Managing director Business Unit produits industriels chez Bridgestone, Michaël Codron dispose d’un atout colossal pour comprendre le business, une double formation commerciale et juridique. Cet IESEG 96, titulaire d’un master de juriste d’entreprise de Lille 2001 nous fait partager son quotidien passionnant d’intrapreneur et de coach de l’innovation.  – Par Agnès Malsert-Olivier

 

Qu’est-ce qui vous a attiré chez Bridgestone et vous a fait y rester 20 ans ?

Ce groupe, leader mondial dans le monde du pneumatique, présent dans le nord de la France, m’offrait un job de corporate auditeur orienté vers l’international, job dans lequel je me suis beaucoup amusé. J’imaginais rester 2 ans dans le groupe. On m’a régulièrement proposé de nouveaux challenges, des postes avec des contenus différents. En 20 ans j’ai exercé 8 métiers différents, de l’audit au juridique en passant par la responsabilité d’entités. Depuis 2 ans je pilote la BU produits industriels pour l’Europe.

 

Double formation commerciale et juridique : un atout qui fait la différence ?

J’ai complété ma formation à l’IESEG par un master de juriste d’entreprise, qui m’a permis de m’orienter vers le juridique. Très peu de juristes comprennent réellement comment fonctionne le business, très souvent ceux qui n’ont que cette formation en ont une vision très limitée. Une solide base en business couplée à un complément juridique constitue un avantage colossal et ouvre la voie à davantage de métiers au sein de l’entreprise.

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Comment fédérer et faire rêver autour du pneu ?

En donnant une vision très claire à ses équipes, en transmettant sa passion, en la faisant bouillir. Avec cette passion on peut soulever des montagnes, c’est un vrai bon moteur qui permet de se sentir bien, de s’accomplir dans sa vie professionnelle. Le pneu peut être passionnant si on y met de l’énergie, de la passion, et 100 % des équipes de Bridgestone vivent cette passion.

Quelle est l’ambition de Bridgestone ?

L’ambition de Bridgestone n’est pas seulement de fournir des pneus mais de contribuer à améliorer la mobilité, de répondre aux attentes des différents utilisateurs qui lui font confiance, de leur apporter des solutions, une sécurité, une tranquillité d’esprit, une vision durable : « serving society with superior quality ». Une ambition « glocale » qui se traduit par une stratégie globale et une implémentation locale.

Quels types de talents pour servir cette ambition ?

Nous recrutons plusieurs centaines de personnes par an en France, pour des postes qui couvrent des fonctions très vastes, de l’ingénieur de production à la direction commerciale en passant par toutes les fonctions support. Nous privilégions les gens adaptables, autonomes, à la tête bien faite, qui ont cette curiosité intellectuelle, l’envie de s’impliquer, d’avoir un impact, de relever des challenges différents. Nous sommes très friands des générations Y et Z qui apportent de la vitalité, de l’autonomie, de la fraîcheur et qu’il est important d’intégrer dans nos réflexions, en stage ou en alternance.

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Comment les accompagner ?

Notre cycle annuel d’évaluation reconnaît et récompense la performance. La promotion interne et les passerelles qu’offre la mobilité internationale et fonctionnelle permettent d’accompagner les talents. Les personnes identifiées comme potentiels bénéficient d’un cursus de formation de plusieurs mois à temps partiel qui réunit des managers de différentes parties du monde sur des problématiques business concrètes. Cette formation leur ouvre un champ de perspectives internationales. Le centre de R & D de Rome a développé un programme pour attirer les ingénieurs de tous les pays du monde et générer un choc des cultures.

Patron de business : un véritable intrapreneur

• Le patron de BU s’appuie sur la force du groupe et agit en toute autonomie tel un intrapreneur.
• Il définit la stratégie, dispose des moyens pour entreprendre et s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire et multiculturelle.
• Ses qualités : grande polyvalence, curiosité intellectuelle, envie de comprendre les modes de fonctionnement.
• Ses enjeux : fédérer l’ensemble des énergies autour d’un projet commun, donner une vision claire de l’objectif à atteindre, mobiliser les équipes dans l’exécution des plans et dans le développement de leur capacité à innover.

… Doublé d’un coach de l’innovation

L’innovation est un des piliers de la stratégie d’un groupe leader du marché, qui veut le rester sur la durée. Le responsable de BU doit coacher l’innovation dans l’entreprise, créer un climat, un contexte favorable à l’éclosion des idées des 150 000 personnes du groupe. « L’innovation est un muscle qu’il faut travailler exercer, entraîner, habituer, auquel il faut donner des champs de possibles. » Elle n’a de sens que si elle apporte un mieux vivre aux utilisateurs, qu’on appelle les Boss chez Bridgestone, ils sont au centre des innovations, ce qui se traduit par le slogan « Boss focus ».

 

5 valeurs, en phase avec l’esprit olympique

Involvment            Engagement
Commitment         Implication
Ownership            Appropriation
Teamwork            Esprit d’équipe
Flexibility              Flexibilité

Ces 5 comportements caractérisent l’esprit Bridgestone et correspondent à ce que le groupe attend de ses collaborateurs. Le groupe a totalement embrassé les valeurs olympiques et a signé un partenariat sur la durée avec les JO, qui incarnent « la beauté du sport, la beauté du dépassement de soi, un état d’esprit très respectueux des autres, des athlètes, du public, de l’environnement, très présent dans la culture japonaise. »

Visites d’usines et salons ponctuent la semaine de Michaël

qui passe plus de 50 % de son temps en déplacements. Sa BU regroupe 4 usines en Europe, un centre de R & D à Rome et des filiales commerciales dans tous les pays d’Europe. Il a récemment expliqué aux équipes de ses 2 usines de Bilbao et Santander la stratégie des produits industriels pour les 5 ans à venir. Les réunions avec l’équipe de management ont été complétées par des échanges très interactifs avec l’ensemble des salariés de l’usine. Son prochain grand rendez-vous, un salon professionnel en Allemagne où il donnera une conférence de presse sur l’internet des objets avant de s’envoler pour Tokyo pour une réunion avec ses homologues des autres continents.

Un conseil par rapport à mon parcours
Il n’y a pas de cursus type. Il faut rester ouvert, accepter les challenges même bizarres, compléter sa formation par des apprentissages, chaque expérience est bénéfique. Etre prêt à prendre un certain nombre de risques, la vie n’est faite que de prises de risques et de challenges. Une carrière professionnelle est faite de rencontres, chacun va avoir plusieurs mentors qui vont le marquer, lui faire confiance, le mettre à l’épreuve.

 

L’internet des objets, un sujet passionnant qui permet de motiver et de fédérer

Avec l’internet des objets, le monde de la mobilité est en pleine révolution et ouvre des possibilités considérables. La communication des véhicules avec les pneumatiques et les infrastructures routières va permettre d’améliorer la sécurité et la maintenance prédictive. Le véhicule autonome, en test en Australie avec de gros engins qui roulent sans chauffeur, va également impacter le business model de Bridgestone. Le groupe dont la vocation est de faire rentrer le pneu dans une logique d’économie circulaire développe des pneus capables de vivre 3 à 6 vies avec le rechapage, dont il est le leader mondial avec la marque Bandag. Une manière de contribuer à l’équilibre vital de la planète.

Chiffres clés
150 000 personnes dans le monde, dont 3 700 en France
CA groupe : 31 Mds $
BU produits industriels
CA : 1,5 Mds € sur l’Europe
2 500 personnes

 

Contact :  michael.codron@bridgestone.eu