Métier passionnant que celui de directeur d’une grande école mais comment y parvient-on ? Est-ce un parcours semé d’embûches, une foire d’empoigne, un processus de sélection complexe, un moment plutôt tranquille, l’aboutissement d’une carrière, la reconnaissance d’une expérience acquise, le début de la suite… A vous de juger à partir de ces différents témoignages pris sur le vif !

 

Alain Ayache

Alain Ayache

Alain Ayache
Directeur de l’INP-ENSEEIHT
Si le métier de directeur est passionnant, je regrette qu’il n’y ait pas suffisamment de candidats. On compte en général 3 candidats pour un poste. C’est un métier passionnant mais peu valorisé. Ce poste intéresse surtout les enseignants- chercheurs en fin de carrière.

 

 

Bernard Belletante

Bernard Belletante

Bernard Belletante

Directeur d’Euromed Marseille

J’ai été nommé par un conseil d’administration sans rivalité particulière, afin de gérer une situation managériale de changements en m’appuyant sur ceux qui souhaitaient le changement tout en incitant les autres à changer de position.

 

Jean-Guy BERNARD

Jean-Guy BERNARD

Jean-Guy Bernard
Directeur général de l’EM Normandie

L’école voulait un directeur capable de mettre en synergie l’institution pour aboutir à la création de l’EM Normandie. Etant à l’époque le directeur général d’une des deux chambres de commerce fondatrices de cette association privée et spécialiste des questions d’enseignement supérieur, j’ai été appelé à ce poste.

 

Hervé Biausser
Directeur de Centrale Paris
Nous étions 14 postulants au premier tour et à l’issue de l’étude des dossiers et de deux auditions, ma candidature a été retenue, sachant que j’avais l’avantage d’être un des candidats internes. Ce processus n’a été l’occasion d’aucune rivalité.

 

François Bonvalet

François Bonvalet

François Bonvalet
Directeur de RMS
Il n’existe pas de formation typique pour occuper cette fonction mais trois profils se dégagent. Le profil académique, le profil professionnel de celui qui arrive plus tardivement dans le monde de l’enseignement et le profil mixte. J’appartiens à cette troisième catégorie. Ayant débuté ma carrière dans un grand groupe industriel anglo-saxon, puis eu à la fois une activité de conseil en entreprise et de responsable d’un département dans une école d’ingénieur, j’ai choisi de rester dans le monde de l’enseignement où j’ai finalement obtenu après 11 années d’expérience dans deux institutions ce poste de direction.

 

 

Patrick Bourgin
Directeur de Centrale Lyon
C’est un poste très ouvert où la compétition est rude. Il faut convaincre le conseil d’administration que l’on peut représenter l’école dans l’ensemble de ses missions et que le projet que l’on présente est conforme à la dynamique de l’école et à la perception que les gens de l’interne ont de leur établissement.

 

Pascal Brouaye

Pascal Brouaye

Pascal Brouaye
Directeur de l’ECE
Cette nomination s’est effectuée dans le cadre d’un projet entrepreneurial de reprise du groupe ECE en 1998 dont j’étais à l’origine avec 2 autres associés dont Nelly Rouyrès actuelle directrice adjointe. Le parcours du combattant ne s’est pas situé sur le plan de ma nomination mais bien davantage sur le développement du Groupe ECE qui est passé en 12 ans de 500 à près de 2 000 élèves dans un environnement de plus en plus compétitif et complexe.

 

Stéphane Cassereau
Directeur des Mines de Nantes
Pour accéder à ce genre de responsabilités, il faut avoir démontré en amont son expérience et ses capacités à diriger un établissement. Comme c’est l’usage aujourd’hui, il existe une ouverture sur ces postes, et par suite une concurrence logique car il s’agit de se montrer ambitieux pour l’école.

 

Pierre Charreyron

Pierre Charreyron

Pierre Charreyron
Président d’UTC
Les administrateurs qui m’ont élu ont peut-être senti mon grand intérêt pour ce poste. Plusieurs candidats se sont présentés mais il ne s’agissait tout de même pas une campagne politique !

 

Patrick Chedmail
Directeur de Centrale Nantes
L’accession à la direction de Centrale Nantes a été simple car étant directeur des études, je connaissais parfaitement le fonctionnement de l’école. Je n’ai pas eu de parcours combattant à subir.

 

Etienne Craye
Directeur de Centrale Lille
Étant directeur adjoint, j’étais déjà au sein de l’institution, et je n’ai pas eu de concurrent interne. Je viens d’être reconduit dans mes fonctions sans difficulté.

