A la rentrée 2015, 124 associations ont été « reconnues » dans le campus parisien de Sciences Po, c’est-à-dire qu’elles ont reçu les 120 votes étudiants nécessaires à leur existence au sein de l’Ecole. Loin de ne se résumer qu’à l’Association Sportive, au Bureau des Elèves, aux partis et aux syndicats, la vie étudiante de Sciences Po est d’une richesse inégalable : que vous soyez passionné de cuisine, autostoppeur ou encore cinéphile, il y a une association dans laquelle vous vous épanouirez à Sciences Po. Dans cette institution, les étudiants sont incités à s’investir dans la vie associative, que ce soit du côté des organisateurs ou du côté des participants. Les associations contribuent beaucoup à créer la « communauté Sciences Po » : qu’elles fassent du lien entre les étudiants d’un même campus, entre générations ou entre les différents campus, elles sont au centre du réseau SciencePiste.

 

Nous avons rencontré quatre étudiants venus nous parler de leur association et de la manière dont elle sert Sciences Po : Junior Consulting qui fait du lien entre les étudiants d’hier et d’aujourd’hui ; Révolte-Toi qui fait vivre l’art oratoire à Paris et en campus ; Melting Potes qui a à cœur de rapprocher les étudiants français et étrangers, et enfin SOSciences Po, qui aide les lycéens à, peut-être, être les SciencesPistes de demain.

 

Thibault Quéré, 4A © Pauline Roquiel Vicat

Thibault Quéré, 4A © Pauline Roquiel Vicat

JUNIOR CONSULTING : Thibault Quéré, 4A
Peux-tu nous présenter ton association en quelques mots ? Quel est ton rôle en son sein ?
Junior Consulting est une association permanente qui offre la possibilité aux étudiants de Sciences Po de mettre en application leurs connaissances au service de la résolution de problématiques rencontrées par des professionnels privés et publics. Nous sommes 25 consultants à Paris, auxquels s’ajoute une quinzaine d’étudiants répartis dans les campus délocalisés. Nous recrutons chaque année plus de 100 étudiants supplémentaires pour réaliser nos missions. A titre personnel, j’en suis le président depuis septembre 2015.
De quelle manière Junior Consulting créé-t-elle du lien entre les générations ?
Le rôle d’intermédiaire entre des étudiants en formation et des actifs professionnels est l’aspect majeur de Junior Consulting. À travers nos missions, les étudiants peuvent se confronter à des problématiques qu’ils n’avaient auparavant envisagées que sous un angle théorique. Par ailleurs, nous entretenons des liens forts avec les alumni (les anciens étudiants de Sciences Po, ndlr) qui se tournent régulièrement vers nous. Leur principale motivation est, justement, de permettre cette transmission de connaissances entre les différentes générations d’élèves de notre école.
Votre association s’est-elle développée sur les campus délocalisés de Sciences Po ? Si non, prévoit-elle de le faire ?
La junior-entreprise est présente depuis plusieurs années sur les campus. Elle constitue généralement un projet collectif étalé sur les deux années de scolarité. Un responsable campus basé à Paris s’assure du bon développement de ces antennes, tant d’un point de vue commercial qu’humain et associatif. Cela se concrétise notamment par des formations in situ et des appels réguliers. Ainsi, nous comptons actuellement trois équipes sur les campus du Havre, de Nancy et de Reims. Ce-dernier focalise particulièrement notre attention en raison des changements récents et des évolutions à venir.

 

Maxime Thuriot, 2A

Maxime Thuriot, 2A

REVOLTE-TOI ! SCIENCES PO : Maxime Thuriot, 2A
Peux-tu nous parler de ton association en quelques mots ? Pourquoi « Révolte-toi » ?
Révolte-toi ! Sciences Po est une association de débat dont les objectifs sont les suivants : promouvoir l’art oratoire et le débat, et former n’importe qui à la prise de parole en public.Pourquoi le nom « Révolte-toi » ? Car la tradition, c’est que pour chaque événement, une personne peut préparer une révolte de la semaine, sur un sujet qui lui tient à cœur, et cela peut parfois prendre la forme d’une improvisation.
Quel est l’apport de Révolte-toi pour les étudiants de Sciences Po ?
Nous organisons des permanences durant lesquelles des personnes se préparent pendant 45 minutes sur un sujet qu’elles découvrent, et pendant ce temps-là, nous proposons des exercices d’art oratoire et d’initiation avec le public et les spectateurs. L’objectif de Révolte-toi est l’interactivité, puisque tout le monde peut faire partager des remarques et critiques pour que chacun progresse. Ces initiatives partent d’un constat simple : nous sommes trop peu formés à la prise de parole, alors même que c’est une compétence indispensable aux étudiants de Sciences Po. Outre les exercices variés sur la parole, la gestuelle, le regard ou le ton, nous proposons un format de débat particulier inspiré du modèle de débat anglais. Deux équipes s’affrontent sur un projet de loi, avec d’un côté le gouvernement et de l’autre l’opposition, et chaque orateur dispose du même temps de parole.
Comment Révolte-toi fait-elle du lien entre les étudiants de Sciences Po, au sein de Paris mais aussi avec les campus délocalisés ?
Révolte-toi ! Sciences Po est une antenne de débat parmi d’autres. Nous organisons des permanences hebdomadaires et bien d’autres évènements. Cette antenne s’inscrit dans un vaste ensemble qui est la Fédération Francophone de débat (FFD), nous avons des collègues à Cergy Pontoise, l’ENS, Nanterre, Sorbonne Assas, Polytechnique, mais aussi à l’ILERI ou à Sciences Po Reims. Tous ces clubs s’affrontent depuis 2 ans dans la Coupe de France de débat. Nous avons donc organisé un choc de débat avec l’antenne de Sciences Po Reims où nous avons été très bien accueillis, et je pense qu’il est fondamental de ne pas délaisser les campus délocalisés qui font tout autant partie de la vie universitaire, associative et étudiante que le campus de Paris.

