La révolution numérique à l’œuvre dans les banques impacte les clients, les métiers mais également les formations des futurs financiers. Marianne Verdier, professeure en sciences économiques à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas et Matthieu de Fraissinette, intervenant à l’IAE Lyon, décryptent pour nous ces transitions.

 

La banque mute avec le digital : nouveaux services, nouveaux métiers. Pour Marianne Verdier « ces évolutions entraînent des changements à la fois dans les activités de banque de détail (nouveaux services aux particuliers, paiement électronique, consultation de ses comptes à distance) et dans les activités de financement et d’investissement (trading haute fréquence). »

Repenser la relation client

Cette digitalisation amène ainsi les banques à repenser leurs métiers et la relation client. « Elles s’efforcent d’être présentes là où sont les clients, sur les réseaux sociaux par exemple, en multipliant les canaux de contact avec un conseiller. Les clients recherchent l’autonomie afin de pouvoir réaliser seuls des transactions basiques », explique Matthieu de Fraissinette. Ainsi, les banques tentent de développer un lien privilégié avec des clients connectés.

Comment faire face aux nouveaux entrants ?

L’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché modifie l’organisation des banques. « Elles doivent faire face à une concurrence beaucoup plus diverse avec des business model différents. », nous explique Marianne Verdier. Matthieu de Fraissinette évoque plusieurs stratégies : « les nouveaux entrants sont très agiles, capables d’évoluer et de mettre un produit en vente très rapidement. En réponse, les banques cherchent à réduire leur time to market afin de délivrer elles aussi leurs produits de plus en plus vite. » A l’Université Paris 2, Marianne Verdier travaille sur une offre de formation pour les cadres de la banque : « Face au retard dans le monde bancaire, la demande est grande pour s’approprier les nouveaux concepts et les outils digitaux. »

La finance digitale en plein essor dans les cursus

De même, les étudiants en formation initiale suivent des cours dédiés au digital. Marianne Verdier entend pérenniser ce travail avec « la création d’une chaire d’enseignement et de recherches sur la finance digitale, avec des spécialistes du paiement, des Fintech, de l’économie des données personnelles, etc. » À l’IAE Lyon, Matthieu de Fraissinette aborde lui aussi les enjeux du numérique avec ses étudiants : « Les postes et les missions changent. Nous donnons aux étudiants les clés de lecture de ces évolutions en les faisant travailler sur des cas pratiques de digitalisation des process. »

FinTech, avenir de la banque ?

Marianne Verdier observe que dans son master finance, l’année dernière un quart de la promotion a travaillé sur les problématiques liées aux FinTech ou au digital. Elle l’explique par le dynamisme des recrutements : « les FinTech recrutent alors que les embauches sont plus difficiles dans les banques. » À l’IAE Lyon, qui forment des conseillers en gestion de patrimoine ou dédiés à la clientèle professionnelle, les étudiants se tournent à l’inverse vers la banque traditionnelle : « nous cherchons à leur faire appréhender l’impact du digital dans leur quotidien lorsqu’ils seront en poste »

Quelle banque demain ?

Pour Matthieu de Fraissinette, la banque va d’abord affronter le défi du zéro papier : « à court terme, si beaucoup de produit peuvent déjà être souscrits par voie électronique, l’offre va s’étendre encore et les clients pourront transmettre des pièces justificatives reconnues automatiquement, en termes de technologies, les banques en sont déjà capables. »

Pour Marianne Verdier, le bouleversement technologique passera par la blockchain : « ce registre sécurisé des transactions permet d’avoir un historique de tous les échanges entre deux utilisateurs. De plus, cette technologie est transparente. »

Les bouleversements dans la banque ne font que commencer !

 

Comment sont formés les futurs financiers aux nouveaux enjeux des directions financières ?