Des fournisseurs d’accès à internet (FAI) aux éditeurs de logiciel, en passant par les entreprises de service du numérique, les concepteurs de jeux vidéo ou les sociétés spécialisées dans la sécurité, les entreprises du numérique sont aujourd’hui les acteurs clés de l’économie française et internationale. En 2017, ils représentaient un marché de 53,9 Mds€ et 447 000 emplois en France (1). Aujourd’hui, les organisations spécialisées dans l’automatisation, l’intelligence artificielle, la blockchain et les algorithmes sont au cœur de la transformation de la société. Quels enjeux et quelles opportunités ? Coup de projecteur sur un business qui explose avec Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique.

 

En 2017, le secteur du numérique créait de l’emploi pour la 7e année consécutive avec plus de 19 000 créations nettes (2). Conclusion de cette croissance continue : l’industrie devient le nouvel eldorado de l’emploi pour les jeunes diplômés… mais pas que ! Outre la création nette d’emploi, le numérique est un également un important vecteur de réinsertion. « En 4 ans, nous avons travaillé avec Pôle Emploi pour permettre à 15 000 demandeurs d’emploi de suivre une formation et d’être recrutés par les entreprises du secteur. » Et ce n’est pas tout ! Le numérique, c’est aussi une croissance continue et supérieure au PIB depuis 2010 et 90 % de CDI ! Un domaine de rêve donc ?

Quel futur pour les acteurs du numérique ?

Et si le secteur recrute autant, c’est avant tout pour faire face aux nouveaux enjeux de cet univers qui sont de plus en plus nombreux. « Alors qu’auparavant, une innovation en remplaçait une autre, aujourd’hui, elles s’additionnent. Notre challenge est de réussir à développer les compétences pointues pour pouvoir les appréhender tout en continuant à maîtriser les innovations passées. » Désormais, les acteurs du numérique font face à l’arrivée SMACS pour Social, Mobilité, Analytics/Data, Cloud et Sécurité, qui représentent 25 % du business du numérique. Des innovations complétées par l’arrivée des IoT !

Données, sécurité, une mine d’opportunités

De nouvelles technologies qui appellent de nouvelles compétences donc. « Avec des technos comme la blockchain, le cloud s’oriente vers un modèle plus distribué. Pour pouvoir repenser les réseaux, nous avons besoin d’architectes qui sauront pleinement se saisir des vagues numériques. » Mais le secteur du numérique représente aussi une mine d’or pour les métiers de la donnée au cœur des enjeux de la transformation numérique. Aujourd’hui, le monde a besoin de data scientists, de data analysts et d’ingénieurs capables de gérer les problématiques de cybersécurité. Avec l’arrivée des IoT, de la 5G, les spécialistes des réseaux sont également très plébiscités. Tous ces acteurs doivent être guidés par une même quête : celle de l’innovation et de la prise de risque.

<Protocole>Transformation des sociétés</Protocole>

Le numérique, ce n’est pas seulement la transformation des usages et des métiers, c’est également un profond changement dans les organisations elles-mêmes. « Le digital impulse un mode agile. Au sein d’organisations historiques, il faut entièrement se repenser et remettre en cause des modèles très anciens pour casser les silos. » Et le rôle du manager se transforme aussi ! « Il devient un véritable coach. C’est un challenge pour les écoles d’ingénieurs de diplômer des spécialistes des technologies qui comprennent les problématiques actuelles : quête de sens au travail, esprit collectif… » Mais le numérique a également un impact global sur tous les secteurs. Le rapport « Automatisation, numérisation et emploi » du Conseil d’orientation pour l’emploi identifie par exemple une transformation majeure du secteur industriel, avec de nouveaux besoins, notamment en robotique (4). « Le numérique est créateur d’emplois dans l’économie en général. Dans la banque, par exemple, nous savons qu’à terme, moins de la moitié des métiers actuels existeront toujours. Et pour évoluer, il faut changer ses postures. Pour cela, une seule solution : faire appel à des ingénieurs spécialistes du secteur. Les entreprises qui ne sont pas capables d’opérer cette transformation ne pourront pas survivre à la vague numérique. »

Le paradoxe numérique

Mais cette révolution a fait émerger un paradoxe : les entreprises qui ont les moyens de prendre le virage digital ne sont pas les plus favorisées par la vague numérique. En effet, dans des secteurs comme la banque où de nombreuses contraintes pèsent sur les grands groupes, le business évolue, favorisant de petits acteurs plus agiles.

Pour Godefroy de Bentzmann, ce paradoxe s’explique en partie par le fait que les organisations actuelles n’ont pas les clés pour se transformer. « Les quatre leviers de la transformation numérique sont :

  • la mise en place d’un modèle cloud et data driven
  • la prise en compte des communautés et de l’UX
  • l’adoption d’un management plus agile et plus lean
  • une grande capacité à être ouvert et à partager les informations.

 Ce sont des notions qui sont natives chez les GAFAM, mais qui ne sont pas présentes au sein de tous les grands groupes. »

ESN save the day !

Pour se réinventer, les grandes entreprises peuvent compter sur le soutien des ESN, pour Entreprises de Services Numériques, qui les accompagnent dans la transition digitale. Elles sont la clé pour permettre aux grands groupes anciens de rester compétitifs. « Les ESN sont un secteur neuf, en pleine mouvance et dynamique. Elles sont les plus à mêmes d’accompagner les entreprises dans le positionnement sur les sujets à fort impact, comme les SMACS. » Et ce business de l’accompagnement digital et de la sécurité est en plein boom ! Outre les opportunités d’emploi dans le secteur du numérique ou dans la transformation des industries, les ESN recrutent de nombreux jeunes diplômés. Fort du développement de nouveaux outils comme le big data, le cloud… ces entreprises de service du numérique ont augmenté leur CA de 72 % en 2017 (3) !

Qui sont les futurs GAFAM ?

Aujourd’hui, Godefroy de Bentzmann est persuadé que les futurs challengers sont ceux qui seront capables de produire des services. « Pour réussir, il faut se positionner sur ce créneau qui répond parfaitement aux attentes du marché ! Dans des secteurs comme celui de la banque, les startups vont devenir des spécialistes d’un élément de la chaîne, comme l’épargne. Ce sont celles qui réussiront à évoluer face au digital et ainsi attirer tous les consommateurs. » Mais tout n’est perdu pour les grands groupes dans cette bataille du numérique. En effet, l’intrusion des IoT au sein du quotidien, les données récoltées par les grandes entreprises et les questions de cybersécurité sont autant de sujets qui soulèvent une problématique à laquelle font face les GAFAM actuellement : la confiance. « C’est une notion importante pour les consommateurs qui auront tendance à se diriger vers des entreprises qu’ils connaissent. Par exemple pour la banque, les clients sont les premiers à reconnaître que leur argent est mieux géré par les grandes structures que par les nouveaux challengers. De manière générale, ils font plus confiance à ces acteurs qu’aux GAFAM. »

Sources :

(1)(2)(3) Étude Syntec Numérique 2018

(4) Rapport Automatisation,  numérisation et emploi du Conseil d’orientation pour l’emploi

 

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