficie d’une certaine sécurité de l’emploi en France car il est nommé pour une durée de 6 ans. Il est aussi assuré d‘une rémunération annuelle minimum de 40 000 € prévue conventionnellement. En outre, la variété des missions, des secteurs d’activités audités, l’évolution des règles comptables françaises et internationales : IFRS[2] et US GAAP[3] permettent à de jeunes diplômés de progresser dans un milieu très stimulant. Le commissariat aux comptes a donc de quoi attirer les jeunes de la génération Y exigeants en termes de progression rapide, de formation continue, d’autonomie… et intéressés par la dimension internationale de plus en plus importante ou omniprésente chez les Big Four[4].

Une profession très réglement ée mais sans routine et en constante évolution
Le CAC est un acteur extérieur, indépendant qui a pour rôle de contrôler la sincérité et la régularité des comptes annuels établis par la société ou une autre institution. Il est nommé par l’assemblée générale ordinaire (AGO) et la loi définit les sociétés qui doivent avoir un CAC (SA[5]…). Les sociétés cotées astreintes à publier des comptes consolidés doivent nommer deux CAC, on parle de co-commissariat. C’est une spécificité française.

 

Quelles missions pour le CAC ?
La principale mission du CAC est la certification des comptes. Dans son rapport général, il indique si les comptes présentent une image fidèle et sincère. Il peut certifier les comptes sans réserve, avec réserve ou choisir le refus de certifier. Le CAC peut être amené à détecter des faits délictueux et devoir les révéler au procureur de la république. Il peut aussi lancer une procédure d’alerte si la continuité d’exploitation est remise en cause, il peut avoir à revoir le rapport émis par la société sur le développement durable… C’est donc un métier nécessitant des compétences très diverses et une formation de longue haleine. Le commissaire aux comptes est souvent expert- comptable.

 

Quels challenges pour le CAC ?
Le CAC exerce des missions très variées nécessitant une excellente compréhension des risques, des business model, des systèmes d’information, du contrôle interne des sociétés… Les clients opèrent dans une multitude de secteurs avec des problématiques différentes et évolutives (environnement concurrentiel, évolutions technologiques, situation économique ou politique, évolution des règles comptables, juridiques et fiscales…). L’anglais devient indispensable pour ceux qui voudraient travailler chez un Big4 ou chez Mazars.
Le CAC doit pouvoir maîtriser la technique (normes comptables,…), l’éthique : respect de la déontologie et le relationnel (clients et équipes). Le CAC évolue dans un environnement en mouvance permanente. Depuis les scandales financiers comme Enron, Worldcom… de nouvelles lois ont vu le jour. La loi Sarbanes Oxley (SOX) aux Etats-Unis et la Loi de Sécurité Financière (LSF) en France ont ainsi renforcé le rôle et la responsabilité du CAC. La réforme préparée par la Commission Européenne devrait être votée au Parlement Européen prochainement et entrer en vigueur en 2016. Y aura-t-il une rotation soutenue des mandats de commissariat notamment sur les sociétés cotées? Les activités de conseil auprès de ces sociétés seront-elles interdites aux CAC ? Le choix des auditeurs par les sociétés va-t-il devenir plus compliqué ?

Opportunités ou menaces pour les CAC ? Redistribution des cartes entre les Big Four et d’autres cabinets de taille plus modeste ?

La profession de CAC réserve donc encore bien des surprises mais quel métier passionnant !

 

[1] CAC : Commissaire(s) aux comptes
[2] International Financial Reporting Standards
[3] US GAAP : Generally Accepted Accounting principles aux Etats-Unis ou principes comptables américains
[4] Ce sont les 4 plus grands cabinets d’audit au niveau mondial : Deloitte, PriceWaterhouseCoopers, E&Y et KPMG
[5] Sociétés anonymes

 

Par Isabelle Chaboud
Professeur au département Gestion Droit Finance Grenoble Ecole de Management