Passionné de statistiques pour ce qu’elles ont d’incertain, Gilles Sauret (ENSAE Paris Tech 87), a mené toute sa carrière dans le crédit à la consommation. Après avoir dirigé plusieurs entités du groupe, il est depuis 2009 Directeur général de COFIDIS France. Par Aurélie Nicolas

 

Pour quelles valeurs avez-vous choisi de rejoindre COFIDIS ? 

En premier lieu pour la place qui y est accordée au capital humain, considéré comme la valeur première de l’entreprise. Confiance, autonomie et responsabilité sont les 3 maîtres mots qui caractérisent la façon dont chaque collaborateur peut évoluer au sein de l’organisation. Chez COFIDIS, la confiance a priori est accordée à chacun : nous croyons dans la force de la coopération et de la transversalité. L’intelligence humaine a ceci de magique qu’elle ne peut être traduite en chiffres : elle opère dès que les énergies s’unissent. Et c’est pourquoi nous nous battons au quotidien contre les silos dans l’entreprise.

Qu’en est-il de vos engagements sociétaux ?

Nos 1 300 collaborateurs sont tous basés à Villeneuve d’Ascq, ce qui nous donne une place d’importance dans l’économie locale du bassin nordiste. Cela se concrétise aussi par des partenariats écoles ou des coopérations avec des Fintech. Nous participons à la croissance française : le crédit à la consommation en est un des leviers majeurs. Vis-à-vis de nos clients, la confiance est aussi de mise, sous-jacente au métier du crédit. Enfin nous les accompagnons dans la gestion de leur budget, tout au long de leur vie et aussi dans des moments pouvant être plus difficiles.

Qu’implique votre appartenance au groupe Crédit mutuel CIC ?

Une capacité à investir sur le long terme. COFIDIS a toujours basé son développement sur la satisfaction et la fidélisation de ses clients afin de pérenniser son développement. En cas d’arbitrage, les engagements sur le long terme, s’ils font sens, sont privilégiés à une vision de court terme. Cela se ressent aussi dans l’accompagnement professionnel que nous offrons à nos collaborateurs, avec la mise en place de parcours de mobilité.

Justement, comment les jeunes cadres sont-ils accompagnés dans leur carrière ?

La jeune génération participe pleinement à la richesse de l’entreprise et à son développement, car c’est elle qui va en écrire le futur. Nous les accompagnons, au même titre que l’ensemble de nos salariés, afin qu’ils développent leur expertise et leur savoir-faire, en misant sur le triptyque « confiance-autonomie-responsabilité ». Nous leur offrons l’accès à une grande diversité de métiers et la possibilité de prendre en main des projets et de les mener à bien. Cela permet d’appréhender le management fonctionnel : à leurs côtés, les managers ne jouent pas le rôle de superviseurs, mais sont de vrais coachs.

Et concernant la mobilité ?

Sans être obligatoire, elle est fortement encouragée. Chacun est maître de son parcours et a toutes les cartes en main pour évoluer au mieux au sein du groupe. D’ailleurs, la majorité des membres du Comité de Direction viennent de l’interne. Chaque année, entre 10 et 15 % de nos collaborateurs choisissent de changer de postes et de progresser dans l’entreprise, aidés en cela par les bilans de compétences annuels. Les mobilités sont possibles au sein de notre siège à Villeneuve d’Ascq, mais également dans nos différentes entités en Europe. Enfin, des passerelles sont ouvertes vers le groupe Crédit Mutuel CIC.

En quoi l’histoire de COFIDIS imprègne-t-elle encore sa stratégie actuelle ?

COFIDIS a inventé il y a 35 ans le concept de crédit à distance, grâce à une culture fondée davantage sur le commerce que sur la banque. En l’absence d’agences, et donc de proximité géographique, nous avons su développer une proximité relationnelle qui nous différencie jusqu’à aujourd’hui. D’abord par courrier, puis par téléphone, aujourd’hui par internet et en mobilité… notre offre omnicanale est restée consumer centric. Nous ne sommes pas dans une logique de one shoot mais bien de fidélisation. Nos clients, comme nos enseignes partenaires, nous reconnaissent cette chaleur dans la relation, portée par nos conseillers. Ce n’est pas pour rien si nous avons été élus pour la 5è fois « service client de l’année. »

Quelle place tiennent les données dans votre développement ?

Un rôle central bien évidemment, même si les datas ne sont là que pour aider les « Hommes », qui seront toujours devant. C’est l’alliance de l’humain et des données qui permet de connaître son marché, ses clients et de prendre les bonnes décisions. Par exemple, nous ne travaillons pas avec des scripts : nous faisons confiance à l’intelligence de nos conseillers, à leur sens de l’écoute et de l’analyse des données à leur disposition.

Quel impact a eu la crise sur votre activité ?

Comme l’ensemble du secteur bancaire, nous avons été touchés directement par la crise de 2008, puis par les dispositions de la loi Lagarde. Mais c’est dans la tempête que l’on voit les véritables équipages. Dans ce nouveau contexte, COFIDIS a su s’adapter et se diversifier, tout en conservant ses fondamentaux. Nous sommes devenus 3è de notre marché, avec des capacités de développement et de rentabilité renforcées. Notre objectif est un développement rentable pour assurer la pérennité dans un environnement complexe et difficile. Dans notre métier cela s’appuie sur la recherche permanente du bon équilibre entre risque et commerce.

Et en termes de communication ?

Notre marque est portée par des valeurs dans lesquelles nos clients, nos partenaires, mais aussi nos salariés se reconnaissent avec fierté. Notre différence est remarquée et cela se ressent dans le ton particulier de notre communication, notamment dans nos publicités axées sur le combat contre les préjugés. Nous sommes aussi l’un des plus anciens sponsors d’une équipe cycliste du Tour de France ; ce qui marque là encore notre valeur d’engagement.

Qu’avez-vous trouvé dans votre formation à l’ENSAE ?

J’ai apprécié ce parcours d’ouverture et de haut niveau qui stimulait la réflexion : des mathématiques probabilistes bien sûr, mais aussi de l’économie, de la sociologie… J’y ai appris à aimer l’incertitude : « on ne prévoit bien que le passé ». Ce constat aide à rester humble et à se préparer à tout. Mon stage au ministère des affaires sociales m’a permis de mettre les « mains dans le cambouis ». Le côté pragmatique de ces études, en lien avec la réalité, constitue un socle qui imprègne mes décisions jusqu’à aujourd’hui.

L’instant RH : COFIDIS offre une diversité de métiers dans de nombreux domaines : contrôle de gestion, marketing, analyse de données, risques, gestion de clientèle… avec la possibilité de devenir rapidement manager.

 

Ses conseils aux étudiants :

– être authentique

– se montrer ouvert, curieux et faire confiance aux autres

– croire en soi et savoir prendre des risques

– viser toujours la simplicité et la pédagogie

 

Une anecdote sur l’ENSAE : j’ai pris beaucoup de plaisir lors de mes études. Je me souviens de belles parties de baby-foot à la cafeteria : on travaillait sérieusement, mais sans se prendre trop au sérieux ! un leitmotiv que j’ai retrouvé chez COFIDIS !

Contact : gilles.sauret@cofidis.fr (chantal.nowicki@cofidis.fr)