L’offre et la demande d’emplois dans le secteur de la finance varient d’une année sur l’autre, d’une crise à l’autre, d’un métier à un autre. La multitude de métiers possibles dans le secteur permet néanmoins aux jeunes diplômés d’envisager de belles carrières, en France comme à l’international, en entreprise comme en banque ou en cabinet. Seule condition : savoir saisir les tendances qu’offre le marché pour bien choisir son premier emploi.

En 2013, les opportunités se font rares en banque d’investissement et de financement, notamment sur les marchés financiers. Seuls les diplômés issus de filières comme le Financial Risk Management, qui répondent à un vrai besoin du secteur bancaire parviennent à y débuter leur carrière. A cause des plans sociaux et du gel des recrutements, le secteur de la finance de marché n’embauche plus les stagiaires en fin d’études et leur propose des VIE (Volontariat International en Entreprise) en attendant le retour de l’embauche en France. Les étudiants voient la réalité du marché et s’y adaptent ; les promotions 2013 comptent donc peu d’aspirants dans ces secteurs. Exit la finance bancaire donc. Reste la multitude de métiers offerts en finance d’entreprise. Après un BAC+5, commencer dans le secteur de l’audit s’avère être l’alternative choisie par de nombreux diplômés, pour pouvoir ensuite rejoindre des postes importants en finance d’entreprise. Bien que moins attractifs en matière de rémunérations, les métiers de l’audit sont un passage apprécié des recruteurs. De plus, les futurs auditeurs sont recrutés avant l’obtention de leur diplôme, ce qui est rassurant pour un futur diplômé.

Bien choisir son premier emploi, c’est aussi et surtout choisir un emploi en adéquation avec son profil et son projet professionnel. Se pose alors la question de la taille de l’entreprise dans laquelle le diplômé souhaite évoluer, en interne ou au contraire en cabinet indépendant, de l’internationalisation du poste, d’un poste hyper-spécialiste ou plus généraliste… Reste encore à adapter son projet aux tendances du marché. Ainsi, les PME, peu prisées par certains jeunes diplômés qui considèrent que les perspectives d’évolutions de carrières y sont plus faibles et les salaires moins attractifs, sont en réalité des entreprises à l’activité très soutenue et dont les postes polyvalents présentent un grand intérêt. Le caractère international du poste n’a donc pas le monopole en termes de richesse d’activité.

Bien que l’internationalisation soit de rigueur pour les diplômés en finance bancaire – et notamment de marché étant donné la concentration des salles de marchés dans les grandes capitales mondiales – dans les domaines de l’audit et du conseil en revanche, les cabinets ne recrutent que rarement à l’international et gèrent leur recrutement dans leur propre pays. Pour un poste en finance d’entreprise, même localisé en France, grandes entreprises comme PME ont besoin d’une vision globale du marché ; les profils internationaux sont recherchés. L’expérience internationale lors des stages ou des échanges universitaires prévus en école de commerce est très demandée, voire exigée. Nombre d’offres de stages à l’étranger ne trouvent pas preneurs, quand elles concernent des destinations peu plébiscitées. Les étudiants rêvent tous des grandes places boursières de Londres, Hong-Kong ou New-York. Il faut cependant élargir ses horizons, car l’international constitue toujours un « booster de carrière » non négligeable, comme l’a montré par exemple l’expérience d’un diplômé d’Audencia Nantes pour qui la carrière a « décollé » après un VIE réussi en tant que jeune directeur financier d’une filiale en Estonie.

 

Par Valentine Lewkowitz,
consultante carrières, Audencia Group