Acteur mondial de la chimie de spécialités et entreprise particulièrement innovante, Arkema recherche de jeunes talents ouverts sur le monde pour l’accompagner dans sa forte croissance internationale. Rencontre avec Louis Schmidtlin, (Centrale Paris 92), un Chief Procurment Officer (directeur des achats) passionné par sa fonction…

Louis Schmidtlin (Centrale paris 92), Chief Procurment Arkema ©Arkema

Louis Schmidtlin (Centrale paris 92), Chief Procurment Arkema ©Arkema

Pouvez-vous nous présenter Arkema en deux mots et nous dire de quelle manière les achats participent à son leadership ?
Arkema est un groupe industriel de taille mondiale qui emploie 19 000 personnes et réalise un CA de 7,5Mds d’euros. Après plusieurs années de profonde transformation, le Groupe est aujourd’hui entré dans une phase de croissance soutenue par une politique de grands projets, l’innovation et le développement dans les pays émergents. Les achats (scindés en deux branches : les matières premières, d’une part, et les biens et services dont je suis responsable) participent au plan d’excellence de l’entreprise et ont vu leur dimension stratégique accrue depuis deux ans avec la mise en oeuvre d’un programme de mondialisation de tous nos achats. Concrètement, pour parvenir à faire monter en compétence l’ensemble de notre réseau achats, nous avons fixés divers objectifs : d’optimisation économique, de sécurisation de nos choix, de standardisation à la fois des processus de décision, d’inspection qualité comme de spécification technique.

 

“ La fonction achats
est aujourd’hui réellement devenue créatrice de valeur ”

Quel a été votre parcours jusqu’ici ?
Au terme de mon VIE en Slovénie effectué chez Renault, j’ai intégré le constructeur et suivi jusqu’en 2004 un parcours d’ingénieur classique : qualité totale, processus, chef d’atelier, puis chef de département adjoint. Je suis alors passé aux achats pour des raisons précises : je souhaitais en effet m’orienter vers un métier qui soit plus business, intégrant une large part relationnelle et ouvrant sur l’international. Or, c’est précisément l’époque où, s’étant associée à Nissan, Renault s’ouvrait davantage encore sur le monde ; je voulais absolument être de l’aventure. Jusqu’en 2013 donc, j’ai occupé cinq postes successifs aux achats, dont des équipements très techniques de plateformes véhicule, puis l’ensemble des achats de matières premières, puis celle de l’ensemble des achats pour la Chine ; postes dans lesquels mon expérience de fabriquant m’a été très précieuse. De fait, j’avais, en usine, pratiqué le progrès continu (« Kaizen » en japonais) en qualité et coûts et étais donc en mesure de guider les fournisseurs dans leur propre amélioration, une partie peu connue mais vraiment intéressante du travail. Ce métier repose en fait sur le triptyque : productivité, qualité totale et gestion des relations humaines. Sachant qu’à ce poste, il convient absolument, à un niveau personnel, d’être à la fois exigeant, équitable et exemplaire.

 

Pourquoi avoir rejoint Arkema ? Qu’est-ce qui vous passionne au quotidien à votre poste actuel et l’innovation y jour-t-elle aussi un rôle majeur ?
Après dix années passées dans le même univers technique, j’ai rejoint Arkema il y a deux ans pour vivre une autre expérience, celle, en l’occurrence du « change management » en interne. Sur un périmètre un peu moins vaste, mais où il fallait repenser et restructurer l’ensemble du service. Une mission d’autant plus passionnante qu’Arkema reste une entreprise d’ingénieurs et que ses clients et fournisseurs sont extrêmement nombreux, répartis sur l’ensemble de la planète et où l’on travaille parfois en silos, chaque business unit sur son périmètre, donc peu interconnectée au global. Diversité des problématiques, diversité géographique et fonctionnelle, réflexions et décisions à court comme à long terme, je me trouve au centre de ce tout qui m’intéresse, à la jonction des sphères technique, business et humaine, ayant de surcroit la chance de pouvoir mesurer concrètement ma contribution à la performance du groupe. Quant à l’innovation, chez Arkema qui figure dans le Top 100 mondial (Thomson-Reuters) des entreprises les plus innovantes (tous secteurs d’activité confondus !), elle est absolument partout. Aux achats, de nos jours, on est loin des simples problématiques de supply chain associées à des négociations « de bouts de chandelle », la fonction est réellement devenue créatrice de valeur. Sur toutes nos familles d’achats, la question est : comment nous améliorer ? Comment faire mieux en consommant moins ? Pour ne prendre qu’un exemple, nous avons initié une réflexion technico-économique pour revendre en déchet son enfouissement. Si, aux achats, on n’a pas toutes les compétences, on sait parfaitement où les trouver afin de les réunir et de jouer ainsi un rôle de catalyseur précieux.

 

Au regard de votre propre expérience, quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés, notamment aux centraliens ?
Que les centraliens sachent déjà qu’ils sont de bons acheteurs en puissance, car une des grandes qualités de cette école est qu’on vous y apprend d’abord à… apprendre. Et qu’aujourd’hui il faut, en continu, acquérir de nouvelles connaissances.De plus, historiquement, Centrale s’est ouverte très tôt à une dimension internationale désormais devenue capitale. On y cultive l’ouverture d’esprit, la curiosité et, je crois, une certaine touche d’anticonformisme bien utile dès lors qu’il s’agit d’innover et de créer. Mais, pour élargir à l’ensemble des ingénieurs, je dirais : mettez les pieds dans la glaise, pénétrez dans les ateliers et les bureaux d’études. Il convient d’avoir déjà un peu de métier pour bien exercer le sien. Je crois sincèrement qu’un passage par l’industrie, le développement durable ou la création d’entreprise, à cet âge, conviennent mieux et vous apportent plus qu’un poste de consultant ou de chef de projet trop tôt dans son parcours. Chaque chose en son temps. Et puis multipliez les expériences, essayez au moins deux métiers, partez à l’international. Surtout, au moment de choisir un poste : raisonnez en termes d’influence et non de position dans l’organigramme ou de la taille d’équipes à manager. Quelle influence, autonomie et impact vais-je avoir à ce poste ?… Essentiel, enfin, à mes yeux : puisque vous avez déjà les « hard skills », le bagage technique, cultivez au maximum vos « soft skills » : capacité relationnelle, intelligence émotionnelle, ouverture à l’autre et au multiculturalisme sont autant de qualités qui, de nos jours, permettent de porter haut le flambeau de l’excellence acquise à l’école et sont devenues indispensables aux futurs managers que vous êtes.

 

Quels profils recherche l’entreprise pour renforcer ses équipes et quels atouts offre-t-elle qui puissent donner envie aux jeunes talents de la rejoindre ?
Un socle d’excellence technique est naturellement bienvenu, notamment côté chimie. Ensuite, investissement personnel, précision dans le travail et simplicité font partie de l’esprit d’entreprise d’une maison qui a une vraie stratégie de développement : Arkema s’installe sur des niches multiples, une chimie de spécialités majoritairement liée au développement durable, sur laquelle elle est toujours leader et qui a de très beaux jours devant elle. Restant à taille humaine et faisant d’ailleurs preuve de vraies qualités dans cette dimension des relations interpersonnelles, l’esprit d’entreprise y est puissant, tout comme l’ouverture à l’international qui lui assure une croissance importante et offre aux volontaires des opportunités multiples d’expérimenter le monde.

 

JB

 

Contact : louis.schmidtlin@arkema.com