Contraction de Bombay et d’Hollywood, ce segment du cinéma indien a pour ambition de copier les codes hollywoodiens et produit, donc, des films « commerciaux ». Depuis Raja Harishchandra de Dadasaheb Phalke, premier film indien, sorti en 1913, la production bollywoodienne est devenue prolifique. Elle atteint, aujourd’hui, des niveaux record avec près de 250 films produits par an. Mais remontons aux prémices du cinéma indien, et plus précisément de Bollywood. Jusque dans les années 1960, la majorité des films produits à Bollywood étaient des mélodrames. Les réalisateurs décidèrent, ensuite, de se concentrer sur les romances et les films d’action. Vers les années 1970, les films noirs s’imposent pour à nouveau laisser place aux comédies romantiques et familiales, dès 1990.
Malgré tout, le scénario d’un film de Bollywood varie souvent assez peu : il s’agit généralement d’une histoire d’amour contrariée. Mais, contrairement aux productions américaines, les films ne se finissent pas toujours par un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Ce qui confère un charme tout particulier aux films indiens c’est, justement, leurs fins surprenantes. C’est, d’ailleurs, grâce à sa fin inattendue que Titanic a connu un relatif succès en Inde, alors que  étaient passés, et passent encore, inaperçus. La palette des personnages est, également, constante. On retrouve les deux héros : un jeune homme courageux et une jeune femme aimante et attachée aux traditions, mais aussi un père sévère, qui fléchit pourtant au fur et à mesure du film, et une mère fidèle et protectrice. De plus, les films sont le plus souvent musicaux.Les morceaux permettent aux personnages de l’histoire d’évoquer des thèmes encore tabous dans leur tradition comme la sexualité, ou même la sensualité. Les protagonistes ne s’embrassent jamais, ils déclarent leur amour en chanson. Aujourd’hui, Bollywood est devenue une industrie internationale. Un véritable star-system a émergé en Inde, et les acteurs phares peuvent toucher plus d’1 million d’€ par film. Des maisons de production, telles que Yash Raj Films ou Dharma Productions, ont été crées et cherchent Ashutosh Gowariker, sorti en 2001 et nommé aux Oscars en 2002. Pour faciliter cette mondialisation de la production bollywoodienne, les codes traditionnels de Bollywood se sont assouplis. Ainsi, les réalisateurs peuvent, désormais, inclure des scènes de baisers dans leurs films et les acteurs peuvent porter des tenues occidentales. L’industrie du cinéma indien cherche, de plus en plus, à imiter le travail d’Hollywood. Ainsi, comme il n’existe aucun système de copyright en Inde, certains films ne sont que de pures et simples copies de films américains. Murder, réalisé par Anurag Basu et sorti en Inde en 2004, est, par exemple, la transposition d’Unfaithful, film américain avec Richard Gere et Diane Lane, sorti en 2002. Bollywood s’apprêtant à fêter son centenaire, le Festival International de Marrakech (du 30 novembre au 8 décembre 2012) a choisi de lui rendre hommage, pour sa douzième édition. La délégation indienne est présidée par le mythique acteur Amitabh Bachchan. Ce dernier a, en effet, joué dans plus de 200 films. La cérémonie d’hommage a eu lieu samedi 1er décembre et les festivaliers et amateurs des films hindis ont été conviés chaque soir sur la place Jemaa El Fna, à des projections en plein air d’avant-premières et de films récents de Bombay.

 

Manon de Barjac
(promo 2015)