Chez BNP Paribas Securities Services, les équipes sont motivées par un objectif fort : « être global, penser global, agir global ». A la tête de cette entreprise de plus de 8 000 collaborateurs répartis dans 34 pays à travers le monde, aujourd’hui n°5 mondial du métier titres, Patrick Colle, ESSEC 1982, nous explique les fondamentaux de son métier et la stratégie mise en place pour le développer.

Patrick Colle (ESSEC 82), Directeur général de BNP Paribas Securities Services

Patrick Colle (ESSEC 82), Directeur général de BNP Paribas Securities Services

Une banque commerciale au service des investisseurs institutionnels
Plus de 7 000 milliards d’euros d’actifs conservés dans ses portefeuilles titres, plus de 53 millions de transactions réalisées en 2013 à travers le monde : BNP Paribas Securities Services oeuvre pour des clients pas comme les autres. Son fonctionnement n’est pourtant pas si éloigné de la banque de détail, mais la différence de métier se joue sur la taille des portefeuilles qui lui sont confiés. Ses clients sont de grandes institutions financières : fonds de pension, fonds souverains, assurances ou banques d’affaires, pour qui cette filiale à 100 % de BNP Paribas conserve et administre les comptes titres. « Attention, nous ne sommes pas une société de gestion », précise son Directeur Général, Patrick Colle. « Le métier titre, celui de conservation et d’administration de comptes, est très spécifique et totalement mondialisé. Aujourd’hui, nous sommes le n°5 mondial et le 1er européen, sachant que les 4 premiers sont tous américains. Nous comptons bien progresser rapidement dans ce classement ! »

 

« Nous sommes
la banque
commerciale des grandes institutions financières »

Une stratégie de développement conduite par un large effort de globalisation
A son arrivée à la tête de BNP Paribas Securities Services il y a 4 ans, Patrick Colle a eu coeur de mettre en place une stratégie poussée de globalisation, pour se donner les moyens de passer d’un acteur européen à un acteur « résolument et totalement global. » Un objectif qu’il défend et promeut quotidiennement. « Cette stratégie suppose d’étendre notre périmètre d’activités à toutes les régions du monde, ce qui est fait. Puis de s’organiser en interne pour gérer l’activité de façon globale, avec des directeurs de lignes de métiers mondiaux, ce qui a également été mis en place. Notre volonté étant que tous nos clients aient la même expérience de service à travers le monde, et que nous puissions les suivre dans tous les pays où ils opèrent. La propre globalisation de nos clients nous pousse en ce sens », souligne Patrick Colle.

 

Comment envisagez-vous aujourd’hui, à la lumière de votre expérience, votre poste de Directeur Général chez BNP Paribas Securities Services ?
Paradoxalement, en sortant de l’ESSEC, je ne voulais surtout pas être banquier ! Voilà l’illustration d’un des principes à suivre pour réussir sa carrière : ne pas rester piégé par ses a priori, savoir se remettre en question. Après un poste de ventes internationales aux Grands Magasins du Printemps, j’ai eu l’opportunité de rentrer chez JP Morgan où je suis resté 20 ans. Et j’ai découvert que les métiers de la banque étaient tout aussi variés que passionnants. Aujourd’hui, mon métier de Directeur Général suppose de savoir définir une vision et une ambition pour l’entreprise, de motiver les équipes autour de cette ambition, et d’en assurer l’exécution. Pour ce qui est plus spécifiquement de l’orientation que nous souhaitons donner à BNP Paribas Securities Services, c’est évidemment devenir la marque numéro 1 mondiale du métier titre. Nous avons articulé cette stratégie en 4 leviers. Un, devenir complètement global et être considéré comme tel, ce que nous avons obtenu dès l’année dernière. Deux, grossir en taille pour faire partie du top 4, ce dont nous ne sommes plus très loin. Trois, être reconnu comme l’innovateur par excellence dans cette industrie, en proposant sans cesse de nouvelles solutions et de nouveaux produits. Quatre, être l’entreprise dans laquelle les gens désirent travailler dans ce métier. Un effort qui a été illustré dernièrement par de grosses embauches très séniors. Notre mot d’ordre interne résume tout cela très bien : « one team, one ambition. »

 

Quels sont les grands défis qui se posent au métier titre aujourd’hui ?
Nous devons répondre à deux principaux défis. Le premier concerne la taille de notre activité. Nous devons avoir une taille élevée afin de rester rentables et compétitifs, d’où notre stratégie de globalisation et d’acquisition. Ce développement nous permettra également de pouvoir accompagner nos clients partout dans le monde. C’est une industrie qui a tendance à se resserrer sur quelques gros acteurs. Le deuxième challenge réside dans l’afflux gigantesque et permanent de nouvelles réglementations partout dans le monde. Ce mouvement, qui pourrait paraître contraignant, nous permet en réalité d’innover constamment en proposant de nouvelles solutions pour aider nos clients à anticiper et gérer les impacts réglementaires conséquents. C’est dans cette capacité à la flexibilité et la créativité que se trouvent les clés de notre succès.

 

Que vous inspire l’ESSEC aujourd’hui ?
L’ESSEC reste pour moi fortement associée à un esprit créatif et entrepreneurial, plus qu’au contenu même de la formation, qui a de toute façon vocation à évoluer en permanence. Cet état d’esprit spécifique à l’Ecole familiarise les étudiants avec des aptitudes fondamentales à la gestion d’un business, au management d’équipes. Oui, voilà la marque de fabrique de l’ESSEC : entreprenariat et créativité. Mais que ce soit au moment des études comme plus tard dans son métier, l’important est de continuer à nourrir cette capacité à être ambitieux, à voir loin. En tant que haut manager, voilà selon moi la formule magique : tout commence avec la définition d’une ambition, qui comme son nom l’indique, se doit d’être ambitieuse, et créative. L’exécution est toujours plus aisée une fois qu’un objectif clair a été formulé au préalable.

 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et jeunes diplômés afin de réussir au mieux leur parcours professionnel ?
Exposez-vous ! Il faut aller au devant des challenges, accepter de se mettre dans des situations d’inconfort. Car sans remise en question ou sans prise de risque, comment progresser et donner le meilleur de soi-même ? Laissezvous surprendre, donnez-vous la possibilité d’expérimenter des choses différentes : aujourd’hui, les frontières entre les industries sont totalement fluides, autant en profiter. Il est également essentiel d’acquérir une exposition ou une expérience internationale, surtout étant jeune, et de favoriser le travail en équipe. C’est d’autant plus critique lorsque l’on désire travailler dans le monde de la finance, ou tout simplement devenir manager. En finance, il est enfin important de conserver un sens équilibré de son métier, de garder une vraie réflexion éthique. N’oubliez pas de vous demander pourquoi vous faites ce métier, et s’il participe à sa façon à l’économie globale et au monde réel. La vision du banquier solitaire dans son bureau poussiéreux n’existe plus ! Finalement, l’adaptabilité d’une personne demeure le réel critère de succès. Ce sont ceux-là qui feront la différence.

 

CM

 

Contact : patrick.colle@bnpparibas.com