 

Anna Maheu, 4A © Marlin Biswas

Anna Maheu, 4A © Marlin Biswas

MELTING POTES : Anna Maheu, 4A
Melting Potes est une association récente à Sciences Po. Quel est son objectif premier ?
Melting Potes part d’un constat : malgré des cours en commun, les étudiants français et internationaux ne font souvent que se croiser à Sciences Po. Pourtant les internationaux ont en général très envie de rencontrer des locaux et les étudiants français, qui ont parfois choisi Sciences Po pour son ouverture à l’international, auraient tout à apprendre de leurs voisins de classes chinois, brésiliens ou russes. Melting Potes est donc là pour faire ce lien en organisant des évènements qui réunissent étudiants français et internationaux autour d’un thé, d’une visite de Paris ou de repas traditionnels.
Quels types d’événements organisez-vous ? Ces événements ont-ils du succès ?
Tous nos évènements ont vocation à réunir les étudiants français et internationaux dans la bonne humeur. Le plus régulier est le Melt-Tea Potes qui nous organisons tous les dimanches soir à la Grande Mosquée de Paris, un café-langage où les étudiants de tous horizons peuvent se rencontrer autour d’un thé à la menthe et d’une pâtisserie orientale. Cela attire en général une trentaine de personnes. Nous avons fait un partenariat avec la startup Cariboo qui propose des visites insolites de Paris ; en octobre dernier quarante étudiants ont donc découvert le Marais, Montmartre et la gastronomie française. Nous essayons aussi d’organiser des évènements en partenariat avec d’autres associations de Sciences Po: un café littéraire avec le Bureau Des Arts où chaque étudiant apportait son œuvre favorite, deux Thirsty Thursday avec le Bureau Des Elèves où nous avons rempli le bar de français et d’internationaux et un diner international accueilli par le Centre Saint Guillaume où chaque convié a apporté un plat national. Nous avons encore plusieurs projets pour cette fin de semestre, dont un pique-nique international, un autre afterwork, une conférence sur le voyage et un café littéraire.
Quels efforts devraient être faits à Sciences Po selon toi pour améliorer l’intégration des étudiants internationaux ?
Je pense que de nombreuses initiatives existent déjà mais qu’elles devraient être ouvertes à tous et surtout inclure plus les étudiants français. Le Welcome Program fait du bon travail mais est payant et ne dure qu’une semaine. Les étudiants internationaux nous ont également demandé une refonte du buddy program et des tandems de langues qui gagneraient à être plus connus. Je pense sincèrement que l’intégration à Sciences Po passe par la vie associative et les activités extra-curriculaires. Toutes les associations doivent s’adresser aux étudiants étrangers, de préférence au début du semestre pour commencer sur de bonnes bases, et devraient proposer davantage d’événements en langue anglaise. C’est la barrière de la langue qui freine le plus souvent l’implication des étudiants étrangers dans la vie associative. Une bonne intégration des étudiants étrangers passerait par des programmes intensifs de français et non seulement des cours A1.

 

Clémence Tondut, 4A © Nina Chretien

Clémence Tondut, 4A © Nina Chretien

SOSciences Po – Aide et Conseil : Clémence Tondut, 4A
SOSciences Po – Aide et Conseil, qu’est-ce que c’est ? De quoi cette association est-elle née ?
SOSciencesPo – Aide et Conseil c’est une association qui a pour but de mettre en relation des étudiants de Sciences Po et des candidats aux différentes procédures d’entrée afin de leur accompagner au travers des différentes étapes vers – au mieux – l’admission. L’association est née parce que Marion Germa – notre présidente – avait envie de fournir aux générations futures un outil qu’elle aurait aimé trouver pour répondre à ses questions quand elle se préparait au concours. Elle a créé le groupe Facebook de l’association, sur lequel tout admis peut répondre aux questions des candidats. Quand certaines questions sont devenues redondantes et que le groupe a commencé à contenir un nombre de personnes important, on s’est dit qu’avoir un site pour répertorier les questions les plus fréquentes était une bonne idée. Le site a été créé, et l’association est née !
De quelle manière cette association créée-t-elle du lien au sein de la communauté Sciences Po ? Entre les SciencesPistes d’aujourd’hui et de demain ?
Je pense que l’association crée un lien qui dépasse la communauté de Sciences Po puisqu’elle permet à ceux qui n’y sont pas (encore) d’avoir un regard à l’intérieur. Au-delà de cela, c’est aussi un bon moyen d’en savoir plus sur les différentes expériences d’admission des uns et des autres. Personnellement, ça m’a aussi permis de rencontrer des personnes d’autres promotions et d’autres campus. Le fait d’avoir un système de ‘parrainage’ où un étudiant aide sur la durée un candidat est aussi à mon avis un facteur de lien inter-promo parce que ça permet à des gens de se connaitre « d’avant » et d’avoir déjà quelques points de repère en entrant à Sciences Po.
Crois-tu que les bancs de Sciences Po se soient diversifiés grâce à l’association ?
C’est une question difficile parce qu’il y a beaucoup de choses qui ont contribué à la diversification de Sciences Po, à commencer par la procédure CEP et jusqu’à la réforme de l’examen d’entrée. Mais je pense – et j’espère – que l’association a surtout permis à plus de gens de croire en leur réussite possible à Sciences Po et donc à se donner les moyens de faire aboutir le projet d’y entrer.

Par Nina Millès, 4A,
responsable des relations inter associatives au sein du BDE Sciences Po