En mode Docteur Jekyll et Mister Guetta. En 2e année à l’ISEP, Antoine de Planta étudie les systèmes embarqués le jour… et fait se déhancher les corps la nuit ! DJ en autoentreprise depuis 5 ans, il allie sa passion du disco et de la house avec son esprit cartésien d’ingénieur. Portrait.

 

Grâce à Antoine de Planta, les DJ de l’ISEP sont sortis de l’ombre. Rassemblés depuis quelques mois au sein de l’association Mixsep, ils animent les afterworks et les soirées de l’école et forment même les Martin Solveig en herbe. « Débutants ou plus confirmés, nous nous retrouvons dans un local tout équipé pour nous entrainer entre les cours. On n’est pas dans un mode ultra cadré, on est même un peu freestyle mais ça n’entache pas la qualité du rendu, bien au contraire », indique Antoine.

Du fun…

Un professionnalisme qu’il mixe subtilement avec la cool attitude de rigueur du DJ. « Se confronter à un public, avoir une soirée entre les mains, c’est très excitant. D’autant plus qu’on est à chaque fois face à des personnes qu’on ne connait pas. Le feeling est essentiel pour saisir très vite leurs goûts et leurs attentes. Je sais que j’ai relevé le challenge quand quelqu’un me demande un morceau et qu’il est déjà programmé dans ma playlist. » Une activité qui lui permet de fourmiller de projets. Il souhaite ainsi monter un collectif avec les membres de l’asso pour mixer toute la musique qu’ils aiment. « Du disco, de la house : ce qui donne envie de danser !  Nous voudrions aussi produire des morceaux pour partager nos goûts. »

Du relationnel…

Car le partage, Antoine, c’est son leitmotiv. « Que je mixe dans une soirée étudiante, un mariage, ou un événement corporate, mon job c’est d’être à l’écoute des gens, sans rompre le flow du show. On ne met pas du rock en plein milieu d’un set électro. » Un rôle de conseil qui le pousse aussi parfois à calmer les ardeurs de certains, car « le public est généralement plus alcoolisé que moi ! » précise-t-il. « C’est pour ça que j’aime bien travailler en amont avec les témoins d’un mariage par exemple. Car plus on sympathise, mieux je comprends l’esprit de l’événement et meilleure sera ma prestation. »

Et de la tech ! 

Mais si Antoine a le sens de la fête, son cœur d’ingénieur vibre aussi pour la technicité du métier. Un héritage des après-midi passés, enfant, avec son parrain à démonter des moteurs de mobylette ou des tronçonneuses « pour découvrir ce qu’il y avait à l’intérieur ». Enceinte, vidéoprojecteur ou lumière « tous ces outils sont remplis de digital. Il y a même des écrans sur les amplis. Pour les maitriser, il ne suffit plus d’être ingénieur du son, il faut être un ingénieur pur et dur », affirme-t-il. Est-ce à dire que l’ère du bon vieux transistor et de la bobine est définitivement révolue ? « Avec le numérique, on gagne en précision ce qu’on perd en grain et en chaleur. Comme pour les adeptes du vinyle ou du CD, il en faut pour tous les goûts. Pour ma part, je penche plutôt pour le numérique, moins brut de décoffrage », conclut-il.

Quand un ingé se mue en commercial : « La relation avec les clients est un point crucial pour réussir quand on est DJ. Notre mission : comprendre ce qu’ils veulent et le transformer en réalité technique, tout en les ramenant à la réalité si besoin. Il faut leur faire comprendre avec tact qu’il est impossible d’avoir 15 000 € de matériel pro pour un budget soirée de 300 €. »

Ta personnalité en 4 mots ? Bricoleur, Autonome, Créatif, Empathique

Le kiff ultime du DJ ? Faire des soirées les plus grandes possibles pour partager ton son et ta passion avec un maximum de personnes.