Si innovation rime naturellement avec technologie, elle ne s’arrête pas là. En effet, si l’entreprise voit en l’ingénieur un excellent techn icien, elle veut aujourd’hui également y déceler le manager et le stratège qui fera l’organisation de demain. Mais comment les écoles préparentelles concrètement ces ingénieurs en herbe à apporter une réelle capacité d’innovation à leurs futurs employeurs ?

© Eric Nocher

© Eric Nocher

Inscrits dans la chaine de l’innovation
En adéquation la plus étroite possible avec l’écosystème et les besoins de la recherche et de l’entreprise, les formations d’ingénieurs françaises permettent à leurs élèves de  » s’inscrire pleinement dans toutes les étapes du processus d’innovation (recherche, découverte, maturation et preuve de concepts, développement,…) » affirme François Cansell, Président de la CDEFI. Un parti-pris qui va même jusqu’à la création d’entreprise innovante et à l’intrapreneuriat, de plus en plus d’écoles mettant en effet en place des filières de sensibilisation à l’entrepreneuriat.

 

L’innovation va plus loin que la technologie
Un indice révélateur d’une prise de conscience : l’innovation ne peut se résumer à l’innovation technologique.  » Alors que les sciences et technologies occupaient la quasi-totalité des programmes il y a 20 ans, on compte aujourd’hui près 30% de matières en lien avec les sciences humaines et sociales dans les offres pédagogiques. Une ouverture amenant les futurs ingénieurs à savoir intégrer, dès le début du processus d’innovation, les changements d’usages et l’appropriation par la société civile des services et produits de demain.  » Un brassage apprécié des élèves qui se frottent ainsi, dès leurs études, à des disciplines comme les sciences politiques, le marketing ou encore le design qui les mèneront vers les innovations du futur.

 

Cap sur l’innovation à l’UTC !
Porté par son parti-pris historique pour l’innovation, l’UTC est aujourd’hui boostée par son Centre d’Innovation. Espace de 5500 m2 consacré à l’innovation sous toutes ses formes, il encourage les rencontres interdisciplinaires parfois improbables (étudiants, philosophes, artistes,…) et s’inscrit dans la création d’un écosystème de créativité fondé sur un système partenarial entre l’Université, les entreprises et les territoires.  » C’est un lieu de formation qui challenge les étudiants sur des problématiques réelles posées par nos entreprises partenaires ou par les étudiants eux-mêmes dans le cadre de notre concours Projets Innovants. Il comporte aussi des plateformes technologiques en lien avec la recherche, un espace dédié à l’entrepreneuriat, une délégation de l’INPI et un FabLab à disposition de tous les étudiants désireux de prototyper leurs projets  » précise Bruno Ramond, Directeur du Centre. Une culture de l’innovation qui ne s’arrête pas à la technologie et qui prend en compte ce glissement de la figure de l’ingénieur-concepteur vers celle de l’ingénieur-entrepreneur.  » Outre les bâtisseurs, l’entreprise a besoin d’ingénieurs capables d’une approche plurielle et logique de l’innovation. Cela passe par une intégration d’une dimension stratégique à la formation, via les SHS, la philosophie ou les sciences politique  » insiste Alain Storck, Président de l’UTC.

 

Plus loin que l’innovation : l’invention
 » Mes travaux de recherche entrepris pour mon TIPE m’ont amenée à découvrir un nouveau type de béton. Si je n’ai pas tout de suite pris au sérieux la proposition de mon tuteur de déposer un brevet, j’ai eu le déclic en voyant l’intérêt du jury pour mes travaux lors des épreuves orales. Dès mon entrée à l’ENSEEIHT, j’ai entrepris les démarches à l’INPI : mon invention était brevetable ! Très heureuse, j’ai vite fait face aux difficultés liées à la constitution du dossier. Après en avoir discuté avec le Directeur de l’Ecole, j’ai candidaté pour obtenir le statut d’étudiant entrepreneur. Accompagnée dans tous les aspects de mon projet par des professionnels, je travaille aujourd’hui en collaboration avec des chercheurs du laboratoire LMDC à Toulouse. Mon invention n’est qu’un début et je compte bien vivre pleinement ma vocation d’entrepreneure dans l’âme en m’appuyant sur mon background technique.  »
Slimani, Etudiante Ingénieur Entrepreneur en 2ème année Informatique et Mathtématiques Appliquées à l’ENSEEIHT

 

CW.