AUDENCIA

 

Pour l’entrepreneuriat, comme dans d’autres domaines qui demandent un fort esprit créatif, le moment de vérité arrive souvent quand l’idée du départ est confrontée aux réalités financières. Or, la récolte des fonds n’enchante pas toujours l’entrepreneur. Si le projet en lui-même le passionne, en revanche la recherche de financement l’amuse beaucoup moins. Pourtant, pour trouver la bonne voie il suffit de penser aux trois ‘F’ identifiés Outre Atlantique par les champions de la création d’entreprise.

Etudiants sur le parvis d’Audencia

Etudiants sur le parvis d’Audencia

Family, friends et fools
Aux Etats-Unis quand on cherche à financer un projet on commence par family, friends et fools. Alors qu’une démarche auprès de ses proches est facilement compréhensible, le terme fools mérite une explication. Plutôt qu’opter pour une traduction littérale (‘imbéciles’), on peut définir fools comme ce qui souhaitent miser sur une nouvelle entreprise. Pour trouver ces bons samaritains on peut activer son carnet d’adresses, compter sur la bouche à oreille et exploiter le réseau créé lors de ses études. Il ne faut pas négliger non plus les personnes rencontrées lors des stages ou la possibilité de s’intégrer aux structures comme des technopôles ou incubateurs d’école. Les fondations de ces mêmes écoles peuvent également constituer une source de financement. La Fondation Audencia, par exemple, accorde aux jeunes entrepreneurs des bourses pouvant s’élever jusqu’à 6000€.

 

Et, bien sûr il y a les banques.
Si le créateur d’entreprise se sent en position de faiblesse face à ces institutions, le système des prêts d’honneur peut venir à l’aide. Grâce à ce dispositif, un entrepreneur bénéficie du soutien d’une organisation gérée par France Initiative. Ainsi, une partie du prêt bancaire est assurée par l’organisation concernée. L’entrepreneur dispose d’un partenaire fiable, la banque est rassurée et France Initiative aide une nouvelle entreprise.

 

Tous partenaires
Cette notion de partenariat s’avère centrale pour lever les fonds. Outre les banques, les fools et ses proches, on peut aussi faire appel aux futurs clients pour financer un projet. L’approche peut paraître insolite, mais si un client a besoin d’une prestation pourquoi ne pas lui faire payer une partie des coûts de développement ? Dans tous les cas, avant de chercher de l’argent il faut bien comprendre son propre projet afin de montrer aux partenaires potentiels l’intérêt d’un financement de son entreprise. Il faut donc savoir argumenter. Habituellement, les jeunes entrepreneurs n’apprécient pas cet aspect de leur activité. Pourtant, avec un bon entraînement et les outils nécessaires pour négocier, tout est possible.

 

Chef d’orchestre
Si ce travail de fundraising pose un vrai problème, le créateur d’entreprise peut toujours l’externaliser. Contrairement à ce que certains peuvent penser, un entrepreneur ne peut pas réussir seul. Il devrait être plus « chef d’orchestre » que « homme d’orchestre », gérant des partenaires et prestataires externes quand il le faut. Ainsi, il pourra faire appel à un cabinet spécialisé dans la levée de fonds, tout en étant conscient du fait qu’une partie des financements trouvés par ce biais partira en commission. Classiquement un projet de nouvelle entreprise est financé grâce à un mélange habile de toutes les sources possibles. La démarche est donc souvent complexe, mais loin d’être impossible. Les financements existent, même en temps de crise. Il suffit que le jeune entrepreneur le cherche avec autant d’application que celle employée pour réussir son concours des Grandes Ecoles.

 

Par Jacques Arlotto, Responsable de l’Incubateur et Co-responsable
de la Majeure Dirigeants et Entrepreneurs, Audencia Nantes Ecole de Management

 

jarlotto@audencia.com