Le 9 juillet 1964, le Général de Gaulle inaugurait le nouveau campus d’HEC Paris à Jouy-en-Josas. 55 ans plus tard, c’est à Martin Duplantier (HEC 03), architecte et maître d’ouvrage, de présenter l’évolution de cet espace d’études visionnaire. Petite visite guidée pour découvrir les nouveautés !

 

« La jeunesse intelligente, éclairée, entreprenante, qui entre dans cette école après un concours difficile et qui en sort après 3 ans d’études étendues et approfondies, est appelée, j’en suis convaincu, à encadrer et à conduire une des plus fécondes réussites de son temps. Celle de la France comme grande puissance économique moderne au sein d’une Europe qui doit s’unir et d’un monde qui éprouve le désir du progrès », déclare solennellement le président de Gaulle à la cérémonie d’ouverture du site de Jouy-en-Josas.

Le désir de progrès justement, c’est ce qui a amené l’équipe d’HEC Paris à repenser son campus, un demi-siècle après son installation. « Pour réaffirmer l’identité de l’école : à la fois hyper locale et très connectée aux dynamiques mondiales », justifie Martin Duplantier, l’architecte en charge du projet.

Ici, c’est pas Paris

Pas d’autoroute, peu de trains. Un campus à 20 km de la capitale, parmi les champs et les paysans, ce n’était pas gagné. Et pourtant HEC Paris l’a fait ! De la rue de Tocqueville à Jouy-en-Josas, l’école des hautes études commerciales se décentralise dans un bois de 130 hectares. Sorte de petit village isolé, influencé par les business schools américaines.

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Martin Duplantier

Immense, il permet d’accueillir plus d’élèves, d’étayer son portefeuille de formations et de développer des outils technologiques. Comme son centre de calcul doté d’un IBM 360 dès 1968. Ultra-moderne pour l’époque. Mais les modes de vie et d’apprentissage ont évolué à vitesse grand V. Le parc universitaire un peu moins. Depuis 10 ans, l’architecte Martin Duplantier accompagne HEC Paris pour remédier à la situation. « Moi-même ancien élève de cette grande école, je suis bien placé pour comprendre ce que les étudiants attendent de ces transformations », souligne-t-il.

Rénovations et innovations

En 2012, en collaboration avec le cabinet David Chipperfield Architects, Martin Duplantier a créé à l’entrée du campus HEC un nouveau bâtiment de 126 mètres réservé à l’administration et aux MBA. Le nom est sobre : bâtiment S. Béton brut, grandes baies vitrées, façade en métal dorée qui joue avec la lumière, l’édifice a des allures nobles et futuristes. Une écriture architecturale simple mais efficace.

 

« Nous avons surtout tourné la réflexion de ce bâtiment autour des besoins des étudiants et du rapport entre eux. Avec les outils numériques et la dématérialisation du travail, ils veulent parfois s’isoler pour se concentrer dans des espaces informels et parfois se retrouver ensemble dans des espaces collectifs décloisonnés. »

 

Au tournant d’un couloir, des chaises, des tables et des prises.  Pour brainstormer, des bulles de travail colorées ont également été conçues. La cerise sur le gâteau, c’est cet incubateur pensé par et pour tous les étudiants à l’âme entrepreneuriale. Plus d’excuses pour ne pas lancer son projet !

Planète habitée

Ce microcosme universitaire est habitable et habité par la communauté étudiante. Assez désuètes, les résidences avaient aussi bien besoin d’un petit coup de frais. Au total, 1 032 logements rénovés sur les 1 800 proposés aux étudiants de près de 100 nationalités différentes pour une demande de près de 2 000 logements.

Agréable, lumineux et fonctionnel étaient les maître-mots de ce projet de rénovation. Des studios de 18 m² avec balcon, vu sur la verdure. Pour Martin Duplantier, il était important de « conserver le lien avec la nature, souhait de départ lors de l’installation d’HEC Paris à Jouy-en-Josas ». Ceux-ci déjà conquis, d’autres studios ouvriront leurs portes en juin et septembre 2019.

Enseignement du futur

Le nouveau campus d’HEC Paris sera une conception contemporaine de l’enseignement du futur ou ne sera pas. Toujours en avance sur son temps comme le disait le Général de Gaulle, l’institution se projette. « Notre principal but : accueillir les nouveaux usages, se transformer en conséquence et servir de référence pour les années à venir », précise l’architecte. Passé/présent, rural/urbain, traditionnel/numérique, le campus d’HEC Paris se veut être un modèle d’architecture plein de contrastes au service de la nouvelle génération.