Mardi 15 novembre 2011, le somptueux palais de la découverte accueillait le colloque Prospective et leadership organisé par la Fondation Prospective et Innovation.
Retour sur l’un des débats proposés ce jour-là : Quels mondes en 2030 ?

Si le colloque se penchait sur les deux notions de prospective et de leadership, cette première partie se focalisait davantage sur la première des deux notions. L’un des intervenants, Jospeh Maila, Directeur de la Prospective au Ministère des Affaires étrangères en a d’ailleurs précisé le contours : « La prospective n’est pas de la prédiction. Nous ne pouvons pas dire quel est le scénario qui va dominer en 2020-2030. […] La prospective est un outil de connaissance. Elle n’est jamais séquentielle […] Nous sommes dans une configuration générationnelle. »

Pour répondre à la question « Quels mondes en 2030 ? », deux points de vue étaient présentés, orchestrés par Dominique Hummel, président du Futuroscope.


I. Le monde vu des Etats-Unis, par Kimon Valaskakis

L’intervenant, professeur à la nouvelle école d’Athènes et spécialiste de la gouvernance mondiale a mis en évidence le côté  ambivalent et contradictoire des perceptions d’avenir des Etats Unis.
D’une part, ils mettent en avant certains points négatifs :

1. Leur déclin relatif dans le monde, contrepartie de la montée en puissance de l’Asie. Une situation difficile à admettre pour les Etats-Unis étant donné qu’« ils ont toujours été une nation qui se voit comme exceptionnelle », et qui « se considère au dessus des règles mondiales »
2. Un effondrement de la classe moyenne. En effet, le chômage technologique étant de plus en plus important, les entreprises américaines créent peu d’emplois. Les Etats-Unis se trouvent donc dans une situation de croissance avec chômage qui accroît de manière inquiétante les inégalités. Conséquence : un déclin de la classe moyenne qui était le symbole du rêve américain.
3. Un système politique étranglé

D’autre part, ils identifient des points positifs :

  1. D’immenses ressources qui donnent au continent la possibilité de se couper du monde
  2. Une dynamique entrepreneuriale
  3. Une réinvention nécessaire et possible

 

II. Le monde vu de France, par Joseph Maila

Dans une deuxième partie, c’était l’image que la France se fait du monde en 2030 qui était présentée, à travers trois grandes tendances identifiées par Jospeh Maila :

1. Une nouvelle configuration géopolitique, avec une nouvelle place pour la France. « On va avoir affaire à une collection de pays qui vont prendre leur envol. On passera vite à un monde multipolaire, qui peut engendrer le danger d’un monde apolaire. Ces émergents se considèrent eux-mêmes comme des ré-émergents. Ils rappellent leur puissance passée. Nous ne sommes pas en train de décliner : nous prenons une place nouvelle dans une situation nouvelle. Ce n’est pas parce que nous ne somme plus le centre du monde que nous n’existons plus. »
2. Un nouveau type de conflictualité, caractérisé davantage par des guerres interétatiques que par des guerres intraétatiques.
3. Un monde de plus en plus difficile à gérer d’un point de vue culturel.

D’où deux problématiques à étudier :

  1. Consolider notre enracinement, en gardant à l’esprit que la France est en Europe puisque « pour toute nation qui désire se projeter  dans l’avenir, l’inscription dans un cadre institutionnel est importante. »
  2. Réfléchir au type de modèle économique qu’on veut suivre.

 

Claire Bouleau

 

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