Enseigne mythique proclamée « chausseur sachant chausser » dès les années 30, la marque André incarne aujourd’hui l’accessoire de mode rêvé par toutes les femmes : une chaussure alliant style, qualité et petit prix. Rencontre avec François Feijoo, Président Directeur Général d’une entreprise riche de son savoir-faire et d’une incroyable énergie.

 

François Feijoo est Président Directeur Général d’André.

François Feijoo est Président Directeur Général d’André.

Une pointure de la mode
Chausseur depuis 1896, André a fait de sa capacité d’adaptation une clé de sa longévité en évoluant constamment en fonction des besoins d’une clientèle impactée par les bouleversements historiques, économiques et sociologiques du 20ème siècle. Hier « chausseur de la famille », l’enseigne est ainsi restructuration osée par François Feijoo et ses équipes lors de sa nomination à la tête de l’entreprise. « En 2005, l’objectif était de trouver un levier permettant de rendre à André sa place de leader. Marque de chaussures la plus connue du grand public, il fallait nous réconcilier avec cette notoriété historique et c’est ce que nous avons fait en alliant des innovations marketing avec une de nos forces de toujours : le savoir-faire. La qualité est un de nos must : deux de nos collaborateurs en sont chargés à plein temps et une de nos chefs de produit a même une formation de bottier. Parallèlement, la créativité est devenue tout naturellement un incontournable en s’illustrant d’abord au travers de nos collections. Nous sommes pourvoyeurs de tendances, nous organisons régulièrement des partenariats avec des marques prestigieuses et nous lançons même des modèles éphémères et complètement inédits comme la ligne « Cat Woman Vs Wonder Woman » qui permettra cet hiver à nos clientes de chausser les bottes de leur héroïne de comics préférée ! En faisant prendre à la tradition un tournant résolument « mode », nous touchons une clientèle intergénérationnelle : quel que soit leur âge, les mères et leurs filles se retrouvent toutes chez André. Cet esprit de renouveau a aussi été insufflé dans nos magasins et dans nos vitrines désormais placés sous le signe du design, de l’élégance et de la mode. Le business modèle d’André peut ainsi se résumer en une phrase : réunir classique et tendance sans jamais concéder sur le style et la qualité ».

 

 

« Se réinventer, ne jamais souffler, même lorsqu’on a réussi : c’est ainsi que je vois la performance ».

Aller toujours plus loin
Ce repositionnement stratégique puise également sa force dans l’incroyable énergie déployée par le management de la marque, tant au siège que dans les magasins. « Il ne suffit pas de dire qu’on change, il faut que ça se voit ! Pour cela, nous nous sommes appuyés sur notre réseau de magasins, le plus qualitatif du marché de la chaussure en France, ainsi que sur le savoir-faire de leurs responsables et de leurs vendeuses. Je suis un homme de terrain : je suis au jour le jour l’évolution des ventes de chaque modèle, dans chaque ville et dans chaque magasin et je me rends très régulièrement dans nos boutiques pour profiter de l’expérience de la vente de mes collaborateurs. Ils me font part des remarques des clientes et me donnent leurs avis sur les modèles et deviennent ainsi de véritables atouts pour ajuster la stratégie de l’entreprise au quotidien. Cette force de vente a d’ailleurs été une de nos meilleures cartes à abattre lorsqu’il s’est agit de faire face à la montée en puissance des sites de vente en ligne. Même si nous ne jouons pas vraiment sur le même tableau (ce sont des purs players alors que nous sommes des détaillants), cette concurrence nouvelle et massive aurait pu nous faire peur. Mais André a une force que tous ces sites n’ont pas : des magasins au coeur des villes qui permettent aux femmes de faire rimer shopping avec moments de pur plaisir ». Car voilà bien la clé de toute la stratégie entreprise par François Feijoo : la rencontre. « Toute ma carrière s’est construite autour de rencontres. Encore aujourd’hui, c’est un élément fondamental qui me permet sans cesse de me challenger. J’ai par exemple récemment fait la connaissance d’une bloggeuse férue de mode qui m’a littéralement impressionné par son point de vue ultra pointu sur nos modèles. C’est ce genre de contact humain qui nous permet sans cesse de nous remettre en cause et d’aller toujours plus loin que notre succès du moment. Se réinventer, ne jamais souffler, même lorsqu’on a réussi : c’est ainsi que je vois la performance ».

