Le 4 avril 2017, la CGE, iNNOECO et le Groupe Caisse des Dépôts ont présenté les résultats de leur étude sur l’impact des incubateurs sur l’entrepreneuriat et les dynamiques territoriales, l’occasion également de proposer des pistes d’amélioration aux acteurs de l’innovation.

 

Depuis 2008, l’entrepreneuriat est au cœur des préoccupations des grandes écoles et des universités. Ainsi, 62 % des établissements du supérieur ont mis en place des parcours dédiés à l’entrepreneuriat, 65 % des institutions, qui font partie de l’étude, possèdent un incubateur et 80 % des startups créées au sein de ces incubateurs sont pérennisées au bout de 3 ans, si elles sont bien accompagnées.

 

Les grandes familles d’incubateurs

L’étude de la CGE dessine les contours de quatre grandes familles d’incubateurs :

  1. Les incubateurs imbriqués/ouverts des communautés urbaines, thématisés sur des compétences technologiques qui sont structurants de l’écosystème. Ils ont une forte articulation avec les partenaires locaux.
  2. Les incubateurs ouverts au fonctionnement imbriqué des métropoles régionales thématisés sur des compétences technologiques mais qui ont des interactions limitées avec l’écosystème. Ils ont cependant une articulation avec les partenaires locaux.
  3. Les incubateurs ouverts/fermés au fonctionnement mixte imbriqués/intégrés des métropoles régionales et grandes métropoles, généralistes ou multithématiques qui ont des interactions réduites avec l’écosystème. Généralement, ils sont en forte concurrence avec les nouveaux intervenants.
  4. Les incubateurs fermés au fonctionnement intégrés des grandes métropoles. Ils ont peu d’implication dans le fonctionnement de l’écosystème.

 

Parmi ces grandes familles se profilent deux alternatives :

–       Devenir un acteur spécialisé dans la pré-incubation, centré sur l’expertise de l’établissement. Cette alternative permet de se développer avec des moyens limités et de proposer un parcours entrepreneuriat en coordination avec les opérateurs locaux.

–       Devenir un opérateur de plein exercice, sur le modèle des incubateurs-accélérateurs, en apportant une gamme complète de service (de la pré-incubation à la création et au développement des entreprises). Ce modèle nécessite des moyens importants.

 

Forte de ce constat, la CGE dresse un bilan mitigé. « Les structures étudiées sont professionnelles et performantes, ont un volume d’activité important et des résultats conformes aux meilleurs standards. Cependant, les modèles financiers sont souvent fragiles, les liens entre les incubateurs et les établissements sont à redéfinir et l’intégration dans les écosystèmes est souvent trop limitée », pour Hubert Duault, directeur général et co-fondateur du cabinet iNNOECO, qui a participé à l’élaboration de cette étude.

 

Les facteurs de succès des incubateurs

Lors de la présentation des résultats de cette étude, la CGE a dévoilé quelques conseils pour réussir. Pour Hubert Duault, « ce qui est déterminant, ce sont les facteurs de différenciation qui sont développés par les incubateurs ». Il met en évidence 5 facteurs clés :

  • Promouvoir l’offre d’accompagnement face à la concurrence en valorisant les compétences spécifiques et les ressources des établissements
  • Consolider les savoir-faire
  • Mutualiser autant que possible avec les autres opérateurs du territoire
  • Internationaliser les programmes
  • Valoriser le réseau des alumni

 

Comment se positionner face à la concurrence ?

Comme le précise Hubert Duault : « il n’y a pas de modèle gagnant, tous les incubateurs rencontrent une forte concurrence avec les incubateurs privés et spécifiques ». Pour se démarquer, l’étude propose une liste de préconisations :

  • Aligner la stratégie de développement des incubateurs avec la stratégie des établissements
  • Intégrer les écosystèmes et confirmer le rôle d’acteur du développement économique des territoires en participant à la création de Hubs régionaux pour l’entrepreneuriat
  • Favoriser l’implication croissante des entreprises dans l’entrepreneuriat
  • Développer des modèles opérationnels et financiers adaptés
  • Associer l’ensemble des acteurs de l’incubation pour mettre en place de nouveaux outils partagés au niveau national
  • Créer un label accélérateur qui valorise les facteurs différenciants des établissements d’enseignement supérieur

 

http://www.cge.asso.fr

http://www.innoeco.fr

http://www.caissedesdepots.fr

Pour accéder à l’étude : http://www.cge.asso.fr/actualites/vient-de-paraitre-l-etude-incubateurs-des-eesr-et-dynamique-territoriale-effectuee-par-la-cge