Spécial Président(e)s

 

Le fret ferroviaire et la navigation fluviale constituent deux moyens de transports Français que Thierry Mariani, ministre des Transports, s’emploie à développer afin, notamment de réduire les émissions de gaz à effet de serre qui constituent un des défis majeurs de ce siècle.

 

Thierry Mariani, ministre des Transports

Thierry Mariani, ministre des Transports

Quels sont les points significatifs des efforts que vous avez mis en oeuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en matière de transport ?
Afin de répondre à l’objectif de la loi Grenelle I publiée en août 2009 de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre pour 2020, l’Etat s’est par exemple engagé en faveur du développement des transports collectifs urbains. Ce sont ainsi plus de 1000 km de lignes nouvelles qui seront en travaux jusqu’en 2013 hors Ile de France. Nous avons, par ailleurs, lancé en une année, près de 800 km de nouvelles lignes à grande vitesse et nous nous sommes engagés à la construction de 2000 km supplémentaires d’ici 2020. Nous avons également franchi une première étape pour le transport fluvial avec le lancement, en avril dernier, du dialogue compétitif pour la signature du contrat relatif à la construction du canal Seine Nord Europe. Les premiers résultats de fréquentation de l’autoroute de la mer Nantes- Gijón, inaugurée le 16 septembre 2010, et dont le trafic a triplé en moins d’une année, sont de même un encouragement à poursuivre dans cette voie. La démarche nationale des engagements volontaires de réduction des émissions de CO2 s’est par ailleurs poursuivie cette année. Plusieurs entreprises du transports routiers, représentant déjà plus de 58 000 véhicules, ont en effet signé, le 20 septembre dernier, des chartes d’engagements volontaires dans le cadre de la démarche « Objectif CO2 » les transporteurs s’engagent ». La publication, le 25 octobre dernier, du décret relatif à l’affichage des émissions CO2 de chaque trajet par l’ensemble des opérateurs de transport de personnes et de marchandises représente également une nouvelle avancée. La signature du contrat de partenariat relatif à la taxe poids lourds, le 20 octobre dernier, marque aussi une avancée décisive en faveur du report modal. Enfin, le lancement, en octobre 2009, du plan gouvernemental de 400 millions d’euros pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables, ainsi que la mise en place du dispositif « bonus-malus écologique », ont déjà permis le passage des émissions moyennes des véhicules neufs immatriculés en France de 149 g de CO2/km en 2007 à 130 g de CO2/km en 2010.

 

Le fret ferroviaire étant le maillon faible de la SNCF dans les services qu’elle rend aux entreprises, quelles actions envisagez-vous pour assurer son développement ?
Toujours dans le cadre du Grenelle de l’environnement, le Gouvernement a choisi de soutenir ce secteur au travers de l’engagement national en faveur du fret ferroviaire. Mis en oeuvre depuis deux ans, il constitue le cadre fédérant pour l’ensemble des actions portées par l’État, le gestionnaire du réseau ferré ainsi que les entreprises de transport ferroviaire. Ce programme d’actions touche à la fois à l’amélioration de l’infrastructure, par la définition d’un réseau orienté fret, et à des secteurs de développement porteurs, comme les autoroutes ferroviaires et le transport combiné. Le premier bilan que l’on peut en dresser est satisfaisant, même s’il faut admettre que le fret reste, à court terme, pénalisé par les problèmes de qualité des sillons, dans un contexte de forte augmentation des travaux sur les infrastructures. De son côté, la SNCF met en oeuvre, depuis l’automne 2009, un nouveau schéma industriel afin d’assurer le redressement financier de l’activité et rendre son offre de transport plus compétitive. Ce n’est qu’à cette condition que le report modal deviendra plus attractif.

 

Le grand projet de rénovation de la navigation fluviale aura-t-il un impact significatif sur le transport de fret français ?
Le Grenelle de l’environnement a fixé des objectifs ambitieux dans ce domaine : renforcer le report modal vers la voie d’eau et faire évoluer la part du transport non routier et non aérien de 14 % à 25 % à l’échéance 2022. Pour réaliser cet objectif, le Gouvernement a fait du développement du transport fluvial une de ses priorités. Aussi, afin de mieux répondre aux besoins des professionnels français et européens et leur permettre de gagner en productivité, le projet en faveur de la voie d’eau porté par le Gouvernement comprend un important programme d’investissement de 840 millions d’euros sur la période 2010-2013 afin de sécuriser et moderniser le réseau, en mettant l’accent sur le réseau principal qui concentre 95 % des trafics. Je tiens d’ailleurs à souligner que le transport fluvial a enregistré d’excellents résultats au cours de ces dernières années, dans un contexte pourtant marqué par la crise économique. En 2010, les trafics du fret ont en effet connu une progression de 8,6 %, dépassant pour la première fois, depuis les années 1970 les 8 milliards de tonnes/kilomètres par an.

 

Un nouveau cadre institutionnel
Le soutien à l’activité du fret fluvial passe également par la mise en place d’un cadre moderne et compétitif. C’est l’objet du projet de loi que j’ai défendu avec Nathalie Kosciusko-Morizet le 18 octobre dernier au Sénat. Il s’agit de regrouper, au 1er janvier 2013, les quelques 400 salariés de Voies navigables de France (VNF) et les 4 000 agents des services déconcentrés, au sein d’une nouvelle entité. Ce regroupement permettra l’émergence d’un établissement fort pour soutenir le développement du transport fluvial sur le réseau à grand gabarit, mais également le développement du transport fluvial touristique et permettra d’offrir un service de qualité, mieux adapté aux attentes des usagers.

 

Patrick Simon