Etablissement public à caractère industriel et commercial, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) travaille à la préservation et à la gestion des ressources et des risques du sol et du sous-sol, dont les ressources en eau, en France et dans le monde. Nathalie Dörfliger, (Dr es Sc. Université de Neuchâtel 96), Directrice de la direction Eau, Environnement et Écotechnologies, encourage les femmes à rejoindre ce pôle d’excellence aux expertises multiples.  – Par Fanny Bijaoui

 

© BRGM

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Un enjeu clé : la protection de l’environnement

À la tête d’une Direction opérationnelle depuis quatre ans, Nathalie Dörfliger a fait toute sa carrière au sein du BRGM, un organisme qui œuvre depuis 60 ans, à l’élaboration de solutions durables pour l’eau. « L’objectif de la direction Eau, Environnement et Écotechnologies est d’apporter des solutions à un grand nombre de questions relatives à la protection de l’environnement. Cela consiste notamment à valoriser les matières premières primaires et secondaires ou à limiter l’impact environnemental des déchets miniers. Nous savons que la nature est complexe, tout comme le milieu souterrain. Notre mission est de conceptualiser cela en équations scientifiques. » Des thèmes qui résonnent particulièrement  à l’heure où le changement climatique et la raréfaction des ressources en eau concernent des millions de personnes dans le monde.

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Un management à la touche féminine ?

Seule femme à la tête d’une division technique issue de métiers des géosciences, Nathalie Dörfliger plébiscite un management de proximité pour diriger les 150 collaborateurs répartis dans les sept unités de sa direction. « Mon rôle est d’élaborer une stratégie opérationnelle et de la défendre afin que chacun trouve sa place et monte en compétence. Sur les 150 personnes, il y a 40 % de femmes et 60 % d’hommes. Ce qui m’intéresse, c’est l’aspect collectif et de tout mettre en œuvre pour avancer ensemble. Il faut savoir faire confiance, ne pas vouloir tout contrôler et accepter que chacun travaille à sa manière. Il ne s’agit pas de se mettre dans des habits d’hommes, mais d’apporter une sensibilité différente à la gestion des dossiers. Au sein de ma direction, il y a des unités où il y a pratiquement la parité entre hommes et femmes au niveau des ingénieurs cadres. Le secteur de l’environnement séduit beaucoup les femmes qui ont toute leur place dans des projets d’envergure et aux postes clés. Le principal est d’être passionnée par les géosciences et par son métier. » Si le BRGM n’a pas mis en place un accompagnement spécifique pour la gent féminine, la Directrice assure que l’entreprise reste en alerte constante sur ce sujet.

« Les femmes sont souvent en première ligne dans les entreprises pour faire changer les choses, même si elles sont une toute petite minorité »

 

L’hydrogéologie, un secteur ouvert

Pour la directrice, le BRGM attire les talents car il travaille sur des problématiques de société avec des approches pluridisciplinaires. « Il y a différents métiers : géologues, géophysiciens, géochimistes, microbiologistes, économistes, hydrogéologues, ingénieur procédés… avec une activité de R&D, d’appui aux politiques publiques et à l’international. » Si dans les années 80, les femmes n’étaient pas légion dans la discipline, les choses ont changé. « Lorsque j’ai fait mes études de géologie en Suisse, il y avait trois filles dans une promo de neuf personnes. Et en hydrogéologie, j’étais la seule à soutenir une thèse. Aujourd’hui, au sein du BRGM, le rapport femmes/hommes au sein des hydrogéologues est de 0,87 pour une population de quelques 112 personnes , ce qui n’est pas si mal. » Pour la responsable, c’est à chacun de faire évoluer les mentalités. « Il ne faut pas mettre en opposition le collectif des femmes contre celui des hommes. C’est ensemble que l’on changera les choses. »

 

Chiffres clés :
• 1035 collaborateurs
• 700 ingénieurs et chercheurs
Budget de 140 M €

 

Contact :  n.dorfliger@brgm.fr