 

Florence Darmon

Florence Darmon

Florence Darmon
Directrice générale de l’ESTP
Issue de l’entreprise, j’ai été recrutée par un chasseur de têtes. Après l’analyse de 500 candidatures, nous étions 5 finalistes et mes atouts reposaient sur ma formation d’ingénieur en BTP (X, corps des Ponts) et une expérience diversifiée acquise dans les secteurs public et privé. Je connaissais très bien le milieu, ayant occupé des postes de maître d’ouvrage sur des gros chantiers, de négociations de contrats avec l’Etat ou d’aménagement urbain.

 

Yves Demay
Directeur de l’ENSTA ParisTech
Quand j’ai fait connaître ma candidature à la direction de l’ENSTA ParisTech, une autre personne était sur les rangs ; j’ai donc persévéré et la compétition s’est engagée jusqu’à ma nomination. Je n’avais pas d’expérience de direction d’école. En revanche, je connaissais l’ENSTA ParisTech et son fonctionnement pour y avoir enseigné. Enfin, mon parcours revêtait une dimension recherche assez forte à la fois comme chercheur et comme administrateur au ministère de la défense où je travaillais sur la gestion de la recherche.

 

Alain Dorison

Alain Dorison

Alain Dorison
Directeur des Mines d’Alès
Je n’ai pas vécu cela car je ne me situe pas dans le système universitaire classique, mais dans un processus de nomination par le ministre. En tout cas, la compétition me paraît normale pour ce type de fonction.

 

Jean-Claude Duriez
Directeur des Mines de Douai
Non, car lorsque vous êtes directeur d’une école, vous vous coupez de la recherche. De fait, un certain nombre d’excellents enseignants ne souhaitent pas prendre des fonctions de direction. Aux Mines, nous sommes nommés et un DRH s’intéresse à l’évolution de nos carrières ce qui n’est pas toujours le cas pour mes collègues.

 

Frédéric Fotiadu
Directeur de Centrale Marseille
Je ne suis que le troisième directeur de l’école, le premier étant le fondateur qui a amené à la labellisation Centrale Marseille et le 2è ayant porté l’habilitation du nouveau cursus. En concurrence avec 14 candidats, mon projet portant sur l’ouverture internationale de l’école a été retenu.

 

Alice Guilhon

Alice Guilhon

Alice Guilhon
Directrice générale de SKEMA
Si l’arrivée à la direction d’une école ne constitue pas un combat, elle nécessite d’avoir fait ses preuves dans toutes les dimensions académiques et managériales.

 

Pierre Giorgini
Directeur général du groupe ISEN
A mes débuts, j’ai créé avec des amis universitaires une école qui s’appelle maintenant Télécom Lille. Je l’ai dirigée jusqu’en 1994 puis je me suis orienté vers une carrière de DRH chez France Telecom, à l’ANPE puis chez Orange que j’ai quitté en 2006. J’ai ensuite créé mon cabinet de consultant tout en enseignant à temps partiel en management de l’innovation à l’université catholique où j’ai finalement accédé au poste de vice-président. J’ai alors travaillé sur le plan stratégique du groupe ISEN et le président du groupe partant à la retraite, je me suis retrouvé assez naturellement à la tête du groupe.

 

Jean-Paul Hautier

Jean-Paul Hautier

Jean-Paul Hautier
Directeur général des Arts et Métiers ParisTech
Auparavant directeur de la recherche sous la direction de mon prédécesseur, j’ai postulé avec 6 autres candidats dans le cadre d’une concurrence qui n’était pas âpre.

 

Patrice Houdayer
Directeur général délégué d’EMLYON Business School
Devenir le responsable des programmes d’une grande école relève de la rencontre entre une institution, un projet et un individu. Pour être directeur général délégué et piloter un projet important, il faut faire preuve de détermination et de sacrifice. C’est une tâche aussi difficile qu’exaltante. Toutefois, il s’agit d’un poste temporaire après lequel on peut retrouver une activité d’enseignement et de recherche sans que cela soit perçu négativement.

 

Michel Jauzein

Michel Jauzein

Michel Jauzein
Directeur des Mines de Nancy
Nous étions trois candidats de qualité. J’ai fait campagne afin de présenter un projet clair et ambitieux sur les cinq années à venir assorti d’une vision stratégique de l’école sur dix ans.

 

Hervé Laborne
Directeur d’Esme Sudria
Travaillant dans cette école depuis 1970, j’ai pris assez naturellement le poste de directeur qui n’était, d’ailleurs, pas très convoité. La seule réticence était de mon côté !

