InVivo est un acteur économique majeur dans l’industrie agroalimentaire. Après plus de dix-huit ans chez le géant américain Cargill , Marilyne Boulaie diplômée de SKEMA BS en 1988, est devenue fin 2011 directeur administratif et financier du groupe InVivo. De la graine de ch angement semée dans un paysage très masculin.

Marilyne Boulaie, (MBA de SKEMA BS 88, DECF du CNAM 92), est Directeur Administratif et Financier du Groupe InVivo

Marilyne Boulaie, (MBA de SKEMA BS 88, DECF du CNAM 92), est Directeur Administratif et Financier du Groupe InVivo

Vous êtes passée d’une multinationale, Cargill, de quelques 140 000 employés à un groupe beaucoup plus petit. Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à rejoindre InVivo ?
J’avais besoin de revenir en France. Je suis issue d’une famille d’agriculteurs et chez Cargill, j’avais travaillé, entre autres, sur les métiers des Grains et de la Nutrition Animale, qui sont deux des quatre pôles d’activités d’InVivo. Par ailleurs, InVivo a beaucoup grandi ces dernières années et son activité à l’international s’est fortement développée suite à l’acquisition du groupe Evialis. Les projets de développement sont encore nombreux et l’ambition du groupe reste grande. Cela nécessite une évolution des fonctions support dont la finance fait partie tant dans l’organisation que dans la professionnalisation de certaines activités. Il faut également développer et mettre en place des process plus efficaces et plus agiles. Telle est la mission qui m’a été confiée. C’est passionnant. Pour ceux qui n’aiment pas la monotonie, qui sont curieux, qui ont un esprit d’initiative, c’est l’entreprise idéale.

 

« Les jeunes ont un besoin d’équilibre
entre leur vie privée et leur vie professionnelle plus important
que nous n’avions,
il y a plus de vingt ans, quand on a commencé à travailler. Ils ont
sans doute raison. »

Vous avez changé non seulement d’échelle mais aussi de culture ?
On peut même parler d’un choc culturel ! Pendant plus de dix ans, je n’avais travaillé que dans des équipes multiculturelles. C’est très enrichissant et dynamisant parce que l’on découvre de nouvelles façons de penser et d’agir. InVivo est une société encore traditionnelle, mais en pleine mutation aujourd’hui. Au siège à Paris, nous sommes 100 % français. Au début, j’ai eu du mal. J’ai réalisé que certains de mes collaborateurs ont tendance à voir toujours leur verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein… Les équipes multiculturelles que j’avais gérées étaient plus positives envers la nécessité de changement et de progrès continu. Dans certains métiers ou certaines fonctions, les relations de travail étaient dans le passé plus hiérarchiques, pas toujours très responsabilisantes, avec peu de tradition de feedback et peu d’échange et de transparence entre les différents services et les différents métiers. La culture du groupe est en train d’évoluer, nos salariés ont besoin d’être accompagnés dans cette mutation. Aussi, l’humain a beaucoup plus d’importance et les relations professionnelles sont plus affectives. Il y a moins de compétition que dans une multinationale anglo-saxonne. On s’inscrit ici dans la durée, le long terme et on ne regarde pas seulement la rentabilité financière à court terme.

 

Qu’avez-vous alors changé dans votre forme de management ?
J’apprends à être plus patiente, à passer plus de temps à expliquer et à écouter mes équipes. Un bon manager, c’est celui qui sait optimiser et développer continuellement les forces de ses salariés. Il doit s’avoir s’adapter et progresser sans cesse.

 

Comment avez-vous vécu le fait d’être une femme dans un secteur, celui du négoce agricole, traditionnellement masculin ?
Quand j’ai commencé chez Cargill, j’étais la seule femme cadre responsable à mon niveau et l’on avait tendance à ne pas me prendre au sérieux. Il a fallu que je travaille beaucoup pour prouver que j’étais compétente. Mais lorsque j’ai fait mes preuves, je n’ai plus eu aucun problème. À mon retour en France, ça a été plus difficile. J’ai l’impression que c’est seulement maintenant, après plus de deux ans, qu’on commence à me faire pleinement confiance !

 

Les chiffres clefs 2011-2012 :
241 coopératives sociétaires qui font d’InVivo le 1er groupe coopératif français
6730 collaborateurs, dont plus de 3900 à l’international
5,7 milliards d’€ de chiffre d’affaires
4 femmes parmi les 32 cadres dirigeants du Groupe

 

MLL

 

Contact : www.invivo-group.com