En faisant abstraction des considérations financières et politiques dans le développement énergétique, on peut envisager deux grands scénarios pour l’avenir de nos sociétés. Soit une rupture technologique majeure se produira offrant l’accès à une ressource propre pouvant subvenir aux besoins de l’humanité, soit il faudra redoubler d’efforts pour améliorer, optimiser et faire avec ce que la nature nous offre. L’auteur est Frédéric FAUBERTEAU, Responsable du Département Nouvelles Énergies de l’ESILV

 

2,21 Gigowatts ?!

C’est la puissance nécessaire pour que le convecteur temporel puisse propulser la DeLorean de Retour vers le futur à travers le continuum espace-temps. Quelle énergie colossale ! Et pourtant, il ne faudra pas longtemps aux ingénieurs du futur pour concevoir un réacteur nucléaire capable de fournir une telle puissance à partir … d’une peau de banane et d’une canette de bière. Au travers de la SF, l’inconscient collectif semble unanime : pour accomplir les plus grandes choses, l’humanité aura besoin d’une quantité toujours plus grande d’énergie. Néanmoins, le moyen d’y parvenir est encore quelque peu fantasmé.

Le Soleil en boîte

La fusion nucléaire pourrait être la solution qui résoudrait tous nos problèmes en termes de besoins énergétiques. C’est l’ambition du projet ITER, réacteur thermonucléaire expérimental international dont la construction se poursuit à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône. Si la fusion contrôlée permettrait de produire plus d’électricité que la fission sans déchet radioactif, des verrous technologiques restent à lever pour maintenir confiné le plasma. Comme l’a fait observer le physicien français Sébastien Balibar, « on nous annonce que l’on va mettre le Soleil en boîte. Le problème, c’est que l’on ne sait pas fabriquer la boîte. »

L’énergie à profusion

Le Soleil nous envoie 173 000 TW sous forme de radiation alors que la production humaine n’avoisine que les 20 TW. Ce rayonnement peut directement servir à produire de l’électricité grâce à des cellules photovoltaïques. Mais il contribue également à produire des mouvements d’airs en chauffant une partie de l’atmosphère, permettant encore une fois de produire de l’électricité grâce aux éoliennes. Il y a tant de manières de transformer l’énergie envoyée par notre étoile, et la France n’est pas en reste en matière d’innovation sur le sujet. Des start-up hexagonales développent des technologies de pointe comme la membrane immergée d’Eel Energy qui exploite les courants marins.

De l’importance d’être Smart

On ne peut qu’être optimiste tant les moyens de produire de l’électricité semblent variés. Mais pour que tous ces nouveaux systèmes fonctionnent efficacement, il est nécessaire de repenser nos usages de l’énergie. Les Smart Buildings seront plus efficaces, consommeront moins et pourront même produire de l’énergie. Les Smart Grids transporteront ces flux énergétiques au plus près de la demande et permettront une meilleure gestion du réseau. Enfin, c’est notre capacité à stocker l’énergie qui nous garantira le confort à tout instant. Là aussi les start-up innovent et on peut citer Sylfen qui développe son Smart Energy Hub pour stocker l’hydrogène dans les bâtiments.

Du travail pour nos ingénieurs

Il y a tant d’idées à développer, d’expériences à mener et de prototypes à réaliser que nos ingénieurs ne devraient pas s’ennuyer dans les décennies à venir. En attendant qu’un nouvel Einstein ou Hawking ne découvre une théorie révolutionnaire, les EnR semblent être la meilleure des alternatives. Et les nouvelles technologies numériques permettront de les exploiter au mieux.

note : Une source d’énergie propre, intarissable et bon marché semble être la perspective la plus enthousiasmante. Mais le scénario qui se profile est beaucoup plus stimulant. Les individus vont devoir se responsabiliser, nos ingénieurs innover et de nouveaux modèles être créés.

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