De nature plutôt timide et introvertie, Béline ne manque pas de ténacité. Elle rejoint à 18 ans le pôle France Escrime de l’INSEP (Institut National du Sport de l’Expertise et de la Performance) et intègre sur  dossier l’Université Pierre et Marie Curie la même année.  » J’étais bonne à l’école, les compétitions  marchaient bien, j’ai donc continué sans me poser trop de questions. J’avais un objectif clair en  escrime, celui d’entrer au pôle senior vers 20 ans. Ce n’était pas envisageable pour moi de lâcher. « 

 » Dès que je mets mon masque, je deviens quelqu’un d’autre « 

Soutenue par sa famille, elle débute l’escrime à l’âge de 9 ans. Mais elle en rêve dès ses 4 ans !  » Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi ce sport. C’est en voyant des images des Jeux Olympiques à la télé que  j’ai voulu en faire depuis toute petite.  » Et depuis, elle n’a jamais pensé arrêter.  » J’ai le goût de la compétition. Le sport permet de me lâcher, dès que je mets mon masque en entraînement ou en compétition,  je deviens quelqu’un d’autre  » ajoute t’elle.  Classée parmi les 20 meilleures françaises en  catégorie Minime à 13/14 ans, elle enchaîne ensuite les sélections : 16 ans, 1ère sélection au Championnat d’Europe catégorie Cadet, 18/19 ans, sélection au Championnat d’Europe et du Monde catégorie  Junior. Elle remporte aussi le titre de Championne  du Monde par équipe Junior contre la Chine en  Russie l’an dernier. 2013 : sélections au Championnat d’Europe, du Monde et aux Universiades.
Ce qu’elle aime dans l’escrime ?   » C’est un sport  très complet. Le sabre, que je pratique, est l’arme la plus rapide en comparaison avec l’épée ou le fleuret. C’est très explosif, les combats sont plus courts, plus intenses. Il faut savoir canaliser son énergie pour effectuer des gestes propres et en amont élaborer une tactique de jeu. C’est très stratégique. J’ai encore beaucoup à apprendre !  » Aujourd’hui, elle s’entraîne avec le même coach qui a préparé l’équipe féminine aux derniers J.O.  » Cela fait du bien au moral !  » Très modeste sur son parcours, nul doute que Béline préparera sa rentrée sportive et universitaire avec brio !

 

Ton projet professionnel
Il n’y a pas de statut pro en escrime, je ne  pourrai jamais en vivre. J’aimerais  me spécialiser dans les matériaux du sport pour travailler en laboratoire par exemple.

Un rituel d’avant-match ?
Je n’ai pas encore assez d’expérience pour avoir de rituel. En tant que 1ère année senior,  je dois aujourd’hui me créer une routine  et un rituel de jeu.

Un porte-bonheur
J’ai plusieurs grigris mais celui auquel je pense spontanément est une coccinelle en peluche  accrochée à mon sac. Elle m’a été offerte  par mon maître d’arme lors de ma 1ère sélection au Championnat d’Europe après un pari.

Un moment fort
Le Championnat du Monde par équipe,  on a gagné 45 à 44… c’était une finale haute  en couleur ! On s’agrippait toutes, accroupies derrière la balustrade, en attendant les derniers points. Il y a toujours une montée d’adrénaline  et des rebondissements jusqu’à la dernière  seconde, c’est pour ces moments  que j’adore l’escrime.

 

Audrey Froitier