Si s’expatrier est une chose plutôt simple pour un étudiant ou un jeune salarié, le chantier est bien plus complexe pour une famille avec 3 enfants. Autant profiter de l’opportunité le plus tôt possible d’autant qu’elle peut conditionner votre vie professionnelle et personnelle future.

 

Tout bénéf’ pour l’apport linguistique et culturel

Le choix ou l’opportunité d’un pays n’est pas anodin. Le fait de pouvoir s’installer dans un pays de langue anglaise est une voix classique qui porte ses fruits. Mes deux filles sortent de cette expérience complètement bilingue et avec un très bon accent ! Plus l’immersion est précoce, plus cette pratique de la langue sera naturelle.

Mais se tourner vers une expérience en Chine ou dans d’autres grandes puissances stratégiques peut aussi être un choix de carrière audacieux et judicieux. Tout reste question d’affinités. Et avant de tenter une expérience de plusieurs années, vous pouvez opter pour un stage à l’étranger, un très bon premier indicateur.

Au fil du temps, on déchiffre aussi les subtilités, l’humour et les codes sociaux du pays. J’ai par exemple constaté de vraies différences entre les codes vestimentaires en Californie, à Boston ou à New York. J’ai également pu m’apercevoir que du vocabulaire pourtant très utilisé au quotidien (des termes comme fee, invoice…) n’est pas toujours appris dans les cours de langue anglaise. Un vocabulaire qu’on peut toutefois construire en s’appuyant sur des éléments du quotidien. C’est en optant pour la chaine de télévision HGTV spécialisée dans la refonte des maisons et dont Stéphane Plaza en France est un pâle avatar, que nous avons pu nous constituer un bon vocabulaire thématique en la matière !

 

Un parcours du combattant tant au retour qu’à l’arrivée

Pour un étudiant ou un jeune diplômé l’opération est plutôt légère mais quand on a franchi le cap de la famille et de la quarantaine, c’est un déménagement à l’international qu’il faut prévoir. Pour la Californie, ce fut dans notre cas gros cartons avec un délai d’acheminement de 6 à 8 semaines.

Les changements administratifs sont aussi nombreux. Un vrai parcours du combattant que de construire au fil du temps un compte bancaire dont le capital de confiance est nul (credit history) au départ. De même, on peut avoir besoin d’être parrainé pour souscrire une assurance auto. Un conseil : les changements sont si nombreux qu’il vaut mieux conserver un numéro de mobile français pour assurer des opérations en ligne ou sur les réseaux qui nécessitent l’envoi d’un code via SMS.

La connaissance des réseaux des Français à l’étranger est importante. Ils cimentent la communauté francophone, assez dynamiques à San Francisco (60 000 Français selon le Consulat de France à San Francisco) et dans la Silicon Valley. Une connaissance qui nous permet de mener des projets plus personnels en parallèle de ses activités professionnelles. C’est ainsi que ma femme a co-construit la communauté catholique de la Silicon Valley  par exemple.

 

La compréhension d’une autre culture : un atout majeur

Les Français sont appréciés sur les projets car ils perçoivent bien les dysfonctionnements et les points de perfectionnement possibles. A contrario, les Américains  voient surtout les points positifs. Autre point d’enseignement, les Américains accordent une confiance a priori alors même que pour les Français il convient, avant, de faire ses preuves dans ses fonctions. Une question de culture !

Cette approche multiculturelle s’illustre comme une réelle source de créativité et s’impose, tout autant que la mixité des genres, des profils et des expériences, comme un atout majeur dans la conduite de projets professionnels.

 

Le retour ?

Au bout d’un certain temps, la question se pose : « welcome back or not ? ». Plus on reste, plus la probabilité d’enracinement est réelle. Toutefois, une donnée à considérer est celle de la santé de ses proches. En cas de pépin de santé, le soutien à distance est délicat. Tenter l’aventure pour un jeune diplômé est plus simple si ses parents sont jeunes et en bonne santé. La communication peut perdurer avec Skype, FaceTime et les autres outils qui maintiennent le lien.

 

Envie d’échanger sur mon expérience dans le cœur de la Silicon Valley ?

Au-delà de mon dernier ouvrage Made in Silicon Valley, je propose d’échanger avec les étudiants qui se poseraient des questions quant à l’expérience en Californie et plus particulièrement son épicentre mondial du numérique.