Les Corporate Open Online Courses commencent d’intéresser les entreprises pour les deux mêmes raisons qui motivèrent grandes écoles & universités à s’ouvrir aux MOOCs : d’un point de vue marketing, ces formations sur mesure permettent d’afficher ses savoir-faire tandis que côté RH, elles multiplient l’efficacité des formations. Même si l’on n’en n’est qu’aux balbutiements…

©fotolia

©fotolia

Version business des MOOCs (Massive Open Online Course), les COOCs offrent de nombreux avantages : créés sur mesure pour une entreprise selon ses besoins spécifiques, ces formations en ligne, ouvertes sur l’échange avec le formateur et les collaborateurs, contournent l’écueil de la passivité reprochée par certains au e-learning et créent une communauté autour du programme. De plus, explique Thierry Curiale, directeur e-éducation chez Orange, « ils permettent d’exploiter les compétences en gisement des entreprises, identifier les capacités de leadership ou de communicant de certains et de repérer ceux qui, au contraire, peinent à suivre la formation pour les aider. » Chez Orange, on y croit dur comme fer, estimant que l’actuel marché du e-learning (un peu plus d’une centaine de milliards d’euros en 2013) devrait poursuivre sa croissance à deux chiffres pour dépasser les 250 milliards à l’horizon 2017. L’opérateur est donc l’un des tout premiers à avoir créé son COOC, proposant des formations ouvertes à tous et mettant à disposition des entreprises une plate-forme pour préparer leurs propres formations. Grenoble Ecole de Management, le cabinet de recrutement Cala Partners comme le site vedette de cuisine Marmiton s’y sont également mis.

 

Un plus pour l’employabilité
« O utre l’avantage pratique de pouvoir faire suivre le même cours à 2 000 personnes en même temps, explique Emanuelle Rohou, spécialiste enjeu pour les entreprises ainsi qu’une certaine maîtrise du digital. Argument également valable pour les salariés dont ce type de formation confortent l’employabilité ». A une époque où nos connaissances deviennent obsolètes en l’espace de quelques années, voire mois !, il est important de montrer que l’on est au fait des dernières avancées dans son domaine, indiquant (l’apprentissage par les MOOCs étant de plus en plus valorisant sur un CV).

 

Mais un démarrage timide
Bien sûr, pas davantage que les MOOCs côté éducation (nombre d’élèves trop peu préparés et soutenus, lâchent en cours de route), les COOCs pratique du e-learning ces dernières années montrent que l’apprentissage100 % à distance n’est pas la panacée et qu’il est fructueux de recourir, au moins en partie, au présentiel ; pour contrôler et fixer les acquis en fin de formation par exemple. C’est donc vers s’oriente à terme : e-learning pour la liberté, COOC pour le sur-mesure et la collaboration, présentiel pour conforter acquis et liens. D’autant que toutes les entreprises ne disposent pas en interne d’experts capables de concocter des COOCs maison. Aussi, si de nombreuses entreprises se tournent actuellement vers les cabinets de conseils et de formation pour évaluer la possibilité d’avoir recours à cette nouvelle pratique, peu d’entre elles se lancent encore dans l’aventure. « O n n’en n’est qu’aux balbutiements »…

 

Formation professionnelle : la nouvelle donne…
Avec la nouvelle loi, est donc né le Compte Personnel de Formation (CPF), crédité au départ de 150 h sur 8 ans. La vraie nouveauté étant donc qu’il suit désormais chacun individuellement, au fil de son parcours, indépendamment des changements de poste, d’entreprise ou même des périodes de chômage ; ce, dans le but affiché d’autonomiser le salarié dans son rapport à la formation professionnelle. De même, le nouveau texte rend-il obligatoire tous les deux ans un entretien professionnel indépendant de l’entretien d’évaluation, mais destiné à « faire le point sur l’évolution de carrière »…

 

JB