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De belles études, une bonne situation, un salaire confortable : autant de symboles d’un modèle de réussite idéal pour beaucoup. Mais cela ne limite-t-il pas le spectre des chances et des aptitudes de celles et ceux qui veulent s’écarter de ce cadre ? Monique de Kermadec, psychologue clinicienne et psychanalyste spécialiste de la précocité et de la réussite chez l’adulte et l’enfant nous en dit plus.  – Par Clarisse Watine

 

 

Egalité des chances : quèsaco ?

Parvenir à l’égalité des chances c’est donner accès à un système éducatif donnant la possibilité à chacun de pouvoir s’engager dans des études et de développer ses aptitudes. Mais qui dit égalité des chances au niveau scolaire ne dit pas forcément égalité tout court. En effet, le développement des aptitudes (des choses pour lesquels nous sommes doués) ne dépend pas uniquement de l’école. Instaurer l’égalité des chances c’est donner l’opportunité à chacun de développer ses aptitudes.

Quid de l’égalité des aptitudes ?

Des aptitudes par définition protéiformes. « Un étudiant d’une grande école ou d’une université a bien sûr des aptitudes intellectuelles mais il peut aussi développer des talents (artistiques, sportifs…) hors de ses études. Un constat qui sous-entend l’acceptation de la différence car l’égalité des aptitudes ça n’existe pas. Ainsi, essayer d’établir une hiérarchie des aptitudes empêche d’accéder à ce qui est le meilleur pour soi », insiste Monique de Kermadec.

 

Comment développer ses aptitudes ?

Mais cela nécessite bien sûr de reconnaitre et d’identifier ses aptitudes, un travail qui prend racines dès les premières années de la vie. « Si un enfant a un intérêt pour un domaine, quel qu’il soit, il est important qu’il y ait accès pour découvrir d’autres facettes de lui-même. Sans cela, on le prive de découvrir qui il est vraiment. Il revient ensuite aux parents ou à l’entourage de l’enfant de faire un retour sur son talent ou ses performances « l’image qu’on a des capacités de l’enfant étant bien plus complexe que l’image construite par l’adoration parentale », ajoute-t-elle.

 

La réussite n’est pas limitée par son milieu social
« Ce qui est important c’est d’avoir la sagesse d’envisager son développement personnel dans un domaine où on a des aptitudes. C’est en ayant du talent pour un domaine qu’on sort du lot. Entrer par obligation dans une voie consacrée provoque forcément un fonctionnement médiocre. » En un mot : non aux barrières mises à ses ambitions !

Eloge de la « douance »

Parce que des aptitudes plus poussées ne sont pas forcément synonymes de réussite, il est essentiel d’identifier et d’accompagner les personnes qui en sont dotées. « C’est une erreur de les définir uniquement en termes de +. Ainsi, plutôt que de parler d’enfants précoces ou surdoués, il conviendrait plutôt de parler de « douance », même si c’est encore un terme qui fait peur en ce qu’il renvoie pour certains à la reconnaissance d’une supériorité ou d’une réussite systématique. Le mot anglais « gifted » est à mon avis le terme le plus approprié. Etre doué c’est avoir un talent pour quelque chose, y compris pour les études ! » indique Monique de Kermadec. « Il faut penser en termes de besoins : chaque personne est différente et il faut que le système scolaire aide chacun à accéder au meilleur niveau possible de son domaine d’aptitude. »

Et les élites dans tout ça ?

« Si chaque société et chaque époque a sa conception et sa définition de ce que sont les élites, on les perçoit généralement comme des modèles ayant un rôle social important dans la communauté. Notre époque a tendance à penser l’élite sous le prisme intellectuel mais il ne faut pas perdre de vue que d’autres domaines sont disponibles pour donner le meilleur de soi-même. Car c’est quand on investit une démarche avec le meilleur de soi qu’on se donne toutes les chances pour réussir. Oui, on peut être ingénieur du son même si nos parents conditionnent le financement de la formation à l’obtention d’un BTS en comptabilité et oui, on peut s’investir dans une école de cuisine alors qu’on descend d’une longue ligné d’ingénieurs », affirme Monique de Kermadec.

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