RIGIDIFICATION DU CONTEXTE RÈGLEMENTAIRE, TAUX PLUS FAIBLES QUE JAMAIS, DIGITALISATION, RSE… : COMMENT PHILIPPE VAYSSETTES (SCIENCES PO 74, MAITRISE DE DROIT PARIS II 77), PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE LA BANQUE NEUFLIZE OBC (FILIALE EN FRANCE DU GROUPE ABN AMRO) CONÇOIT-IL SON RÔLE DE DIRIGEANT DANS CET ENVIRONNEMENT EN PLEINE MUTATION À LA CROISÉE DES ENJEUX DU 21e SIÈCLE ? RENCONTRE.

 

PHILIPPE VAYSSETTES (SCIENCES PO 74, MAITRISE DE DROIT PARIS II 77), PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE LA BANQUE NEUFLIZE OBC (FILIALE EN FRANCE DU GROUPE ABN AMRO) © Antoine Meyssonnier

PHILIPPE VAYSSETTES (SCIENCES PO 74, MAITRISE DE DROIT PARIS II 77), PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE LA BANQUE NEUFLIZE OBC (FILIALE EN FRANCE DU GROUPE ABN AMRO) © Antoine Meyssonnier

« LE DIGITAL EST LE PLUS GRAND CHALLENGE QUI SE DRESSE DEVANT NOUS »
Pour cet homme de convictions fort de 36 ans de carrière dans la banque, ce secteur vit aujourd’hui une période de transformations profondes marquée par 3 principaux sujets. L’adaptation règlementaire, qui « induit des investissements et des changements culturels très forts », la durabilité des taux bas qui, même si ses effets ne sont pas encore visibles, représente « un danger extrêmement fort pour les banques privées en impactant les marges », mais aussi, si ce n’est surtout, la révolution digitale. « Si Neuflize OBC, la première banque privée française indépendante, jouit de 350 ans d’histoire, elle a également conscience de ne pas être protégée par ce qui fait sa force. Et je suis persuadé que la révolution digitale va bien au-delà de la technologie pure. Elle induit des changements profonds sur l’organisation du travail (localisation, temporalité,…), la silotisation des métiers, les hiérarchies, la façon de communiquer avec les clients et s’illustre comme un des principaux facteurs d’évolution de la relation au contrat de travail. »

 

« Le dirigeant, c’est la tranche de jambon dans le sandwich ! »

CONJUGUER RENTABILITÉ ET RSE
Une période de mutation sans précédent qui pousse Philippe Vayssettes à sans cesse adapter son rôle et sa vision de dirigeant dans un contexte aussi mouvant que challengeant. « Le dirigeant, c’est la tranche de jambon dans le sandwich ! » affirme- t-il avec humour. « Il doit trouver le bon équilibre entre le retour sur investissement pour l’actionnaire et le fait que son entreprise a un impact social et sociétal fort : il ne peut plus être obsédé par la seule rentabilité. C’est d’ailleurs pour cela que nos engagements dans le business et la RSE (Responsabilité sociétale de l’entreprise) obéissent aux mêmes valeurs et approches. » Outre des qualités classiques (tête bien faite, compétences techniques, force de travail et vision stratégique), il voit ainsi en la figure du dirigeant un homme ou une femme faisant preuve d’exemplarité, d’empathie, d’éthique, de sincérité et de proximité. « Si on ne sert pas des mains et si on ne suscite pas de discussions interactives avec celles et ceux qui font l’entreprise, on n’y arrive pas. Comme le dit le Président d’ABN AMRO ‘‘feedback is a gift’’ », insiste-t-il.

 

SORTIR DE SES ZONES DE CONFORT
Un rôle stratégique dont l’aspect éminemment humain a très tôt séduit Philippe Vayssettes. « Quand j’ai débuté ma carrière dans la banque, la rupture entre le back et le front office était forte et il était rare qu’un profil comme le mien encadre des équipes avant 45 ans. Mais sentant cette expérience nécessaire j’ai quitté, après 4 ans de carrière seulement, l’analyse financière et les salles de marché pour diriger une équipe de 35 personnes dans un back office. » Second diplômé d’un Bac+ 5 à oser cette aventure au sein de sa banque, le Président de Neuflize OBC voit en ce choix une expérience fondatrice de sa carrière de dirigeant. Un exemple de prise de risques à suivre pour les leaders de demain.

 

EN OUÊTE DE SENS AU TRAVAIL
Quel sens donnez-vous à vos réflexions et actions en tant que dirigeant ?
Ambassadeur, capitaine : le Président représente le travail, les qualités et les efforts de l’entreprise, lui donne un cap et doit être le dernier à quitter le navire en cas d’avarie. C’est pourquoi je ne conçois pas mon rôle de dirigeant sans don de soi, disponibilité et sens du devoir vis-à-vis de ceux qui me font confiance. J’ai conscience de la responsabilité qu’a un dirigeant au sein de la société : je ne suis pas là pour faire gagner de l’argent à quelques personnes mais avant tout pour permettre à Neuflize OBC de jouer un rôle social et sociétal en tant que banque et en tant qu’entreprise.
Quel sens trouvez-vous à titre personnel en qualité de leader ?
Même dans un univers très règlementé, gravir les échelons permet de gagner en responsabilités et ainsi d’avoir plus de facilités à faire passer ses idées, sans pour autant décider seul bien sûr. Quand on a une vision de ce que sera son secteur dans 10 ans et de la direction que doit prendre l’entreprise pour s’y positionner, c’est très valorisant de pouvoir impulser les actions qui oeuvreront en ce sens.
Quel sens un jeune diplômé peut-il trouver en venant chez Neuflize OBC ?
Il trouvera d’abord un très bon équilibre entre le passé et le futur, entre l’enracinement de la banque dans ses 350 ans d’histoire et sa volonté d’aller plus vite, plus loin et plus fort que les autres acteurs du secteur. Il trouvera ensuite une véritable équité entre le sens du résultat et la prise en compte de l’humain, et enfin une forte orientation business et un modèle économique unique sur la Place de Paris.

 

CW.

 

Contact : departement.communication@fr.abnamro.com