Le décret portant création de CentraleSupélec a été publié le mercredi 31 décembre 2014 au Journal Officiel avec une ambition affichée : devenir un pôle de référence dans le domaine des sciences de l’ingénierie et des systèmes et une école leader dans l’enseignement supérieur et la recherche, classée parmi les meilleures institutions mondiales. Un an et demi après, le directeur de CentraleSupélec présente les points forts de cette nouvelle alliance.

 

Un seul établissement, deux cursus ingénieurs – diplôme d’ingénieur centralien et diplôme d’ingénieur Supélec –, quatre campus, l’école CentraleSupélec a entamé sa transformation. Ainsi, en 2017 le campus de Châtenay-Malabry laissera place à celui de Gif-sur-Yvette, sur le plateau de Saclay, où deux nouveaux bâtiments supplémentaires seront construits. De même, en 2020, l’école délivrera un diplôme unique. Et déjà un seul et même mot d’ordre : « Vivement que l’on soit tous ensemble l’an prochain ! »

 

Un projet pertinent, cohérent et ambitieux

D’ores et déjà, de nombreux projets communs – notamment dans le domaine de la recherche – ont vu le jour, le développement numérique avance et huit grands programmes sont en cours de modifications. « L’objectif de CentraleSupélec est de s’affirmer comme l’un des leaders de l’Université Paris-Saclay, de développer des partenariats avec tous les acteurs du Plateau et en particulier ses voisins du quartier du Moulon, et de générer des projets et des idées nouvelles contribuant au bon établissement et au bon développement de l’université. »

Le modèle opérationnel repose également sur les synergies entre les différentes équipes. Principal challenge : lier les cultures privées et publiques inhérentes à chacune des deux écoles. « Mais maintenant tout le monde se connaît et sera amené à vivre l’an prochain sur le même campus. Il faut prendre nos marques mais les chantiers avancent conformément à notre planning. » Le modèle pédagogique évolue lui aussi à son rythme. Les deux cursus actuels, propres à chaque école, laisseront ainsi place en septembre 2018 à un cursus commun intégrant notamment un projet pluridisciplinaire qui sera construit par les élèves. À la clé : privilégier l’évaluation des compétences à celles des connaissances pour être en phase avec les entreprises.

CentraleSupélec, fusion totale en vue

Une ambition mondiale

Le développement international est l’une des ambitions phares de CentraleSupélec. 30 % d’élèves étrangers, 193 universités partenaires dans 45 pays, 2 campus internationaux à Shanghai et à Casablanca… « En créant CentraleSupélec au sein de l’université Paris-Saclay, les deux écoles se donnent les moyens de réaliser une grande ambition : devenir l’une des institutions de référence à l’échelle mondiale, parce que CentraleSupélec et l’université de Paris-Saclay leur permettront de mener des projets ambitieux qu’elles ne peuvent réaliser seules, et qui garantiront leur avenir. À long terme, notre objectif est que CentraleSupélec soit le nœud central d’un réseau mondial d’implantations interconnectées dans les principaux pays développés et émergents. »

Témoin de cet engagement international, le renouvellement pour dix nouvelles années du partenariat entre Supélec avec l’unité mixte internationale de recherche SONDRA (UMI) qui opère dans le domaine des radars avec la National University of Singapore (NUS). L’école Centrale coopère quant à elle en Chine avec deux Laboratoire Internationaux Associés (LIA) en informatique, mécanique et matériaux. Ces activités s’élargiront à terme à l’ensemble de l’école. Un laboratoire commun entre le campus de Metz et Georgia Tech Lorraine verra ainsi le jour dans le secteur des nanosciences. « En s’imposant comme l’un des piliers de l’université Paris-Saclay, CentraleSupélec réunit tous les atouts pour réaliser son ambition pour le 21e siècle : devenir cette école leader, attractive et rayonnante. Aujourd’hui, nous devons concrétiser l’énorme potentiel de croissance et de réussite que constitue CentraleSupélec, dans le cadre de la construction de son nouveau campus de Saclay mais aussi avec ses campus de Rennes et Metz, à l’international avec un réseau puissant en Chine, en Inde et au Maroc et bien entendu avec la définition du futur cursus ingénieur qui sera déployé à la rentrée 2018. »

