Parler d’associations au féminin est-ce parler d’associations féministes ? Pas si sûr. Car s’ils ont souvent été créés en réaction au constat alarmant d’inégalités entre hommes et femmes dans l’entreprise, ces groupes voient aujourd’hui plus loin et plus global en participant activement à des actions qui profitent à tous. Mais est-ce à dire que les hommes y ont toute leur place ?

Des hommes engagés
Rencontrer un homme dans une association de femmes, mission impossible ? Certainement pas. Si les clichés ont toujours la vie dure, nombre de directeurs d’écoles et de managers pragmatiques s’engagent à leurs côtés pour promouvoir la mixité. Ainsi, même si « ce discours est encore souvent porté par les femmes car le principe du rôle modèle est essentiel pour que les jeunes filles se projettent dans un futur métier », comme le note Dominique Van Deth, Directeur Responsabilité Sociale chez Oracle et Président de la Commission Communication de Pasc@line, de plus en plus d’hommes s’en font le relais. Beaucoup considèrent ainsi leur engagement comme l’illustration de leur volonté de faire progresser la société par le biais de l’entreprise. En effet, pour Yves Poilane, Directeur de Télécom ParisTech et Président de Pasc@line, « depuis que je suis étudiant, je suis persuadé que les télécoms impactent profondément la société. Pasca@line est la concrétisation de mon engagement de 30 ans, rythmé par mes allers-retours réguliers entre l’enseignement supérieur et l’entreprise. »

 

Et très bien accueillis par les femmes
Mais s’ils sont légitimes à rejoindre ces associations, y sont-ils les bienvenus ? Bien sûr, car que deviendrait un discours prônant la mixité s’il était porté par une communauté 100 % uniforme ? Marie-Sophie Pawlak, Présidente d’Elles Bougent insiste d’ailleurs, « c’est insensé de rester uniquement entre femmes. Les initiatives en faveur de l’égalité tirent évidemment les femmes vers le haut mais cela ne peut se faire sans les hommes. » Claire-Anne Reix, diplômée des Mines d’Alès ajoute, « aider les femmes n’implique pas de combattre les hommes : tout est une question de complémentarité. » Malgré ce fort élan pour la mixité, certaines associations pourtant ouvertes aux hommes, déplorent, à l’image de Femmes Ingénieurs, n’avoir encore aucun adhérent. D’autres enfin affirment que si la mixité est nécessaire pour avancer, il ne faudrait pas pour autant que les hommes soient tentés par reprendre la main. Pour Laurence Dejouany, Responsable Editorial du Cercle InterElles, si « l’association est ouverte aux hommes, elle tient à conserver un leadership féminin ». Isabelle Sthémer, Co-Déléguée du groupe ESCP Europe Au Féminin relativise, « si nous mettons aussi en oeuvre des actions mixtes, la majorité de nos démarches concerne exclusivement les femmes. Cela leur permet de bénéficier d’un espace de parole plus libre, plus solidaire et résolument sans barrière. » A bon entendeur !

 

Par ce que la mixité est au service de tous !
« Je suis évidemment convaincu de l’apport économique de la diversité. Elle apporte richesse, créativité et innovation : la diversité c’est la clé de la performance. » (Dominique Van Deth, Directeur Responsabilité Sociale chez Oracle – Président de la Commission Communication de l’association Pasc@line)
« Notre groupe n’est pas composé que de femmes. Des hommes y sont aussi impliqués car ils ont conscience que l’avenir de la profession et de la société passe par un meilleur équilibre entre hommes et femmes, et ce dans tous les métiers. » (Patricia Boueme – Présidente de l’Association Arts & Métiers au féminin)
« Les entreprises encouragent la  car elles ne veulent pas se couper de la moitié de la matière grise française. Elles ont besoin de créativité, d’innovation et de remise en cause permanente et la mixité leur permet de ne pas recruter des équipes de clones. » (Florence Darmon, Directeur Général de l’ES TP)

 

CW.