 

Le Président, un capitaine passionné
Autodidacte, François Feijoo est un Président passionné, énergique et résolument ancré dans le concret. « Je n’ai pas fait de grande école mais ça ne m’a pas pour autant empêché d’être aujourd’hui à la tête d’une des enseignes de mode grand public les plus connues en France. Bien sûr, cela a pu être un peu frustrant au cours de ma carrière car j’ai souvent du prouver mes compétences deux fois plus que d’autres candidats. Mais je prends également ce parcours comme un atout : il m’a appris à relever des défis, à me faire remarquer pour mes capacités et ma personnalité et a progressivement pouvoir assurer des responsabilités importantes. Cette expérience est d’ailleurs fondamentale à tout Président. Remplir ce rôle, ce n’est pas faire ce qu’on veut quand on veut, c’est savoir prendre des décisions et les assumer. Cela nécessite donc d’être un peu « caractériel », d’oser avoir raison contre tout le monde, d’être capable de s’affirmer contre l’avis de tous. Un Président interagit avec ses équipes mais finalement, il ne délègue pas. S’il doit faire preuve d’écoute, rechercher le consensus en permanence n’est pas pour autant un impératif. Comme le capitaine d’une équipe de foot, il a pour mission de susciter la motivation chez ses coéquipiers, de faire comprendre ses choix et ses orientations stratégiques et d’avoir toujours en tête de tirer le meilleur de chacun. L’énergie, la réactivité, la curiosité intellectuelle, l’échange et la confiance font ainsi partie des qualités essentielles d’un Président ». Pour François Feijoo, ce poste fait enfin appel à une valeur incontournable : l’humilité. « Malgré toute l’ambition qu’on peut avoir, vouloir trop vite « être à la place de » est source d’échec. Même dans ce monde fait d’instantanéité et de volatilité, avoir l’audace de prendre le temps de construire son chemin n’est pas dépassé. Au fil de sa carrière, on découvre toujours qu’on ne s’est pas fait seul et qu’on n’est pas l’unique acteur de sa réussite. Il faut être assez humble pour le reconnaitre et aimer suffisamment les gens pour pouvoir être à son tour une rencontre clé dans le parcours de quelqu’un. Un bon dirigeant n’est pas un ambitieux qui brûle les étapes mais un jeune qui a su prendre son temps pour crever l’écran ».

 

Pas à pas vers le succès
« Si les grandes écoles dirigent leurs diplômés vers des postes à hautes responsabilités, il ne faut pas oublier que c’est l’expérience qui forge un beau parcours. Plutôt que de réfléchir en termes d’objectif final, il est important de réfléchir à un chemin à suivre. Avant de dire qu’on veut devenir un « dirigeant de demain », il est essentiel de prouver ses compétences, de faire ses preuves et d’être suffisamment patient pour s’armer avant d’atteindre l’étape d’après. Ecoute, partage, goût de la rencontre sont des qualités qu’on n’apprend pas en cours mais qui sont pourtant indispensables pour réussir. L’ambition est importante mais elle ne doit pas devenir la seule motivation. Avant de dire qu’on a « fait le tour de son job » un an à peine après l’avoir commencé, il faut accepter l’idée que chaque poste est important et qu’il peut être source de plaisir et d’épanouissement. C’est un processus long mais particulièrement enrichissant, tant au niveau professionnel que personnel. Patienter est la meilleure façon d’apprendre, d’atteindre des responsabilités et surtout de savoir les assumer : on apprend l’expérience par l’expérience ».

 

CW.

 

Contact
f.feijoo@andre.fr