 

Arnaud Langlois-Meurinne

Arnaud Langlois-Meurinne

Arnaud Langlois-Meurinne
Directeur général de Rouen Business School
Aujourd’hui, la position de directeur d’une grande école est une position complexe car à la fois nous sommes devenues de véritables entreprises plongées dans un univers concurrentiel en pleine mutation et en même temps nous assurons aussi une mission de service public au bénéfice de jeunes en développement personnel comme des territoires qui nous accueillent. Quand je suis arrivé à Rouen, venant du monde de l’édition éducative, j’étais à la fois, attendu comme le « sauveur » mais il a fallu que je me batte pour trouver ou fabriquer les bonnes clefs du développement ! Mes amis pensaient que mon poste serait tranquille et que je prendrais toutes les vacances scolaires… ce qui n’est malheureusement pas le cas.

 

Catherine Leblanc
Directrice générale du groupe ESSCA
Directrice académique et directrice de la recherche ayant travaillé depuis 2001 sur la construction des programmes de l’ESSCA, et après une expérience de plus de 10 ans dans l’enseignement supérieur en gestion, management d’équipes et enseignement, mon accession à la direction s’est faite naturellement.

 

Philip McLaughlin

Philip McLaughlin

Philip McLaughlin
Directeur BEM
Un cabinet de recrutement s’est occupé des candidats ; ayant été auparavant manager dans les écoles de Reims et de Toulouse comme directeur adjoint, ce poste m’intéressait. Il représentait un challenge et en restant naturel, j’ai pu franchir toutes les étapes.

 

Pascal Morand
Directeur de ESCP Europe
Le processus de recrutement était très formalisé. J’ai été notamment auditionné par les responsables de la CCIP, parmi d’autres candidats. J’ai également bénéficié d’un avis favorable des présidents des différents campus ainsi que du Sénat de Berlin. J’ai trouvé tout cela plutôt stimulant.

 

Hervé Passeron
Directeur du Groupe ESC Toulouse
Mon prédécesseur ayant été écarté à la suite à d’une crise au sein de l’école, j’ai eu la chance d’être appelé pour le remplacer. Cependant, les tensions étaient vives car cette « guerre intestine » suscitait des rivalités et des oppositions. Cela m’a obligé à définir très rapidement des perspectives et à faire adhérer toutes les parties-prenantes à cette nouvelle stratégie pour mettre fin à ces querelles internes. A ce moment-là, en 1998, les questions d’accréditation internationale nous ont tracé une ligne directrice très forte.

 

Brigitte Plateau

Brigitte Plateau

Brigitte Plateau
Directrice de l’Ensimag
Je dirigeais un grand laboratoire de recherche avant d’arriver à l’Ensimag, cette dernière étape n’ayant pas été la plus difficile.

 

Christine Pochet
Directrice de l’IAE de Paris
Pourquoi un parcours de combattant ? J’avais l’expérience et les compétences pour tenir le poste et ce choix a fait l’objet d’un consensus entre professeurs avant d’être entériné formellement par la ministre de l’Enseignement Supérieur.

 

Thierry Robin
Directeur général du Groupe ESC Clermont
En juillet 2010, j’ai postulé afin de suivre un processus de recrutement composé de trois séries d’entretiens avec un certain nombre de personnalités, notamment des élus de la CCI. Selon les dires du Président de la CCI, le nombre des candidats s’élevait à 68, ce qui témoigne de l’intérêt pour ce type de fonctions, difficiles mais passionnantes.

 

Pierre Tapie

Pierre Tapie

Pierre Tapie
Directeur de l’ESSEC
C’était un processus de sélection normal, c’est-à-dire exigeant comme tout poste à haute responsabilité, avec une cinquantaine de candidats et 6 finalistes dont deux anciens ministres.

 

Bruno Verlon
Directeur de l’Ecole des Mines d’Albi
Oui, il existe de la compétition qui relève d’un réseau d’influence permettant de convaincre la personne adéquate dans l’environnement du ministre qui nomme le directeur d’établissement. Il faut être reconnu dans le milieu des Mines comme quelqu’un qui possède les capacités indispensables pour diriger une école.

 

Frank Vidal

Frank Vidal

Frank Vidal
Directeur général d’Audencia Nantes
Je n’ai pas senti de rivalité, ni éprouvé de difficulté au moment de mon arrivée à la direction d’Audencia Nantes car il règne dans cette école une recherche d’harmonie sociale très bénéfique pour l’ambiance générale et le travail de chacun. Les personnes venant de l’extérieur sont très bien acceptées. Il s’agit d’ailleurs d’une vertu nantaise que d’être un carrefour accueillant.

 

 

 

 

Patrick Simon