Qui n’a jamais rêvé d’éclaircir le mystère de l’accession au pouvoir ?  La réponse nous est apportée par le cabinet executive Kienbaum. Il a mené l’enquête auprès de 88 dirigeants européens nés entre 1966 et 1975. Carl Azar, PDG et associé de Kienbaum France lève pour nous le voile sur ces parcours d’exception. Et surprise, tout est possible !

© Fotolia

© Fotolia

CxO » occupent des postes de CEO, COO, CFO d’entreprises cotées (64 %) et d’entreprises familiales de taille significative (38 %). Ils ont accédé à leur premier poste de DG entre 36 et 40 ans pour 33 % des sondés, 40-44 ans pour 24 % ou 31-35 ans pour 23 %. Ils exercent en Allemagne, France, Autriche et Suisse.

 

3 facteurs clés
« Le plus frappant c’est que pour 60 % d’entre eux le mentoring d’un grand patron est essentiel. » Le futur dirigeant apprend au contact d’un mentor. Il prend modèle sur ses meilleures pratiques. Il l’observe diriger sous pression.

 

Autre point commun, débuter dans un grand groupe, comme 54 % des sondés
Les dirigeants évoquent à 25 % une chose plus surprenante : le hasard ne serait pas étranger à leur progression. « Ils disent tous avoir eu la chance d’être là au bon moment et d’avoir su saisir les opportunités. » L’un d’eux résume son sentiment par cette phrase : « La carrière c’est 1/3 de compétence, 1/3 le fait de pouvoir travailler avec un grand patron et 1/3 de chance. »

 

Le sondage fait tomber les idées reçues
Le passage à l’étranger ou par différents métiers et branches n’est pas la règle. « Ces étapes souvent considérées comme indispensables ne sont pas systématiquement estimées comme pertinentes par nos sondés. » Et de fait, leurs réussites sont tantôt verticales (un métier), tantôt horizontales (plusieurs expériences), locales ou internationales, réalisées dans un même groupe ou dans plusieurs entreprises. Ceux qui progressent vite ont su concilier leur manière de fonctionner et le type d’entreprise qui leur correspond. « On s’épanouit mieux dans un univers managérial et un cycle business proches de son ADN naturel. Il faut choisir son entreprise. »

 

Ambition et impact
Les sondés affirment à 60 % être animés par l’ambition d’accéder à des postes de direction. « Cette ambition est plus mue par le désir de marquer de leur empreinte la vie de l’entreprise que l’accès à un statut ou au gain financier. » Les CxO considèrent aussi leur attitude personnelle comme déterminante : volonté de travail, implication, disponibilité et passion. Les dirigeants ont toujours valorisé les résultats. Ils sont focalisés sur la qualité de la performance, la volonté d’avoir de l’impact, la légitimité métier, la prise de risque à bon escient, le fait d’être remarqués pour leur succès.

 

Costume de dirigeant
Le jeune CxO pratique un management fondé sur la motivation, la communication, l’enthousiasme, la rapidité, le feedback. Il sait s’entourer et prépare la relève. « Il insiste sur sa dimension éthique, son exemplarité ainsi que sa volonté de développer une vision complète de son entreprise. » Le dirigeant travaille beaucoup sur lui-même. Il se forme, fait du coaching. L’objectif étant à la fois de répondre aux enjeux de l’exemplarité et de la visibilité du poste ; et aux attentes des collaborateurs en matière d’authenticité et de naturel. « Le jeune CxO travaille beaucoup sa communication. Il parle peu, s’efforce de réagir le moins possible dans l’instant. Il veut créer de la proximité sans être dans le copinage. »

 

Vie perso, tout est une question de point de vue
• 88 % sont mariés • Ils travaillent en moyenne 60 heures par semaine • Ils passent 38 % de leur temps en déplacement • 62 % des sondés estiment bénéficier d’un bon équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. La vérité pointe son nez lorsqu’on leur demande ce que leur conjointe répondrait à la même question : le niveau de satisfaction tombe à 41 % et la réponse « peut être amélioré » bondit de 25 à 36 % !

 

A. D-F