Difficile pour une femme d’exercer des responsabilités dans la finance ? Pas pour Stéphanie Maarek (X 2001), Chief Conduct and Control Officer des métiers de marchés de BNP Paribas (Global Markets) et de la banque corporate et institutionnelle (CIB), qui ne cesse de gravir les échelons depuis 2006.

 

Comment le secteur a-t-il évolué depuis 2006 ?

Depuis mon premier poste de trader de dérivés de taux à New York en 2006, les pratiques ont profondément changé. Le métier a dû s’adapter aux évolutions réglementaires et a entamé une mutation digitale profonde, au service des clients. L’éthique et la « bonne conduite » sont plus que jamais au cœur de ce nouveau business modèle : protection des clients et de l’intégrité des marchés, respect des collaborateurs, etc. La banque, et BNP Paribas en particulier, s’engage et s’inscrit pleinement dans une démarche volontariste de responsabilité sociale et environnementale.

Et vos principaux challenges ?

En tant que Chief Conduct & Control Officer pour CIB, la mission de mon équipe de près de 200 personnes est de s’assurer de la bonne conduite et de l’éthique de nos pratiques, et de déployer un environnement de contrôles efficace sur tous les risques « non-financiers », comme les risques opérationnels et réglementaires. Un élément important du futur des marchés financiers sera d’insérer l’éthique dans les algorithmes de trading et plus généralement dans toute la chaîne digitale, la mise en œuvre de contrôles efficients va probablement nécessiter de recourir à des technologies de pointe en intelligence artificielle. L’innovation technologique est au cœur de notre ambition !

Quelle place pour les talents féminins au sein de BNPP ?

Les femmes ingénieures sont trop peu nombreuses, alors vite remarquées quand elles performent. C’est un atout, profitons-en ! BNP Paribas et CIB s’engagent pleinement en faveur de la diversité et de la mixité. D’une manière générale, les activités de marché sont encore malheureusement loin de la parité dans les postes de management. Nous nous sommes donc fixé des objectifs forts, comme 50 % de femmes pour le recrutement de graduates, ou l’augmentation de 40 % des femmes senior managers. BNP Paribas dispose également d’une excellente association de femmes, Mixcity, qui offre des ateliers, des formations, et un réseau bienveillant et efficace.
BNP Paribas s’engage… BNP Paribas a signé un partenariat avec l’initiative HeforShe des Nations Unies pour favoriser  l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans le cadre de ce partenariat de 3 ans, BNP Paribas s’engage à augmenter la proportion des hommes et des femmes recrutés à certains postes clés dans 2 métiers historiquement à dominante féminine (RH) et masculine (Global Markets). D’autre part, le groupe s’engagera avec HeForShe et les Nations Unies auprès de femmes entrepreneures qui œuvrent pour le développement des énergies renouvelables dans le monde.

Quelles qualités recherchez-vous chez un-e Polytechnicien-ne ?

L’école Polytechnique et les classes préparatoires nous enseignent la rigueur, la persévérance, la volonté et la détermination. Mais la curiosité, l’ouverture d’esprit, les facultés de communication constituent également autant d’atouts qui permettront par la suite de s’adapter à cette industrie en constante évolution. Cultivez-les au maximum ! Les expériences internationales sont aussi riches que formatrices : multipliez les stages, faites un master à l’étranger pour compléter votre formation à l’X ! C’est un vrai plus pour saisir les opportunités infinies offertes par un groupe comme BNP Paribas. En 12 ans, j’ai travaillé à New York, Londres, Paris, commençant en trading jusqu’à récemment responsable d’une équipe en charge de la supervision des risques, ressources financières, stratégie… Peu d’entreprises offrent de telles possibilités de mobilité !

L’anecdote de Stéphanie Maarek : « Mon service civil à l’école m’a beaucoup marquée : j’ai travaillé pour l’opération La main à la pâte lancée par l’Académie des sciences à l’initiative de Georges Charpak, dont la mission est d’améliorer la qualité de l’enseignement de la science et de la technologie à l’école. J’enseignais la physique dans les écoles maternelles de quartiers défavorisés.  Cette expérience a été une formidable leçon de vie et d’humilité, mais a également beaucoup alimenté mes réflexions sur les bénéfices d’un enseignement, ludique et concret, que je commence à expérimenter avec mes enfants ! »

www.fondation-lamap.org

« Nous avons les moyens humains, technologiques et financiers d’être acteur de la transformation à laquelle notre société aspire et de contribuer à faire bouger les lignes. Cette ambition est très inspirante ! »

 

Stephanie.maarek@polytechnique.org