À 22 ans, Audrey Cochard, étudiante en deuxième année à Chimie ParisTech s’est envolée pour le Japon pour réaliser un stage en biochimie à l’Université de Kyoto. Son rêve est devenu réalité grâce à la Bourse Jiyuu-Hugo Sarrade. Au-delà de l’opportunité de travailler sur un remède contre la douleur, cette bourse est un symbole pour sa lauréate. Elle a été créée par le père d’Hugo Sarrade, un étudiant décédé lors des attentats du Bataclan en novembre 2015.

 

C’est lors d’une cérémonie qu’elle décrit comme « pleine d’émotions » qu’Audrey Cochard s’est vue remettre la Bourse Jiyuu-Hugo Sarrade. Pour l’élève-ingénieure, cette bourse est une responsabilité supplémentaire dans sa réussite : « c’est sûr que ce n’est pas une bourse classique, j’ai envie d’en être digne et de lui faire honneur. Je ne pensais pas que j’allais l’obtenir, mais j’ai tenté. Je ne remercierai jamais assez Stéphane Sarrade [père d’Hugo Sarrade, NDLR] et la fondation ParisTech [organisme partenaire de la bourse, NDLR] ».

 

Une bourse pour travailler… et s’amuser

Audrey Cochard partage avec nous ce que lui a confié le père d’Hugo Sarrade lors de la remise du prix. « Pour lui, aider les jeunes à réaliser le rêve de son fils l’aide à continuer de vivre. Il nous a aussi dit que cette bourse devait nous servir à nous amuser, à visiter le Japon, ce que j’ai fait chaque week-end ! La bourse m’a beaucoup aidé. Sans elle je n’aurais jamais pu réaliser mon grand rêve, partir au Japon. J’étais très préoccupée par le financement de ce projet. Cela donc été un vrai soulagement et un honneur de recevoir cette bourse. »

Le Japon : un rêve pour Audrey !

Cette destination de rêve pour l’élève-ingénieure était un des critères pour bénéficier de la Bourse Jiyuu-Hugo Sarrade. Et Audrey ne regrette pas son choix de la ville de Kyoto : « avant le départ, j’étais très excitée. J’ai choisi cette ville pour son côté traditionnel et je ne suis pas déçue ! Il y a beaucoup de temples ! Les gens m’ont tous très bien accueillie et les Japonais sont très ouverts, gentils et toujours prêts à aider. »

 

Au Japon : une lutte contre la douleur

Au Japon, Audrey a travaillé sur les canaux ioniques. Ces canaux se retrouvent dans certaines cellules des neurones, dans notre cerveau et ce sont celles qui déclenchent la sensation de douleur. Certaines molécules peuvent activer ces cellules comme la capsaïcine ou l’AITC (molécule de la moutarde qui lui donne son côté piquant). Son objectif était de tester les inhibiteurs de ces canaux. « Il y a de nombreuses d’applications possibles. L’objectif à long terme est de développer un nouveau médicament contre la douleur en ciblant ces canaux ». Un beau projet qui permettrait, à terme, de combattre la douleur directement là où elle prend sa source.

 

L’avenir de tous les possibles !

Audrey ne se ferme aucune porte pour son avenir. Celle qui se décrit comme « curieuse, qui s’intéresse à tout » va continuer à explorer de nouvelles pistes avec un possible stage de recherche en industrie, après cette expérience en université. « Pour l’instant, la biochimie est un domaine qui me plaît et c’est celui dans lequel je m’oriente pour ma dernière année, à la rentrée 2018. Mais je m’intéresse également aux biomatériaux. »

 

La jeune femme se réserve également la possibilité d’effectuer une thèse ou de travailler et de continuer son projet entamé pendant son stage à Kyoto, afin de peut-être, guérir l’humanité de la sensation de douleur.

 

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