Laurent Champaney a pris la tête des Arts et Métiers ParisTech en février 2017. Explorons avec lui ses convictions et ambitions pour l’avenir de l’institution au service de l’industrie du futur.

 

(c) Arts et Métiers – Stéphane Meyer

Après 5 ans à la DGA en charge des formations, dans quel état d’esprit avez-vous pris la tête de l’école ?

Sous l’impulsion de mon prédécesseur l’école a engagé sa mutation : changement de statuts, structuration en un établissement multi sites, nouveaux SI, nouvelle maquette pédagogique, création d’une filiale de valorisation… Aujourd’hui, le défi est de faire fructifier ces évolutions. Mon ambition est de le faire en accompagnant les équipes via un management participatif, en développant les échanges et le partage entre sites et métiers. La dynamique sera pleine et entière début 2018, après nos évaluations HCERES et CTI, et le renouvellement de nos instances d’établissement.

« Arts et Métiers ParisTech forme les ingénieurs qui feront l’industrie du futur »

Votre ambition pour Arts et Métiers ParisTech ?

L’industrie française a besoin de champions de la technologie dans l’enseignement supérieur et la recherche. De par son histoire et ses compétences, je souhaite faire d’Arts et Métiers ParisTech le premier de ces champions. La France a plus que jamais besoin de cadres, d’experts et de dirigeants pour le futur de son industrie. Pour cela, nous transformons l’établissement en accélérateur de talents pour l’industrie du futur.

Comment cela se traduit-il dans la maquette pédagogique ?

  1. Dans la veine de la notion d’accélérateur, la nouvelle maquette sort de la logique programme pour aller vers la logique de compétences et d’individualisation
  2. En donnant de la cohérence aux parcours, chaque élève réalisant ses projets, sa mobilité et stages en fonction de ses objectifs
  3. Et en renforçant l’accompagnement à l’innovation des industriels. Nous proposons à l’entreprise un écosystème mariant les compétences d’un étudiant via ses projets et stages sur la durée, de son tuteur professeur, l’accès à nos laboratoires. Chaque site devient un point d’entrée vers l’ensemble des ressources de l’établissement pour les industriels. Ces liens sont un vecteur essentiel de notre engagement à contribuer au développement local partout où nous sommes présents.

 

Quid de l’Ecole de l’innovation et de l’entrepreneuriat ouverte à la rentrée 2017 ?

Elle est le cadre de cet accompagnement individuel. Pour certains ce sera la création d’une entreprise, pour d’autres un parcours axé innovation en relation avec une PME. L’étape ultime est un modèle de formation déstructurée dans lequel chaque étudiant gère son temps, entre formation, formation à distance et entreprise. L’école offre cette opportunité unique à ses étudiants de travailler sur des plateformes technologiques de niveau industriel. Travailler sur du réel est très engageant au plan pédagogique et rend nos diplômés opérationnels.

 

Un mot sur les relations avec les alumni….

Avec le nouveau président de la société des anciens, Marc Rumeau, nous sommes d’accord sur le fait que ce qui prime, c’est d’avoir des ambitions communes et de tout mettre en œuvre pour les réaliser. 50 % des métiers qui façonneront l’industrie du futur n’existent pas encore ! L’école doit pouvoir s’appuyer sur les 32 000 anciens pour développer une vision des besoins et enjeux de l’industrie ; l’école forme ceux qui les aideront à construire l’industrie du futur. La société propose toujours plus de services à nos étudiants comme des bourses, elle finance des logements. Ce soutien est très précieux.

3 mots pour qualifier vos Arts et Métiers ParisTech idéale ? Nous avons tout pour accompagner les entreprises dans l’innovation, l’industrie dans sa mutation, et apporter une contribution significative aux territoires.