FICHE D’IDENTITÉ : JOHANNA LADOUCE, 25 ans, Elève en Master 2 de contentieux public à l’Université de Cergy-Pontoise

Plus que quelques semaines à attendre pour que tomates, carottes, navets et autres radis remplissent le potager étudiant de l’Université de Cergy-Pontoise. A l’origine de ce projet, Johanna Ladouce et son association Alternative C, une jeune écoresponsable qui fourmille d’idées. Portrait.

 

QUAND GERME L’IDÉE DE PLANTER SA PETITE GRAINE…

Après un Bac S et deux années de prépa médecine Johanna se dirige finalement en 2010 vers l’Université de Cergy-Pontoise, « un établissement dont les formations ouvrent à beaucoup de métiers, l’idéal pour moi qui n’avais pas de plan de carrière précis, si ce n’est celui d’embrasser une profession libérale », indique-t-elle. C’est durant sa Licence que grandit sa conscience écologique et c’est au hasard d’une rencontre avec un membre du Bureau de la vie associative de l’Université passionné de jardinage, que nait son idée 100 % locavore de monter un potager en plein coeur de l’établissement. Et pas n’importe quel potager, un potager de 36 m2 totalement NA-TU-REL, sans pesticide ni engrais et prenant le contrepied total de la philosophie des cultures industrielles. « Nous utilisons des semences rares fournies par l’association Kokopelli, experte de la protection de la biodiversité. En effet, nous voulons faire découvrir aux étudiants des variétés un peu atypiques ou des légumes qu’ils n’ont pas l’habitude de manger comme les navets par exemple. Dès que les légumes arriveront à maturité, nous organiserons des tables de dégustation gratuite de produits de saison. Après récolte, nous distribuerons de nouvelles semences aux étudiants pour qu’ils les replantent et perpétuent, chez eux, ces petits coins de verdure. »

TOUS UNIS POUR LES SEMIS

Un projet particulièrement porteur de sens qui a rapidement reçu le soutien de la Présidence de l’Université. D’autres acteurs de l’établissement ont aussi été séduits par cette initiative au coeur de l’économie circulaire. C’est le cas notamment des chefs du Crous qui n’ont pas hésité à s’organiser pour conserver les épluchures des repas qu’ils préparent pour alimenter le compost du potager. « Je souhaite que ce potager s’inscrive pleinement dans la vie des étudiants. C’est une initiative pédagogique bien sûr, mais à terme j’aimerais qu’il devienne un espace de convivialité plus large et accueille des événements ou des conférences par exemple. »

AU FIL DES PROJETS

Mais ce potager universitaire n’est pas la seule bonne idée à avoir poussé dans la tête de Johanna durant sa formation. Fidèle à sa volonté de mettre en valeur l’autoproduction, les circuits courts et le Do It Yourself, elle a lancé il y a 2 ans des ateliers tricots hebdomadaires où étudiantes et étudiants (car les garçons ont eux aussi répondu à l’appel !) s’échangent patrons et pique-niques autour de pelotes de laine Made In France. Depuis décembre 2014, elle organise également tous les deux mois un vide-dressing qui réunit en moyenne 20 vendeuses, 700 vêtements et accessoires et des dizaines d’acheteurs en plein milieu du hall de l’Université. Prochaine étape, « une brocante ! » affirme avec envie cette future juriste aux 1 001 idées.

PORTRAIT CHINOIS :

Un légume du potager : une tomate cerise, car je suis petite et je rougis vite

Une graine : une graine de championne bien évidemment !

Un point de tricot : le Jersey, car j’ai une petite tendance à tout garder

LE vêtement parfait à trouver dans un vide-dressing : Un chemiser de marque vendu moins de 5e

Une devise : DO IT YOURSELF !

CW