 

Devenir un moteur de l’innovation

Comment renforcer sa présence et son influence à l’international ? En créant de véritables synergies avec les principaux acteurs de l’université Paris-Saclay. Ainsi, CentraleSupélec, l’ENS Cachan et l’université Paris-Sud (Paris XI) travaillent sur de nombreux projets communs et mutualisent un grand nombre de ressources : centre de langues, restaurants et résidences universitaires, bibliothèque – centre de documentation…

(c) CentraleSupélec

(c) CentraleSupélec

Le projet mutualiste du Learning Center

CentraleSupélec se veut l’un des maillons forts du nouveau pôle d’excellence scientifique et technologique, et l’un des moteurs du futur Learning Center, projet mutualisé emblématique de l’université Paris-Saclay pensé pour l’ère du numérique. Cet espace hybride entièrement connecté avec son environnement et les autres sites de l’université intègre trois briques : une bibliothèque qui mettra à disposition des ressources documentaires de CentraleSupélec, de l’ENS Cachan et de l’université Paris-Sud sous format papier comme électronique ; un espace dédié aux projets collaboratifs et créatifs ; et un centre de médiation scientifique et d’échanges portée par la Diagonale Paris-Saclay. Le Learning Center offrira les outils adaptés aux différents modes de travail (individuel, collectif, en téléprésence…) et favorisera une dynamique d’échanges entre étudiants, chercheurs, entrepreneurs et habitants. Rencontres, expositions, démonstrations, colloques, débats, séminaires contribueront à la diffusion de l’esprit d’innovation qui caractérise le territoire de Paris-Saclay.

Les établissements partagent déjà certaines équipes comme au sein du laboratoire en physique quantique avec l’ENS Cachan, des laboratoires communs avec Paris 11 et le CNRS dans le domaine de l’automatique et du traitement du signal, et en génie électrique avec Paris 6. De nouveaux projets devraient naître avec la faculté de pharmacie, l’Institut d’Optique Graduate School, l’ENSTA et AgroParisTech. Un centre de calcul est aussi en cours de développement avec l’ENS Cachan. L’idée est la suivante : favoriser le partage de réflexions autour d’une éventuelle collaboration sur tout nouveau projet envisagé par un établissement. Objectif : encourager la convivialité et bâtir l’ingénierie de demain ! « Il faut que les étudiants développent encore plus les aptitudes liées à ce qu’il est convenu d’appeler le savoir-faire et le savoir-être. Lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail, les diplômés doivent être armés pour donner du sens à leur carrière et trouver un équilibre entre ambition professionnelle et ouverture sur l’autre. »

 

L’ingénieur de demain : « De nombreux élèves-ingénieurs et diplômés de CentraleSupélec tentent d’apporter des solutions aux grands enjeux sociétaux du 21e siècle : dans les pays développés, l’accès de tous aux biens et aux services mais aussi, dans les pays en voie de développement, l’accès aux besoins primaires comme se nourrir, se soigner, se loger, se déplacer, se chauffer ou communiquer. Pour ceux qui se sentent une fibre d’entrepreneurs ou d’innovateurs, il importe d’acquérir les compétences humaines et managériales qui leur permettront de s’adapter et de s’émanciper dans un métier ouvert aux autres, souvent dans des contextes culturels et d’entreprise différents de ceux auxquels ils accédaient traditionnellement. À cet effet, les équipes pédagogiques de CentraleSupélec proposent des formations ouvertes sur l’entreprise et l’international et les grandes problématiques auxquelles se confronte l’humanité aujourd’hui. L’Ecole forme des ingénieurs qui seront capables de faire face et de résoudre les plus grands défis scientifiques, techniques et industriels dans une approche résolument humaniste. »