60 ans ! L’EIVP, l’école du génie urbain, fête son soixantenaire en 2019. L’occasion de prendre son pouls avec son directeur Franck Jung. Eclairages du futur, résilience de la ville, ville durable, intégration des nouvelles mobilités, l’EIVP est au top des problématiques de demain pour nos villes. Autre grande actualité, elle s’allie dans le cadre de la formation d’Université Gustave Eiffel, naissance annoncée pour janvier 2020.

 

Les effectifs de l’EIVP se sont bien développés, dans quelles formations ?

Entre 2010 et 2018, nos promos d’ingénieurs sont passées de 70/80 à 120. Les effectifs ont également crû dans nos MS® (en gestion des eaux usées et pluviales, sur les systèmes urbains intégrés, en génie urbain et TIC), notre licence pro, et en matière de formation continue (pour les agents de la ville de Paris notamment). Nous sommes maintenant en phase de stabilisation avec en ligne de mire un travail constant sur la qualité de nos formations.

Quelles sont vos grandes actus pour le cursus ingénieur ?

Notre projet de semestre entièrement anglophone pour nos élèves de 3° année vient d’être sélectionné dans le cadre de l’I-Site FUTURE et sera mis en œuvre d’ici 2020. C’est capital pour l’ouverture à l’international de notre école et son attractivité auprès des étudiants anglophones.

Le développement de nos chaires a par ailleurs un impact direct sur les opportunités d’ouverture de nos élèves à des problématiques à forts enjeux.

Franck Jung directeur de l'EIVP ©EIVP

Franck Jung directeur de l’EIVP ©EIVP

Ainsi, fin 2017 nous avons ouvert une chaire avec Evesa sur l’éclairage urbain du futur. En matière de recherche, elle s’intéresse aux nouveaux usages d’un maillage très dense de l’éclairage public (93 000 candélabres à Paris et 345 000 sources lumineuses !), pour plugger des capteurs pour mesurer la qualité de l’air par exemple. Nos étudiants bénéficient dans ce cadre de conférences d’experts. La chaire permet aussi à un ingénieur pédagogique de travailler sur des méthodologies et pédagogies innovantes. Il propose notamment des supports attractifs en infographie, avec la mise en scène de data, des formats impliquant plus les élèves, développant les interactions. Ces innovations ont vocations à essaimer à l’école déjà engagée dans des innovations comme un fablab, des workshops, des salles modulables…

Nous avons aussi ouvert une chaire avec ECT, sur la valorisation des terres issues de chantiers urbains. Un enjeu énorme ! Par exemple chaque année dans la cadre du Grand Paris l’équivalent du volume de 4 pyramides de Kheops est excavé ! Nous sensibilisons nos élèves aux problématiques de re-façonnage des paysages creusés. Ceci en lien avec une thématique de l’école : l’économie circulaire.

Autre exemple : la mise au point d’un outil fédérateur pour qualifier par compétences l’ensemble de nos cours. Il apportera du sens aux étudiants sur le pourquoi de leur formation, mais aussi aux enseignants.

©EIVP

Votre définition de l’ingénieur EIVP ?

C’est un intégrateur des métiers de la ville grâce à une formation polyvalente.
Certains font le choix de se spécialiser dans l’eau, les transports, le bâtiment ou encore l’information géographique. D’autres préparent un double diplôme avec l’ENSAPLV (Ecole d’architecture de Paris la Villette), ou avec l’ENGEES (Ecole de l’eau et de l’environnement de Strasbourg).

Université Gustave Eiffel, un projet structurant pour l’EIVP ?

Il est en effet très structurant d’un point de vue stratégique pour notre institution. Nos réflexions sont fondées sur une antériorité de partenariats. Ce groupement met en relief nos forces respectives sur le thème de la ville. Connaissances, idées novatrices, outils et méthodes innovantes, produits et services, nos collaborations seront nombreuses et variées autour des enjeux d’une ville inclusive et durable. Université Gustave Eiffel va renforcer nos projets et actions communes en matière de recherche, de formation, d’international. Nous envisageons aussi la mutualisation de certaines fonctions support.

Université Gustave Eiffel en un clin d’œil

Naissance le 1er janvier 2020
Membres : EIVP, ENSAVT, ENSG, ESIEE Paris, IFSTTAR, UPEM
Elle regroupera un quart de la recherche française sur la ville et les transports
Une création soutenue par l’I-Site FUTURE sur la ville de demain, et labellisé Investissements d’Avenir en 2017
15 200 étudiants
458 enseignants-chercheurs
490 chercheurs
275 enseignants
130 personnels administratifs et techniques

Des exemples de collaborations permises par ces relations synergiques ?

Une licence professionnelle d’assistant à chef de projet en aménagement de l’espace (ACPAE) conjointe avec l’UPEM, l’ENSAVT et l’ENSAPB.
Une collaboration au Brésil avec l’Université de Sao Polo qui donne lieu à des échanges.
Deux Mastères Spécialisés®, Urbantic® opéré par l’EIVP et un sur les smart cities opéré par l’Ecole des Ponts ParisTech.
Nos chercheurs travaillent sur des projets communs sur le lien entre morphologie urbaine et consommations énergétiques ; ou sur la résilience urbaine, comment les infrastructures et les villes se remettent d’attentats, de crues majeures…

Une Université qui devrait aussi vous offrir plus de visibilité à l’international ?

La création d’un institut (financé par un I-Site) dédié à la ville et porté par les meilleurs établissements experts en la matière est un facteur d’attractivité et de visibilité en soi ! Par exemple l’organisme de recherche IFSTTAR emploie non moins de 1 000 personnes et est au premier plan sur le thème technologie et transports. Avec Université Gustave Eiffel, nous ouvrons le champ des possibles et des expertises. De quoi séduire plus d’étudiants anglo-saxons notamment. Nous travaillons sur le dispositif qui pourrait fédérer les membres autour de cet objectif.

Quelle place et statut pour l’EIVP dans ce cadre ?

L’EIVP, école de la ville de Paris, devrait être une composante d’Université Gustave Eiffel. Le cadre juridique est souple, permettant d’opérer le regroupement tout en laissant une grande autonomie aux institutions membres. La valeur-ajoutée d’un groupement tient dans l’expertise de chacun de ses membres. Il est donc essentiel de les préserver et développer.

Concrètement cela veut dire quoi pour vous ?

L’EIVP reste maître de ses processus de sélection et recrutement d’étudiants en lien avec son niveau et son excellence historiques de grande école. 80 % de nos élèves viennent de CPGE via les écrits du concours Mines-Ponts, puis les oraux du concours TPE-EIVP. L’EIVP continue à délivrer son diplôme d’ingénieurs en propre.