La digitalisation des entreprises recouvre de nouveaux enjeux stratégiques, synonymes d’opportunités pour les jeunes diplômés. Nouveaux métiers marketing et ventes, leviers de motivation et de fidélisation, évolution des salaires… Marketing Grandes Écoles fait le point avec Frédéric Oble, Professeur Enseignant Associé du Département Marketing de l’ESSEC.

 

Le recrutement des jeunes diplômés représente le nerf de la guerre pour les directions RH aujourd’hui. Le premier contact, avant même la fin des études, est important mais le véritable enjeu repose sur la fidélisation des meilleurs talents en interne.

Selon une enquête réalisée par Kelly Services1, prestataire de services en ressources humaines, l’équilibre vie professionnelle / vie privée (38 %), les possibilités d’évolution de carrière (32 %) et la rémunération (23 %) arrivent en tête des préoccupations des candidats. Aux entreprises de mettre en place les leviers de motivation nécessaires pour attirer puis fidéliser leurs meilleurs talents.

 

Les cabinets de recrutement bien avant les réseaux sociaux
Si les réseaux sociaux ont le vent en poupe, les méthodes traditionnelles restent privilégiées pour recruter. Ainsi, en 2013, seuls 8 % des recruteurs français ont déjà embauché un salarié via un réseau social professionnel comme LinkedIn ou Viadeo. Toutefois, les nouvelles technologies sont mises à contribution. Une étude Michael Page, effectuée fin 2013, met en avant les points suivants : « 91 % ont recours à des sites internet pour communiquer sur les postes à pourvoir ; 84 % utilisent leur site intranet de l’entreprise pour privilégier la mobilité interne ; et 83 % sollicitent des cabinets de recrutement. »

 

Le stage et l’alternance, deux valeurs sûres
La première expérience dans l’entreprise est primordiale. Ainsi, les stages et formations en alternance constituent une porte d’entrée idéale dans l’entreprise. « Cette idée d’aller / retour entre l’école et l’entreprise est un levier puissant pour les entreprises », explique Frédéric Oble. Les contacts pendant les études et les relations école – entreprise sont le plus sûr moyen d’identifier les talents, de les attirer en stage avant de leur proposer un poste. Ainsi, les chaires d’entreprise, les forums, les cours dispensés par les dirigeants marketing et les événements organisés conjointement constituent autant d’opportunités concrètes d’approcher les meilleurs talents.

 

Les stages au coeur de l’enseignement de l’ESSEC
« À l’ESSEC, les formations durent 18 mois dont un certain nombre à l’étranger : nous sommes convaincus de l’importance des stages en entreprise. Nous accueillons une vingtaine de chaires d’entreprise sur des problématiques spécifiques, Hugues Pietrini, ex-PDG d’Orangina Schweppes, a donné des cours à l’école. Ferrero a aussi organisé un événement particulier avec visite d’usine, contact avec les recruteurs, conférence débat… C’est très enrichissant pour les étudiants. »

 

La culture d’entreprise : un point fort
Le bien-être est devenu un élément incontournable pour fidéliser un collaborateur. Pour favoriser cet équilibre essentiel entre vie professionnelle et vie privée, point déterminant dans la fidélisation des talents, les solutions d’aménagement du travail – télétravail, congés parentaux… – se multiplient, à l’international notamment. Si le bonus financier reste l’avantage préféré des collaborateurs, la reconnaissance de leurs supérieurs est le plus apprécié, pour 72 % d’entre eux. « De nombreuses entreprises ont mis en place des graduate programs pour favoriser l’évolution à court terme de leurs jeunes recrues à ‘’haut potentiel’’. Pendant trois ans, les jeunes diplômés changent chaque année de poste, en France ou à l’international : category manager, un poste de terrain, puis chef de produit junior. C’est très attractif et un excellent moyen de fidéliser ses talents. »

 

1 Etude Attirer et fidéliser les meilleurs talents, réalisée sur 168 000 personnes dans 30 pays, avril 2012

 

VC