Manuelle Malot

Manuelle Malot

Avec l’internationalisation des grandes écoles, c’est aussi celle de leurs jeunes diplômés qui se joue. Si études et stages à l’étranger sont devenus monnaie courante, une minorité prend son premier poste hors de France. Deux dispositifs se développent et les ciblent en priorité pour débuter à l’étranger : les VIE et les programmes internationaux réservés aux hauts potentiels.

Dans sa dernière enquête premier emploi, la Conférence des Grandes Écoles, indique que 14 % des diplômés en 2009 ont débuté à l’étranger. Elle souligne que si « la part des emplois à l’étranger suit des cycles, elle semble augmenter sur le long terme ». Ce taux est à nuancer selon les établissements et peut atteindre jusqu’à 25 %.

 

 

« Graduate programs » et « fast tracks » internationaux : des opportunités en or mais très sélectives
La guerre des talents, comme le développement, se considèrent désormais à l’échelle internationale pour les groupes. Ainsi, le baromètre EDHEC emploi jeunes diplômés de janvier 2011, qui interroge les décideurs RH de 4 500 entreprises en France, indique que 97 % des recruteurs proposeront des postes en France en 2011 mais plus d’une entreprise sur cinq recrutera également dans le reste de l’Europe, et l’Asie reste le 3e continent des intentions d’embauches. Cette concurrence a amené les groupes, en commençant par les acteurs anglo-saxons, à créer des « fast tracks » ou « graduate programs » afin de capter les jeunes diplômés les plus brillants. Manuelle Malot, Directrice carrières et prospective à l’EDHEC, et auteur du « Guide du recrutement international » en 2010, constate que « les groupes français se lancent eux aussi dans la bataille. Dans ce contexte, les diplômés des grandes écoles forment la cible privilégiée. Cela dit, ils sont en concurrence avec des diplômés d’autres pays et les procédures de sélection sont très exigeantes. Ils doivent donc s’y préparer. » Dans son guide, Manuelle Malot décrypte ainsi plus de 200 programmes proposés par 150 grandes entreprises internationales, et décrit les profils recherchés, les contenus, les critères de sélections.

Le VIE, une première expérience internationale à ne pas négliger
« Les places sont chères dans ces programmes premium, c’est pourquoi il ne faut pas négliger une autre porte d’entrée vers l’international, le VIE, poursuit Manuelle Malot. Cette immersion au cours d’une mission professionnelle débouche le plus souvent sur un recrutement. J’ajoute que le profil international se forge dès les études, en étudiant ou réalisant des stages hors de France. Ces expériences sont un signal pour les recruteurs de la volonté d’avoir un parcours international chez un jeune diplômé. » Les groupes affichent clairement les VIE comme des dispositifs privilégiés de prérecrutement. Ils sont un outil pour tester et capter des jeunes potentiels. Si les jeunes VIE sont recrutés par les filiales, c’est le plus souvent en contrat local. « Mais d’une manière générale, prévient Jean-Paul Vermès, président de VMS France, les expatriations en premier poste restent rares. Les groupes souhaitent d’abord former leurs jeunes cadres à leurs métiers et surtout à leur culture dans leur pays d’origine, et leur donner la chance de faire leur preuves avant d’envisager l’expatriation. Cela dit, l’entreprise franco-française est une espèce en voie de disparition. Les opportunités à plus long terme existent donc, et le jeune doit très tôt faire savoir qu’il envisage favorablement la mobilité. »

 

A. D-F