Passionnée par l’agroalimentaire, c’est en étant persévérante, curieuse et ouverte aux autres que Marie Grimaldi (ESC Toulouse 91, Master ESSEC 92), Directrice générale de LBC, a su réaliser la carrière dont elle rêvait, sans mettre de côté sa vie familiale.  – Par Aurélie Nicolas

 

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’industrie agro-alimentaire ?

J’ai choisi ce secteur par envie, et aussi par curiosité. C’est un secteur sociétal, miroir de ce que nous sommes à travers ce que nous consommons, imprégné de la culture et des saveurs de chaque pays où nous sommes présents. Par conséquent, un secteur qui reflète bien les évolutions culturelles et identitaires. Par exemple, on assiste aujourd’hui à une recherche forte d’authenticité et de traçabilité dans l’alimentation. C’est passionnant car cela oblige à englober toute la chaîne de valeur, des achats à la distribution en passant par la production et le marketing. Le Directeur Général doit piloter en cohérence l’ensemble de cette chaine pour répondre à ces nouvelles attentes.

© Photo Arnaud Vareille

© Photo Arnaud Vareille

Quel était le point commun des marques que vous avez pilotées durant votre carrière ?

J’ai passé 15 ans chez Mondelez entre le marketing et le commercial, d’abord dans les gommes (Malabar), puis le chocolat (Milka, Toblerone, Rocher Suchard) et enfin les cafés avec Carte Noire et Jacques Vabre. Au sein de PepsiCo, j’ai dirigé les marques Tropicana, Pepsi, Lipton Ice Tea… A chaque fois, le challenge était d’innover, de relancer les marques au plus près des valeurs sociétales du moment, au plus près de la culture du pays, et de faire exploser les ventes : des années très riches ! Aujourd’hui, je supervise les marques Bordeau Chesnel, Saint Agaûne et Coraya. Nous axons notre développement sur les produits « prêts à manger », sains, gourmands et pratiques, très à la mode à l’ère du snacking, à la fois en France et en Europe de l’Ouest.

 

Dans quel état d’esprit accompagnez-vous les jeunes cadres qui arrivent ?

Je crois beaucoup à la pluralité des expériences : il serait triste et dangereux pour un jeune de ne connaître qu’une seule entreprise, une seule catégorie de produits ou un seul métier. J’encourage donc le décloisonnement et les évolutions transversales au sein du groupe, en les dirigeant là où leurs forces pourront le mieux s’exprimer, car c’est là qu’ils seront les meilleurs.

© Photo Arnaud Vareille

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Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes qui s’apprêtent à rentrer dans la vie active ?

• Suivre son instinct et faire ce qu’on aime,
• Cultiver ses passions en dehors du travail,
• Chercher un vrai équilibre pro/perso pour tenir sur la longueur

© Photo Arnaud Vareille

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Quelles sont les qualités nécessaires pour réussir sa carrière, particulièrement en tant que femme ?

Selon moi, la réussite n’est pas individuelle mais le résultat d’un ensemble de rencontres : un conjoint solidaire, des patrons d’exception, des collaborateurs passionnés, des bons mentors, et toute sorte de rencontres improbables qu’il faut savoir provoquer par esprit de curiosité. Dans mon cas, j’ai la chance d’avoir eu tout ça. Les jeunes femmes ont tendance à moins développer leurs réseaux, or c’est essentiel pour progresser. Elles doivent oser s’exprimer, être curieuses et aller vers les autres. Je pense que la chance sourit aux personnes sincères et curieuses.

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?

Un de mes mentors m’a dit un jour : ne te laisse pas impressionner par la complexité, utilise ton bon sens, recherche la simplicité et la quintessence en toute chose. Cela m’a beaucoup libérée.

 

Son jardin secret :
Passionnée de typographie et de lecture, j’ai conservé ce goût pour la précision et l’esthétique. Côté sportif, la pratique de la natation cultive la ténacité.

 

Sans compromis :

Mère de 3 enfants, elle a refusé un poste de Président des Jus chez PepsiCo à New-York pour rester près d’eux.

 

« Instant RH » : Un management positif
J’ai retenu de mon expérience anglo-saxonne qu’il vaut mieux encourager les points forts de ses collaborateurs que de relever leurs points faibles. Le tennisman Ivan Lendl n’a jamais autant gagné de tournois que le jour où il a arrêté d’essayer d’améliorer son revers, pour se concentrer sur sa force : le coup droit.

 

Son leitmotiv :

Croire en son étoile

 

Contact : 
marie.grimaldi@l-b-c.fr (amale.bouzrara@l-b-c.fr)